Musnad Ahmad

Musnad Ahmad 3

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عَمْرُو بْنُ مُحَمَّدٍ أَبُو سَعِيدٍ يَعْنِي الْعَنْقَزِيَّ، قَالَ حَدَّثَنَا إِسْرَائِيلُ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ، قَالَ اشْتَرَى أَبُو بَكْرٍ مِنْ عَازِبٍ سَرْجًا بِثَلَاثَةَ عَشَرَ دِرْهَمًا قَالَ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ لِعَازِبٍ مُرْ الْبَرَاءَ فَلْيَحْمِلْهُ إِلَى مَنْزِلِي فَقَالَ لَا حَتَّى تُحَدِّثَنَا كَيْفَ صَنَعْتَ حِينَ خَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنْتَ مَعَهُ قَالَ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ خَرَجْنَا فَأَدْلَجْنَا فَأَحْثَثْنَا يَوْمَنَا وَلَيْلَتَنَا حَتَّى أَظْهَرْنَا وَقَامَ قَائِمُ الظَّهِيرَةِ فَضَرَبْتُ بِبَصَرِي هَلْ أَرَى ظِلًّا نَأْوِي إِلَيْهِ فَإِذَا أَنَا بِصَخْرَةٍ فَأَهْوَيْتُ إِلَيْهَا فَإِذَا بَقِيَّةُ ظِلِّهَا فَسَوَّيْتُهُ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَفَرَشْتُ لَهُ فَرْوَةً وَقُلْتُ اضْطَجِعْ يَا رَسُولَ اللَّهِ فَاضْطَجَعَ ثُمَّ خَرَجْتُ أَنْظُرُ هَلْ أَرَى أَحَدًا مِنْ الطَّلَبِ فَإِذَا أَنَا بِرَاعِي غَنَمٍ فَقُلْتُ لِمَنْ أَنْتَ يَا غُلَامُ فَقَالَ لِرَجُلٍ مِنْ قُرَيْشٍ فَسَمَّاهُ فَعَرَفْتُهُ فَقُلْتُ هَلْ فِي غَنَمِكَ مِنْ لَبَنٍ قَالَ نَعَمْ قَالَ قُلْتُ هَلْ أَنْتَ حَالِبٌ لِي قَالَ نَعَمْ قَالَ فَأَمَرْتُهُ فَاعْتَقَلَ شَاةً مِنْهَا ثُمَّ أَمَرْتُهُ فَنَفَضَ ضَرْعَهَا مِنْ الْغُبَارِ ثُمَّ أَمَرْتُهُ فَنَفَضَ كَفَّيْهِ مِنْ الْغُبَارِ وَمَعِي إِدَاوَةٌ عَلَى فَمِهَا خِرْقَةٌ فَحَلَبَ لِي كُثْبَةً مِنْ اللَّبَنِ فَصَبَبْتُ يَعْنِي الْمَاءَ عَلَى الْقَدَحِ حَتَّى بَرَدَ أَسْفَلُهُ ثُمَّ أَتَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَوَافَيْتُهُ وَقَدْ اسْتَيْقَظَ فَقُلْتُ اشْرَبْ يَا رَسُولَ اللَّهِ فَشَرِبَ حَتَّى رَضِيتُ ثُمَّ قُلْتُ هَلْ أَنَى الرَّحِيلُ قَالَ فَارْتَحَلْنَا وَالْقَوْمُ يَطْلُبُونَا فَلَمْ يُدْرِكْنَا أَحَدٌ مِنْهُمْ إِلَّا سُرَاقَةُ بْنُ مَالِكِ بْنِ جُعْشُمٍ عَلَى فَرَسٍ لَهُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ هَذَا الطَّلَبُ قَدْ لَحِقَنَا فَقَالَ ‏{‏لَا تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنَا‏}‏ حَتَّى إِذَا دَنَا مِنَّا فَكَانَ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُ قَدْرُ رُمْحٍ أَوْ رُمْحَيْنِ أَوْ ثَلَاثَةٍ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ هَذَا الطَّلَبُ قَدْ لَحِقَنَا وَبَكَيْتُ قَالَ لِمَ تَبْكِي قَالَ قُلْتُ أَمَا وَاللَّهِ مَا عَلَى نَفْسِي أَبْكِي وَلَكِنْ أَبْكِي عَلَيْكَ قَالَ فَدَعَا عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ اللَّهُمَّ اكْفِنَاهُ بِمَا شِئْتَ فَسَاخَتْ قَوَائِمُ فَرَسِهِ إِلَى بَطْنِهَا فِي أَرْضٍ صَلْدٍ وَوَثَبَ عَنْهَا وَقَالَ يَا مُحَمَّدُ قَدْ عَلِمْتُ أَنَّ هَذَا عَمَلُكَ فَادْعُ اللَّهَ أَنْ يُنْجِيَنِي مِمَّا أَنَا فِيهِ فَوَاللَّهِ لَأُعَمِّيَنَّ عَلَى مَنْ وَرَائِي مِنْ الطَّلَبِ وَهَذِهِ كِنَانَتِي فَخُذْ مِنْهَا سَهْمًا فَإِنَّكَ سَتَمُرُّ بِإِبِلِي وَغَنَمِي فِي مَوْضِعِ كَذَا وَكَذَا فَخُذْ مِنْهَا حَاجَتَكَ قَالَ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا حَاجَةَ لِي فِيهَا قَالَ وَدَعَا لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأُطْلِقَ فَرَجَعَ إِلَى أَصْحَابِهِ وَمَضَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنَا مَعَهُ حَتَّى قَدِمْنَا الْمَدِينَةَ فَتَلَقَّاهُ النَّاسُ فَخَرَجُوا فِي الطَّرِيقِ وَعَلَى الْأَجَاجِيرِ فَاشْتَدَّ الْخَدَمُ وَالصِّبْيَانُ فِي الطَّرِيقِ يَقُولُونَ اللَّهُ أَكْبَرُ جَاءَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَاءَ مُحَمَّدٌ قَالَ وَتَنَازَعَ الْقَوْمُ أَيُّهُمْ يَنْزِلُ عَلَيْهِ قَالَ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْزِلُ اللَّيْلَةَ عَلَى بَنِي النَّجَّارِ أَخْوَالِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ لِأُكْرِمَهُمْ بِذَلِكَ فَلَمَّا أَصْبَحَ غَدَا حَيْثُ أُمِرَ قَالَ الْبَرَاءُ بْنُ عَازِبٍ أَوَّلُ مَنْ كَانَ قَدِمَ عَلَيْنَا مِنْ الْمُهَاجِرِينَ مُصْعَبُ بْنُ عُمَيْرٍ أَخُو بَنِي عَبْدِ الدَّارِ ثُمَّ قَدِمَ عَلَيْنَا ابْنُ أُمِّ مَكْتُومٍ الْأَعْمَى أَخُو بَنِي فِهْرٍ ثُمَّ قَدِمَ عَلَيْنَا عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ فِي عِشْرِينَ رَاكِبًا فَقُلْنَا مَا فَعَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ هُوَ عَلَى أَثَرِي ثُمَّ قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَبُو بَكْرٍ مَعَهُ قَالَ الْبَرَاءُ وَلَمْ يَقْدَمْ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى حَفِظْتُ سُوَرًا مِنْ الْمُفَصَّلِ قَالَ إِسْرَائِيلُ وَكَانَ الْبَرَاءُ مِنْ الْأَنْصَارِ مِنْ بَنِي حَارِثَةَ‏.‏
Traduction

