حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ آدَمَ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ، عَنْ أَبِيهِ، حَدَّثَنَا حَبِيبُ بْنُ أَبِي ثَابِتٍ، قَالَ حَدَّثَنِي أَبُو وَائِلٍ، قَالَ كُنَّا بِصِفِّينَ فَقَامَ سَهْلُ بْنُ حُنَيْفٍ فَقَالَ أَيُّهَا النَّاسُ اتَّهِمُوا أَنْفُسَكُمْ فَإِنَّا كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَ الْحُدَيْبِيَةِ، وَلَوْ نَرَى قِتَالاً لَقَاتَلْنَا، فَجَاءَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ،أَلَسْنَا عَلَى الْحَقِّ وَهُمْ عَلَى الْبَاطِلِ فَقَالَ ‏"‏ بَلَى ‏"‏‏.‏ فَقَالَ أَلَيْسَ قَتْلاَنَا فِي الْجَنَّةِ وَقَتْلاَهُمْ فِي النَّارِ قَالَ ‏"‏ بَلَى ‏"‏‏.‏ قَالَ فَعَلَى مَا نُعْطِي الدَّنِيَّةَ فِي دِينِنَا أَنَرْجِعُ وَلَمَّا يَحْكُمِ اللَّهُ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُمْ فَقَالَ ‏"‏ ابْنَ الْخَطَّابِ، إِنِّي رَسُولُ اللَّهِ، وَلَنْ يُضَيِّعَنِي اللَّهُ أَبَدًا ‏"‏‏.‏ فَانْطَلَقَ عُمَرُ إِلَى أَبِي بَكْرٍ فَقَالَ لَهُ مِثْلَ مَا قَالَ لِلنَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ إِنَّهُ رَسُولُ اللَّهِ، وَلَنْ يُضَيِّعَهُ اللَّهُ أَبَدًا‏.‏ فَنَزَلَتْ سُورَةُ الْفَتْحِ، فَقَرَأَهَا رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم عَلَى عُمَرَ إِلَى آخِرِهَا‏.‏ فَقَالَ عُمَرُ يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَوَفَتْحٌ هُوَ قَالَ ‏"‏ نَعَمْ ‏"
Traduction
Abu Wail

Abdan nous a rapporté, Abu Hamza nous a informés, d'après al-A'mash qui a dit : J'ai demandé à Abu Wail : « As-tu été témoin de la bataille de Siffin ? » Il a répondu : « Oui. » J'ai alors entendu Sahl ibn Hunaif dire : « Mettez en doute vos opinions. Je me suis vu le jour d'Abu Jandal ; si j'avais pu revenir sur l'ordre du Prophète (ﷺ), je l'aurais fait. Nous n'avons jamais posé nos épées sur nos épaules pour une affaire qui nous effrayait, sans que cela nous ait menés facilement à une affaire que nous connaissons, autre que cette affaire qui est la nôtre. »

Comment

Jizyah et Mawaada'ah - Sahih al-Bukhari 3182

Ce récit de Sahl bin Hunaif relate la sagesse profonde du Traité de Hudaibiya, démontrant la patience stratégique du Prophète et la guidance divine dans le traitement des adversaires, même lorsque les musulmans détenaient un avantage militaire.

Analyse contextuelle

Les compagnons ont initialement perçu les termes du traité comme défavorables, se demandant pourquoi ils devraient accepter des concessions apparentes alors qu'ils étaient moralement et spirituellement supérieurs. Les questions d'Omar reflètent le raisonnement humain, tandis que la réponse du Prophète montre une confiance totale en la sagesse divine.

La révélation ultérieure d'Allah de la sourate al-Fath (Victoire) a confirmé le traité comme un triomphe stratégique, enseignant aux musulmans que des revers apparents peuvent cacher des victoires profondes lorsqu'ils sont entrepris avec une guidance prophétique.

Commentaire savant

Les savants classiques expliquent que cet incident établit le principe des traités temporaires avec les adversaires lorsque les intérêts stratégiques l'exigent, tout en maintenant les différences théologiques. Le traité a permis à l'islam de se répandre sans opposition et a renforcé la communauté musulmane.

Ibn Hajar al-Asqalani note que la réponse du Prophète à Omar souligne que les plans divins transcendent la compréhension humaine immédiate, et que l'obéissance au commandement prophétique prime sur le jugement personnel, quel que soit le statut.

Implications juridiques

Ce hadith fournit une preuve fondamentale de la permission des traités de paix temporaires (mawaada'ah) avec les entités non musulmanes lorsqu'ils sont bénéfiques à la communauté musulmane, établissant que les retraites tactiques et les accords diplomatiques ne constituent pas un compromis religieux.

L'incident démontre que les traités peuvent impliquer des concessions apparentes tout en servant ultimement des objectifs stratégiques plus grands, un principe appliqué tout au long de l'histoire islamique dans divers contextes politiques.