Lorsque le Prophète (صلى الله عليه وسلم) voulut accomplir la 'Umra, il envoya quelqu'un aux habitants de La Mecque pour leur demander la permission d'y entrer. Ils lui posèrent comme condition de n'y séjourner que trois nuits, de n'y entrer qu'avec les armes dans les fourreaux et de ne faire appel à l'islam aucun d'entre eux. Ali ibn Abi Talib se mit alors à écrire le pacte entre eux. Il écrivit : « Voici ce sur quoi Muhammad, le Messager d'Allah, a tranché. » Ils dirent : « Si nous savions que tu es le Messager d'Allah, nous ne t'aurions pas empêché et nous t'aurions suivi. Mais écris : Voici ce sur quoi Muhammad ibn Abd Allah a tranché. » Il dit : « Par Allah, je suis Muhammad ibn Abd Allah, et par Allah, je suis le Messager d'Allah. » Le Messager d'Allah n'écrivait pas ; il demanda donc à Ali d'effacer l'expression « Messager d'Allah ». Ali dit : « Par Allah, je ne l'effacerai jamais. » Le Messager d'Allah dit (à Ali) : « Montre-moi le papier. » Quand Ali le lui montra, le Prophète l'effaça de sa propre main. Lorsque le Messager d'Allah entra à La Mecque et que trois jours se furent écoulés, les Mecquois vinrent à Ali et dirent : « Demande à ton compagnon de quitter La Mecque. » Ali en informa le Messager d'Allah, et le Messager d'Allah dit : « Oui », puis il partit.
Jizyah et Mawaada'ah - Sahih al-Bukhari 3184
Cette narration de Sahih al-Bukhari démontre la sagesse profonde du Prophète dans la recherche de la paix et sa volonté de faire des concessions pour le plus grand bien de la communauté musulmane.
Analyse contextuelle
L'incident s'est produit pendant le Traité de Hudaybiyyah lorsque le Prophète cherchait à accomplir l'Umrah. Le refus des Quraysh de reconnaître sa prophétie par écrit reflète leur déni persistant malgré des signes clairs.
L'acceptation par le Prophète de "Muhammad bin Abdullah" au lieu de "Muhammad, Apôtre d'Allah" montre la flexibilité permise en diplomatie lorsqu'elle sert des objectifs islamiques supérieurs.
Commentaire savant
Les savants classiques notent que l'effacement par le Prophète de son titre était une concession tactique, et non une négation de sa prophétie. Cela enseigne aux musulmans l'importance de la flexibilité stratégique dans les négociations.
Le refus initial d'Ali d'effacer le titre démontre un zèle louable, tandis que l'action du Prophète montre un jugement supérieur en priorisant la paix et la propagation ultérieure de l'Islam.
La limite de trois jours et les autres conditions imposées par les Quraysh ont finalement été bénéfiques, car ce traité a ouvert la voie à la conquête pacifique de La Mecque plus tard.
Implications légales et éthiques
Ce hadith établit la permission de faire des concessions temporaires dans les traités avec les non-musulmans lorsqu'elles servent les intérêts plus larges de la communauté musulmane.
Il démontre que le maintien de relations pacifiques et l'évitement des conflits peuvent prendre le pas sur l'insistance sur les titres ou symboles religieux dans les contextes diplomatiques.