حَدَّثَنَا الْمَكِّيُّ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، أَخْبَرَنَا ابْنُ جُرَيْجٍ، أَخْبَرَنِي إِبْرَاهِيمُ بْنُ مَيْسَرَةَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ الشَّرِيدِ، قَالَ وَقَفْتُ عَلَى سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ، فَجَاءَ الْمِسْوَرُ بْنُ مَخْرَمَةَ فَوَضَعَ يَدَهُ عَلَى إِحْدَى مَنْكِبَىَّ إِذْ جَاءَ أَبُو رَافِعٍ مَوْلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ يَا سَعْدُ ابْتَعْ مِنِّي بَيْتَىَّ فِي دَارِكَ‏.‏ فَقَالَ سَعْدٌ وَاللَّهِ مَا أَبْتَاعُهُمَا‏.‏ فَقَالَ الْمِسْوَرُ وَاللَّهِ لَتَبْتَاعَنَّهُمَا‏.‏ فَقَالَ سَعْدٌ وَاللَّهِ لاَ أَزِيدُكَ عَلَى أَرْبَعَةِ آلاَفٍ، مُنَجَّمَةٍ أَوْ مُقَطَّعَةٍ‏.‏ قَالَ أَبُو رَافِعٍ لَقَدْ أُعْطِيتُ بِهَا خَمْسَمِائَةِ دِينَارٍ، وَلَوْلاَ أَنِّي سَمِعْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏"‏ الْجَارُ أَحَقُّ بِسَقَبِهِ ‏"‏‏.‏ مَا أَعْطَيْتُكَهَا بِأَرْبَعَةِ آلاَفٍ، وَأَنَا أُعْطَى بِهَا خَمْسَمِائَةِ دِينَارٍ‏.‏ فَأَعْطَاهَا إِيَّاهُ‏.‏
Traduction
Rapporté par 'Amr bin Ash-Sharid

Alors que je me tenais avec Sa’d bin Abi Waqqas, Al-Miswar bin Makhrama est venu et a mis sa main sur mon épaule. Pendant ce temps, Abou Rafi', l’esclave affranchi du Prophète (ﷺ) vint et demanda à Sa’d de lui acheter les (deux) habitations qui se trouvaient dans sa maison. Sa’d dit : « Par Allah, je ne les achèterai pas. » Al-Miswar a dit : « Par Allah, tu les achèteras. » Sa’d répondit : « Par Allah, je ne paierai pas plus de quatre mille (dirhams) en plusieurs fois. » Abou Rafi' a dit : « On m’a offert cinq cents dinars (pour cela) et si je n’avais pas entendu le Prophète (ﷺ) dire : « Le prochain a plus de droit que quiconque à cause de sa proximité, je ne vous les donnerais pas pour quatre mille (dirhams) alors qu’on m’offre cinq cents dinars (un dinar équivaut à dix dirhams) pour eux. » Alors, il l’a vendu à Sa’d.

Comment

Le Hadith de la Préemption (Shuf'a)

De Sahih al-Bukhari 2258 : Cette narration établit le principe juridique islamique du droit de préemption (shuf'a) pour les voisins et les copropriétaires dans les transactions immobilières.

Commentaire des Savants

La déclaration du Prophète « Le voisin a plus de droit que quiconque en raison de sa proximité » démontre que la proximité crée certains droits dans la loi islamique. Cela s'applique particulièrement lors de la vente de propriétés adjacentes.

Abu Rafi' a accepté un prix nettement inférieur (4 000 dirhams contre 5 000 dirhams offerts par d'autres) pour honorer l'enseignement prophétique. Cela montre l'importance de remplir les obligations religieuses plutôt que de simples gains financiers.

La transaction entre Sa'd et Abu Rafi' illustre comment la shuf'a fonctionne en pratique - le voisin reçoit la priorité d'achat de la propriété adjacente avant qu'elle ne soit proposée à des étrangers.

Les savants classiques en déduisent que la shuf'a est principalement établie pour les partenaires dans les biens en copropriété et pour les voisins immédiats, car leurs droits priment sur ceux des étrangers dans les questions de propriété.

Implications Juridiques

Ce hadith forme la base du droit de la propriété islamique concernant les droits de préemption. L'école Hanafite considère la shuf'a comme obligatoire (wajib) tandis que d'autres écoles la considèrent comme recommandée (mustahabb).

La différence de prix acceptée par Abu Rafi' (accepter 4 000 dirhams au lieu de 5 000 dirhams) démontre que les considérations religieuses devraient l'emporter sur les intérêts purement financiers dans les transactions musulmanes.