حَدَّثَنَا آدَمُ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، حَدَّثَنَا أَبُو قَيْسٍ، سَمِعْتُ هُزَيْلَ بْنَ شُرَحْبِيلَ، قَالَ سُئِلَ أَبُو مُوسَى عَنِ ابْنَةٍ وَابْنَةِ ابْنٍ وَأُخْتٍ، فَقَالَ لِلاِبْنَةِ النِّصْفُ وَلِلأُخْتِ النِّصْفُ، وَأْتِ ابْنَ مَسْعُودٍ فَسَيُتَابِعُنِي‏.‏ فَسُئِلَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَأُخْبِرَ بِقَوْلِ أَبِي مُوسَى، فَقَالَ لَقَدْ ضَلَلْتُ إِذًا وَمَا أَنَا مِنَ الْمُهْتَدِينَ،، أَقْضِي فِيهَا بِمَا قَضَى النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ لِلاِبْنَةِ النِّصْفُ، وَلاِبْنَةِ ابْنٍ السُّدُسُ تَكْمِلَةَ الثُّلُثَيْنِ، وَمَا بَقِيَ فَلِلأُخْتِ ‏"‏‏.‏ فَأَتَيْنَا أَبَا مُوسَى فَأَخْبَرْنَاهُ بِقَوْلِ ابْنِ مَسْعُودٍ، فَقَالَ لاَ تَسْأَلُونِي مَا دَامَ هَذَا الْحَبْرُ فِيكُمْ‏.‏
Traduction
Rapporté par Huzail bin Shirahbil

Abou Moussa a été interrogé au sujet de l’héritage d’une fille, de la fille d’un fils et d’une sœur. Il a dit : « La fille en prendra la moitié et la sœur en prendra la moitié. Si vous allez voir Ibn Mas’ud, il vous dira la même chose. Ibn Mas’ud a été interrogé et on lui a parlé du verdict d’Abou Moussa. Ibn Mas’ud dit alors : « Si je rendais le même verdict, je m’égarerais et je ne serais pas du nombre des bien guidés. Le verdict que je rendrai dans ce cas sera le même que celui du Prophète (ﷺ), c’est-à-dire qu’une moitié est pour la fille, et un sixième pour la fille du fils, c’est-à-dire que les deux parts font les deux tiers de la propriété totale ; et le reste, c’est pour la sœur. Ensuite, nous sommes allés voir Abou Moussa et l’avons informé du verdict d’Ibn Mas’ud, après quoi il a dit : « Alors, ne me demandez pas de verdicts, tant que cet homme érudit est parmi vous. »

Comment

Commentaire sur les Lois de l'Héritage (Al-Faraa'id)

Ce récit de Sahih al-Bukhari 6736 démontre l'importance cruciale d'une connaissance précise dans le droit successoral islamique et l'humilité des Compagnons à se référer à une compréhension supérieure.

Le Désaccord Initial

Abu Musa al-Ash'ari a initialement statué que la fille reçoit la moitié et la sœur reçoit la moitié, suivant des preuves textuelles apparentes que les filles obtiennent la moitié lorsqu'elles sont seules et les sœurs obtiennent la moitié lorsqu'il n'y a pas de descendants.

Ibn Mas'ud a corrigé cela en appliquant la décision précise du Prophète : la fille prend 1/2, la fille du fils prend 1/6 (ensemble faisant 2/3 comme prescrit pour les descendantes), et la sœur reçoit le reste.

Analyse Savante

Ce cas implique "al-ʿawl" (réduction proportionnelle) où la sœur reçoit le résiduel après les parts fixes. La fille du fils en tant qu'héritière résiduaire ("ʿaṣabah") par la représentation du fils reçoit sa part prescrite.

La connaissance d'Ibn Mas'ud de la décision spécifique du Prophète sur ce cas complexe démontre la nécessité de la connaissance transmise (naql) aux côtés de la déduction rationnelle (ra'y) dans le fiqh.

Principes Juridiques Dérivés

Lorsque plusieurs descendantes existent, elles reçoivent collectivement deux tiers, répartis selon leur proximité avec le défunt.

Une sœur hérite en tant qu'héritière résiduaire lorsqu'il n'y a pas de frères masculins et après la distribution des parts fixes.

L'humilité savante exige de reconnaître une connaissance supérieure et de se référer à ceux qui ont une transmission plus authentique des précédents prophétiques.

Signification pour la Jurisprudence Islamique

Ce récit établit que les décisions en matière d'héritage nécessitent une connaissance spécifique des traditions prophétiques et ne peuvent être déduites par analogie seule. L'acceptation gracieuse de la correction par Abu Musa exemplifie la conduite appropriée des savants lorsque des preuves plus claires émergent.