Abou Moussa est tombé gravement malade, s’est évanoui et n’a pas pu répondre à sa femme alors qu’il était allongé, la tête sur ses genoux. Lorsqu’il reprit ses esprits, il dit : « Je suis innocent de ceux dont le Messager d’Allah (ﷺ) était innocent. Le Messager d’Allah (ﷺ) est innocent d’une femme qui pleure à haute voix (ou se gifle le visage), qui se rase la tête et qui lui arrache ses vêtements (à la chute d’une calamité)
Texte et Contexte du Hadith
Rapporté par Abu Burda : Abu Musa est tombé gravement malade, a perdu connaissance et n'a pas pu répondre à sa femme alors qu'il était allongé avec la tête sur ses genoux. Lorsqu'il a repris ses esprits, il a dit : "Je suis innocent de ceux dont le Messager d'Allah (ﷺ) était innocent. Le Messager d'Allah (ﷺ) est innocent d'une femme qui crie à haute voix (ou se frappe le visage), qui se rase la tête et qui déchire ses vêtements (lors d'une calamité)." (Sahih al-Bukhari 1296)
Commentaire Savant
Cette narration du chapitre "Funérailles (Al-Janaa'iz)" démontre la conscience profonde des Compagnons dans l'imitation des enseignements du Prophète, même pendant une maladie grave. La déclaration immédiate d'Abu Musa après avoir repris conscience révèle à quel point l'étiquette islamique de la patience pendant une calamité était ancrée dans la communauté musulmane primitive.
Les trois actes interdits mentionnés - crier à haute voix (an-niyaha), se raser la tête et déchirer les vêtements - représentent des pratiques pré-islamiques de deuil excessif que l'islam est venu réformer. Des savants comme Ibn Hajar al-Asqalani expliquent que ces actions démontrent un mécontentement envers le Décret Divin (qadr) et violent la patience (sabr) requise attendue des croyants.
L'expression "innocent de" (bari' min) a un poids juridique, indiquant une dissociation à la fois des pratiques et de ceux qui les commettent. Les commentateurs classiques soulignent que si le chagrin naturel est permis, ces expressions spécifiques et exagérées de deuil sont strictement interdites car elles contredisent les enseignements islamiques sur l'acceptation de la volonté d'Allah.
Règlements Juridiques et Implications
La majorité des savants considèrent ces actes comme des péchés majeurs lorsqu'ils sont commis délibérément, sur la base du langage fort de dissociation utilisé par le Prophète. Les écoles hanafite et chaféite classifient de telles pratiques de deuil comme haram (interdites), tout en permettant les pleurs naturels sans lamentations.
Ce hadith établit le principe que les musulmans doivent maintenir la dignité et la foi pendant les épreuves. Comme l'énonce l'Imam al-Nawawi dans son commentaire, "La sagesse derrière cette interdiction est de protéger la croyance du tawhid et d'empêcher les comportements qui ressemblent aux jours de l'ignorance (jahiliyyah)."
L'implication pratique est que les musulmans devraient consoler les familles endeuillées pour observer la patience et éviter ces pratiques interdites, tout en comprenant que les pleurs silencieux et le chagrin naturel sont dans les limites permises selon la Sunnah.