حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنَا هِشَامٌ، أَخْبَرَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، أَنَّ فَاطِمَةَ، وَالْعَبَّاسَ ـ عَلَيْهِمَا السَّلاَمُ ـ أَتَيَا أَبَا بَكْرٍ يَلْتَمِسَانِ مِيرَاثَهُمَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَهُمَا حِينَئِذٍ يَطْلُبَانِ أَرْضَيْهِمَا مِنْ فَدَكَ، وَسَهْمَهُمَا مِنْ خَيْبَرَ‏.‏ فَقَالَ لَهُمَا أَبُو بَكْرٍ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏"‏ لاَ نُورَثُ، مَا تَرَكْنَا صَدَقَةٌ، إِنَّمَا يَأْكُلُ آلُ مُحَمَّدٍ مِنْ هَذَا الْمَالِ ‏"‏‏.‏ قَالَ أَبُو بَكْرٍ وَاللَّهِ لاَ أَدَعُ أَمْرًا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَصْنَعُهُ فِيهِ إِلاَّ صَنَعْتُهُ‏.‏ قَالَ فَهَجَرَتْهُ فَاطِمَةُ، فَلَمْ تُكَلِّمْهُ حَتَّى مَاتَتْ‏.‏
Traduction
Rapporté par 'Aïcha

Fatima et Al 'Abbas sont venus à Abou Bakr, cherchant leur part des biens du Messager d’Allah (ﷺ) et à ce moment-là, ils demandaient leur terre à Fadak et leur part de Khaibar. Abou Bakr leur dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Nos biens ne peuvent pas être hérités, et tout ce que nous laissons doit être dépensé en charité, mais la famille de Mohammed peut prendre ses provisions de ces biens. » Abou Bakr a ajouté : « Par Allah, je n’abandonnerai pas la procédure que j’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ) suivre de son vivant concernant cette propriété. » C’est pourquoi Fatima quitta Abou Bakr et ne lui parla pas jusqu’à sa mort.

Comment

Commentaire sur l'héritage des biens prophétiques

Ce récit de Sahih al-Bukhari (6725, 6726) établit le principe fondamental que les prophètes ne laissent pas d'héritage derrière eux. Leurs biens mondains ne sont pas hérités par leurs héritiers comme le serait une richesse ordinaire, mais deviennent plutôt des dotations charitables (sadaqah) pour la communauté musulmane.

Interprétation savante du Hadith

La déclaration « Nos biens ne peuvent être hérités » signifie que les possessions matérielles des prophètes ne sont pas soumises aux lois ordinaires de l'héritage décrites dans le chapitre coranique d'Al-Faraa'id. Il s'agit d'une règle spéciale spécifique aux prophètes d'Allah.

L'expression « tout ce que nous laissons doit être dépensé en charité » indique que les biens prophétiques deviennent une charité publique après la mort du prophète, servant au bien-être général de la communauté musulmane plutôt que d'être distribués entre des héritiers spécifiques.

Dispositions pour la famille du Prophète

Bien que le bien lui-même ne soit pas hérité, la famille de Muhammad (ﷺ) était autorisée à prendre leurs provisions nécessaires de ce bien pendant leur vie. Cela n'était pas considéré comme un héritage mais plutôt comme une allocation du trésor public, similaire à la façon dont les fonctionnaires de l'État et leurs familles reçoivent leur subsistance des fonds publics.

L'adhésion d'Abu Bakr à la pratique prophétique

La position ferme d'Abu Bakr démontre l'importance de suivre la sunnah établie du Prophète (ﷺ) sans déviation, même face à la pression de proches membres de la famille. Sa déclaration montre l'engagement des califes bien guidés à préserver la tradition prophétique exactement comme ils l'ont vue.

Implications légales dans le droit successoral islamique

Cette règle constitue une exception aux lois générales de l'héritage (Al-Faraa'id) et s'applique spécifiquement aux prophètes. Pour les musulmans ordinaires, les lois détaillées de l'héritage révélées dans le Coran restent pleinement applicables et obligatoires.