Abou Bakr acheta à ‘Azib une selle pour treize dirhams. Abou Bakr dit à ‘Azib : « Ordonne à Al-Barâ de la porter jusqu’à ma demeure. » Il dit : « Non, pas avant que tu nous racontes comment tu as agi lorsque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, est sorti alors que tu étais avec lui. »

Abou Bakr dit : « Nous partîmes et nous marchâmes dès le début de la nuit, puis nous pressâmes l’allure notre jour et notre nuit jusqu’à ce que le jour se levât pleinement et que se dresse le moment de la forte chaleur de midi. Je jetai un regard pour voir si j’apercevais une ombre où nous réfugier, et je vis un rocher. Je me dirigeai vers lui, et il en restait un reste d’ombre. Je l’aplanis pour le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, j’étendis pour lui une fourrure et je dis : “Allonge-toi, ô Messager d’Allah.” Alors il s’allongea. Puis je sortis pour regarder si je voyais quelqu’un parmi ceux qui nous recherchaient, et je vis un berger de moutons.

Je dis : “À qui appartiens-tu, ô jeune garçon ?” Il dit : “À un homme de Quraysh.” Il le nomma et je le reconnus. Je dis : “Y a-t-il dans tes moutons du lait ?” Il dit : “Oui.” Je dis : “Veux-tu traire pour moi ?” Il dit : “Oui.” Je lui en donnai l’ordre, il retint une brebis parmi elles, puis je lui ordonnai et il secoua la poussière de son pis, puis je lui ordonnai et il secoua la poussière de ses mains. J’avais avec moi une petite outre dont l’ouverture était munie d’un morceau d’étoffe. Il trahit pour moi une petite quantité de lait, puis je versai de l’eau sur la coupe jusqu’à ce que son fond refroidisse.

Puis je me rendis auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et je le trouvai alors qu’il s’était déjà réveillé. Je dis : “Bois, ô Messager d’Allah.” Il but jusqu’à ce que je sois satisfait. Puis je dis : “Le moment du départ est-il venu ?” Il dit : Alors nous partîmes tandis que les gens nous recherchaient, et aucun d’eux ne nous rattrapa sauf Souraqa ibn Malik ibn Jou‘choum, sur un cheval à lui.

Je dis : “Ô Messager d’Allah, ce poursuivant nous a rejoints.” Il dit :

« Ne t’afflige pas, certes Allah est avec nous. »

Jusqu’à ce que, lorsqu’il se rapprocha de nous et qu’il n’y eut entre nous et lui que la distance d’une lance, ou de deux lances, ou de trois, je dis : “Ô Messager d’Allah, ce poursuivant nous a rejoints”, et je pleurai. Il dit : “Pourquoi pleures-tu ?” Je dis : “Par Allah, ce n’est pas pour moi-même que je pleure, mais c’est pour toi que je pleure.” »

Abou Bakr dit : « Alors le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, invoqua contre lui et dit : “Ô Allah, protège-nous de lui comme Tu veux.” Les pattes avant de son cheval s’enfoncèrent jusqu’au ventre dans une terre dure et pierreuse, et il sauta à bas de lui. Il dit : “Ô Muhammad, j’ai su que ceci est ton œuvre. Invoque Allah pour qu’Il me délivre de la situation où je suis. Par Allah, je détournerai de toi ceux qui sont derrière moi parmi ceux qui vous recherchent. Voici mon carquois, prends-en une flèche. Tu passeras certes auprès de mes chameaux et de mes moutons en tel et tel endroit, prends-en ce dont tu as besoin.” Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Je n’en ai pas besoin.” »

Abou Bakr dit : « Et le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, invoqua pour lui, il fut libéré et retourna vers ses compagnons. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, poursuivit sa route, et moi j’étais avec lui, jusqu’à ce que nous arrivâmes à Médine. Les gens l’accueillirent, ils sortirent sur le chemin et sur les terrasses, et les serviteurs et les enfants se pressèrent sur le chemin en disant : “Allah est le Plus Grand, le Messager d’Allah est venu, Muhammad est venu.” Les gens se disputèrent pour savoir chez qui il descendrait. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Je descendrai cette nuit chez les Banou An-Najjar, les oncles maternels de ‘Abd Al-Mouttalib, pour les honorer par cela.” Le matin venu, il se rendit là où il lui avait été ordonné. »

Al-Barâ ibn ‘Azib dit : « Le premier des Mouhajirs qui vint chez nous fut Mous‘ab ibn ‘Oumayr, le frère des Banou ‘Abd Ad-Dar. Puis vint chez nous Ibn Oumm Maktoum, l’aveugle, le frère des Banou Fihr. Puis vint chez nous ‘Oumar ibn Al-Khattab avec vingt cavaliers. Nous dîmes : “Qu’a fait le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ?” Il dit : “Il est sur mes traces.” Puis vinrent le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et Abou Bakr avec lui. » Al-Barâ dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ne vint que lorsque j’eus déjà mémorisé des sourates du Moufassal. » Israïl dit : Al-Barâ faisait partie des Ansars, des Banou Haritha.