Sunan Abi Dawud

Sunan Abi Dawud 4570

La Diyah pour un fœtus
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عُثْمَانُ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، وَهَارُونُ بْنُ عَبَّادٍ الأَزْدِيُّ، - الْمَعْنَى - قَالاَ حَدَّثَنَا وَكِيعٌ، عَنْ هِشَامٍ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنِ الْمِسْوَرِ بْنِ مَخْرَمَةَ، أَنَّ عُمَرَ، اسْتَشَارَ النَّاسَ فِي إِمْلاَصِ الْمَرْأَةِ فَقَالَ الْمُغِيرَةُ بْنُ شُعْبَةَشَهِدْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَضَى فِيهَا بِغُرَّةٍ عَبْدٍ أَوْ أَمَةٍ ‏.‏ فَقَالَ ائْتِنِي بِمَنْ يَشْهَدُ مَعَكَ ‏.‏ فَأَتَاهُ بِمُحَمَّدِ بْنِ مَسْلَمَةَ - زَادَ هَارُونُ - فَشَهِدَ لَهُ يَعْنِي ضَرَبَ الرَّجُلُ بَطْنَ امْرَأَتِهِ ‏.‏قَالَ أَبُو دَاوُدَ بَلَغَنِي عَنْ أَبِي عُبَيْدٍ إِنَّمَا سُمِّيَ إِمْلاَصًا لأَنَّ الْمَرْأَةَ تَزْلِقُهُ قَبْلَ وَقْتِ الْوِلاَدَةِ وَكَذَلِكَ كُلُّ مَا زَلَقَ مِنَ الْيَدِ وَغَيْرِهِ فَقَدْ مَلِصَ ‏.‏
Traduction
Rapporté par Al-Miswar b. Makhramah

'Omar a consulté le peuple sur l’indemnisation de l’avortement de la femme. Al-Mughirah b. Shu’bah dit : « J’étais présent avec le Messager d’Allah (ﷺ) lorsqu’il a ordonné qu’un esclave, homme ou femme, témoigne de vous. Il a donc amené Muhammad b. Maslamah à lui. Harun a ajouté : Il a ensuite témoigné lui-même.

Imlas signifie un homme frappant le ventre de sa femme.

Abou Dawud a dit : « J’ai été informé qu’Abou 'Ubaid a dit : On l’appelle imlas parce que la femme le fait glisser avant l’heure de l’accouchement. De même, tout ce qui glisse de la main ou d’une autre chose est appelé malasa (glissé).

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté dans Sunan Abi Dawud (Kitab Al-Diyat, 4570), traite de la règle juridique islamique concernant l'indemnisation (diyah) pour avortement provoqué (imlas) — en particulier lorsqu'un homme frappe le ventre de sa femme provoquant une fausse couche. Le Prophète ﷺ, par le témoignage d'Al-Mughirah ibn Shu'bah et de Muhammad ibn Maslamah, a établi que l'indemnisation est un esclave mâle ou femelle (ghurrah). Le thème central est le caractère sacré de la vie fœtale, le principe jurisprudentiel de restitution proportionnée et l'importance du témoignage autorisé dans l'élaboration des règles juridiques.

Contexte et aperçus linguistiques

Le contexte historique (sabab al-wurud) implique le calife 'Umar ibn al-Khattab consultant les Compagnons au sujet de la diyah pour une fausse couche. Al-Mughirah se souvint du jugement du Prophète ﷺ, et Muhammad ibn Maslamah fut amené comme témoin corroborant. Linguistiquement, "imlas" (إملاس) dérive de la racine "malasa" (ملس), signifiant quelque chose qui glisse ou se dérobe. Abu 'Ubaid a clarifié qu'il s'agit du fœtus glissant de l'utérus avant terme, semblable à un objet glissant des mains. Cette nuance souligne la nature involontaire de l'acte dans de nombreux cas, façonnant la discussion juridique.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Le hadith établit qu'un fœtus, même avant la naissance, possède un degré d'inviolabilité ; lui nuire entraîne une indemnisation prescrite (ghurrah — un esclave), reflétant le caractère sacré de la vie à tous les stades.
  • Il démontre le principe de l'ijtihad (consultation savante) dans la gouvernance islamique, car 'Umar a consulté les Compagnons pour vérifier une sunna établie, soulignant l'importance de la mémoire collective et du témoignage dans la préservation des règles prophétiques.
  • Les juristes classiques (par exemple, hanafites, shafi'ites, malikites) s'accordent sur la ghurrah pour l'avortement lorsque le fœtus est complètement formé mais pas encore né ; il existe un désaccord sur qui paie, la mère ou le père, la plupart tenant celui qui a causé le préjudice (ici, le mari) responsable.
"La ghurrah est un esclave, mâle ou femelle, et c'est la diyah établie pour le fœtus dans la Sunna. C'est une règle fixe, non sujette à analogie, car le Prophète ﷺ l'a spécifiée, et elle sert de dissuasion contre l'agression envers l'enfant à naître." — Imam Ibn Qudamah, Al-Mughni

Application quotidienne et spirituelle

Pour un musulman d'aujourd'hui, ce hadith inculque un profond respect pour la vie humaine dès la conception. Il appelle à une extrême prudence et douceur dans les relations conjugales, évitant tout préjudice à une épouse enceinte — physiquement ou émotionnellement. Il enseigne également la valeur de vérifier les règles religieuses par des sources crédibles et la consultation savante, plutôt que d'agir sur une opinion personnelle. Spirituellement, il rappelle aux croyants la responsabilité des conséquences involontaires, les exhortant à assumer leurs responsabilités et à rechercher la justice avec miséricorde, incarnant l'ihsan dans toutes les interactions.