Musnad Ahmad

Musnad Ahmad 827

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عَفَّانُ، حَدَّثَنَا أَبُو عَوَانَةَ، حَدَّثَنَا حُصَيْنٌ، حَدَّثَنِي سَعْدُ بْنُ عُبَيْدَةَ، قَالَ تَنَازَعَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ السُّلَمِيُّ وَحِبَّانُ بْنُ عَطِيَّةَ فَقَالَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ لِحِبَّانَ قَدْ عَلِمْتُ مَا الَّذِي جَرَّأَ صَاحِبَكَ يَعْنِي عَلِيًّا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ فَمَا هُوَ لَا أَبَا لَكَ قَالَ قَوْلٌ سَمِعْتُهُ مِنْ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَقُولُهُ قَالَ بَعَثَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالزُّبَيْرَ وَأَبَا مَرْثَدٍ وَكُلُّنَا فَارِسٌ قَالَ انْطَلِقُوا حَتَّى تَبْلُغُوا رَوْضَةَ خَاخٍ فَإِنَّ فِيهَا امْرَأَةً مَعَهَا صَحِيفَةٌ مِنْ حَاطِبِ بْنِ أَبِي بَلْتَعَةَ إِلَى الْمُشْرِكِينَ فَأْتُونِي بِهَا فَانْطَلَقْنَا عَلَى أَفْرَاسِنَا حَتَّى أَدْرَكْنَاهَا حَيْثُ قَالَ لَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَسِيرُ عَلَى بَعِيرٍ لَهَا قَالَ وَكَانَ كَتَبَ إِلَى أَهْلِ مَكَّةَ بِمَسِيرِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْنَا لَهَا أَيْنَ الْكِتَابُ الَّذِي مَعَكِ قَالَتْ مَا مَعِي كِتَابٌ فَأَنَخْنَا بِهَا بَعِيرَهَا فَابْتَغَيْنَا فِي رَحْلِهَا فَلَمْ نَجِدْ فِيهِ شَيْئًا فَقَالَ صَاحِبَايَ مَا نَرَى مَعَهَا كِتَابًا فَقُلْتُ لَقَدْ عَلِمْتُمَا مَا كَذَبَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ حَلَفْتُ وَالَّذِي أَحْلِفُ بِهِ لَئِنْ لَمْ تُخْرِجِي الْكِتَابَ لَأُجَرِّدَنَّكِ فَأَهْوَتْ إِلَى حُجْزَتِهَا وَهِيَ مُحْتَجِزَةٌ بِكِسَاءٍ فَأَخْرَجَتْ الصَّحِيفَةَ فَأَتَوْا بِهَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ قَدْ خَانَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَالْمُؤْمِنِينَ دَعْنِي أَضْرِبْ عُنُقَهُ قَالَ يَا حَاطِبُ مَا حَمَلَكَ عَلَى مَا صَنَعْتَ قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَاللَّهِ مَا بِي أَنْ لَا أَكُونَ مُؤْمِنًا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَلَكِنِّي أَرَدْتُ أَنْ تَكُونَ لِي عِنْدَ الْقَوْمِ يَدٌ يَدْفَعُ اللَّهُ بِهَا عَنْ أَهْلِي وَمَالِي وَلَمْ يَكُنْ أَحَدٌ مِنْ أَصْحَابِكَ إِلَّا لَهُ هُنَاكَ مِنْ قَوْمِهِ مَنْ يَدْفَعُ اللَّهُ تَعَالَى بِهِ عَنْ أَهْلِهِ وَمَالِهِ قَالَ صَدَقْتَ فَلَا تَقُولُوا لَهُ إِلَّا خَيْرًا فَقَالَ عُمَرُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّهُ قَدْ خَانَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَالْمُؤْمِنِينَ دَعْنِي أَضْرِبْ عُنُقَهُ قَالَ أَوَلَيْسَ مِنْ أَهْلِ بَدْرٍ وَمَا يُدْرِيكَ لَعَلَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ اطَّلَعَ عَلَيْهِمْ فَقَالَ اعْمَلُوا مَا شِئْتُمْ فَقَدْ وَجَبَتْ لَكُمْ الْجَنَّةُ فَاغْرَوْرَقَتْ عَيْنَا عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ‏.‏
Traduction

Abû ‘Abd ar-Rahmân as-Sulamî et Hibbân ibn ‘Atiyya eurent un différend. Abû ‘Abd ar-Rahmân dit à Hibbân : « Je sais ce qui a enhardi ton compagnon » – voulant dire ‘Alî, qu’Allah soit satisfait de lui. Il dit : « Qu’est-ce donc, puisses-tu être privé de père ? » Il dit : « Une parole que j’ai entendu ‘Alî, qu’Allah soit satisfait de lui, prononcer. » Il dit :

« Le Messager d’Allah, que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui, m’a envoyé, ainsi que Az-Zoubayr et Abû Marthad, et nous étions tous cavaliers. Il a dit : “Partez jusqu’à parvenir à Rawdat Khâkh, car il s’y trouve une femme qui a avec elle une lettre de Hâtib ibn Abî Balta‘a adressée aux polythéistes ; apportez-la-moi.” Nous partîmes donc sur nos chevaux jusqu’à la rejoindre à l’endroit que le Messager d’Allah, que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui, nous avait indiqué, alors qu’elle voyageait sur un chameau à elle. Or il avait écrit aux habitants de La Mecque au sujet de la marche du Messager d’Allah, que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui. Nous lui dîmes : “Où est l’écrit qui est avec toi ?” Elle dit : “Je n’ai aucun écrit avec moi.” Nous fîmes alors agenouiller son chameau et nous cherchâmes dans ses bagages, mais nous n’y trouvâmes rien. Mes deux compagnons dirent : “Nous ne voyons aucun écrit avec elle.” Je dis : “Vous savez bien que le Messager d’Allah, que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui, n’a pas menti.” Puis je jurai, par Celui par qui je jure : “Si tu ne fais pas sortir l’écrit, je te déshabillerai.” Elle tendit alors la main vers sa ceinture, alors qu’elle était enveloppée d’un manteau, et fit sortir la feuille. »

« Ils apportèrent la feuille au Messager d’Allah, que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui, et dirent : “Ô Messager d’Allah, il a trahi Allah, Son Messager et les croyants ; laisse-moi frapper son cou.” Il dit : “Ô Hâtib, qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce que tu as fait ?” Il dit : “Ô Messager d’Allah, par Allah, ce n’est pas que je ne sois pas croyant en Allah et en Son Messager, mais j’ai voulu avoir auprès des gens une faveur par laquelle Allah protégerait ma famille et mes biens, alors qu’il n’y a aucun de tes compagnons sans qu’il ait là-bas, parmi les siens, quelqu’un par qui Allah, le Très-Haut, protège sa famille et ses biens.” Il dit : “Tu as dit vrai ; ne lui dites que du bien.” ‘Umar dit : “Ô Messager d’Allah, il a trahi Allah, Son Messager et les croyants ; laisse-moi frapper son cou.” Il dit : “N’est-il pas parmi les gens de Badr ? Et que t’en fait savoir ? Peut-être qu’Allah, Puissant et Majestueux, les a observés et a dit : ‘Faites ce que vous voulez, car le Paradis vous est assuré.’” Les yeux de ‘Umar, qu’Allah soit satisfait de lui, s’emplirent de larmes et il dit : “Allah, le Très-Haut, et Son Messager savent mieux.” »