Le Messager d'Allah (ﷺ) a dit : "Trois hommes parmi ceux qui vous ont précédés marchaient, quand la pluie les atteignit. Ils se réfugièrent dans une grotte, puis le rocher se referma sur eux. Ils se dirent les uns aux autres : 'Par Allah, ô vous, rien ne vous sauvera si ce n'est la vérité. Que chacun de vous invoque Allah par une action dont il sait qu'il l'a accomplie sincèrement.'
Alors l'un d'eux dit : "Ô Allah ! Tu sais que j'avais un ouvrier qui travailla pour moi moyennant un faraq de riz, puis il partit en le laissant. Je m'occupai de ce faraq et le semai, et il en résulta que j'achetai des vaches avec cela. Il vint ensuite me réclamer son salaire. Je lui dis : 'Va à ces vaches et emmène-les.' Il me dit : 'Je n'ai droit chez toi qu'à un faraq de riz.' Je lui dis : 'Va à ces vaches, car elles proviennent de ce faraq.' Il les emmena. Si Tu sais que j'ai fait cela par crainte de Toi, alors délivre-nous." Le rocher se déplaça (un peu) de devant eux.
Le deuxième dit : "Ô Allah ! Tu sais que j'avais deux parents très âgés, et je leur apportais chaque nuit le lait de mes brebis. Une nuit, je tardai, et quand je vins, ils s'étaient endormis, tandis que ma femme et mes enfants pleuraient de faim. Je ne faisais boire ma famille qu'après que mes parents eurent bu. Je détestais les réveiller et je détestais les laisser sans leur boisson. Je restai donc à attendre jusqu'à ce que l'aube se lève. Si Tu sais que j'ai fait cela par crainte de Toi, alors délivre-nous." Le rocher se déplaça et ils purent voir le ciel.
Le troisième dit : "Ô Allah ! Tu sais que j'avais une cousine (la fille de mon oncle paternel) qui était la plus chère des gens à mes yeux, et je la convoitai. Elle refusa, sauf si je lui apportais cent dinars. Je les cherchai jusqu'à les obtenir. Je les lui apportai et les lui remis, et elle se livra à moi. Quand je m'assis entre ses deux jambes, elle dit : 'Crains Allah et ne brise pas le sceau si ce n'est par son droit.' Je me levai et laissai les cent dinars. Si Tu sais que j'ai fait cela par crainte de Toi, alors délivre-nous." Alors Allah les délivra et ils sortirent."
Hadith des Trois Hommes dans la Grotte
Sahih al-Bukhari 3465 - Livre des Prophètes
Contexte et Signification
Cette narration profonde illustre comment des actes sincères accomplis purement pour le plaisir d'Allah peuvent servir de moyens de salut même dans des situations apparemment désespérées. Les trois individus, piégés par un rocher massif, reconnaissent que seule la véracité devant Allah peut les délivrer.
Commentaire Savant : L'Acte du Premier Homme
Le premier homme a démontré une honnêteté exceptionnelle dans les transactions commerciales. Les savants notent qu'il est allé au-delà de la simple obligation en donnant au travailleur non seulement les salaires originaux mais aussi le profit multiplié. Cela exemplifie le principe islamique d'amānah (fiabilité) dans les affaires financières. Sa crainte n'était pas de la responsabilité mondaine mais du jugement divin.
Commentaire Savant : L'Acte du Deuxième Homme
L'histoire du deuxième homme met l'accent sur birr al-wālidayn (bonté envers les parents). Les commentateurs classiques soulignent comment il a priorisé le confort de ses parents plutôt que la faim de sa propre famille, maintenant cette dévotion tout au long de la nuit. Cela illustre le statut suprême que les parents détiennent en Islam et la récompense pour une obéissance patiente envers eux.
Commentaire Savant : L'Acte du Troisième Homme
Le récit du troisième homme démontre une puissante tawbah (repentir). Les savants expliquent que, bien qu'étant au moment du péché, il a abandonné son désir lorsqu'il a été rappelé de la crainte d'Allah. Son abandon de l'argent montre une rupture complète avec l'intention pécheresse. Cela enseigne qu'un repentir sincère peut effacer les péchés majeurs.
Leçons Légales et Spirituelles
Les juristes déduisent de ce hadith qu'invoquer Allah par des actes vertueux est permis. Le mouvement graduel du rocher indique des niveaux variables d'acceptation des actes. La narration enseigne finalement que l'ikhlāṣ (sincérité) transforme les actions ordinaires en moyens d'intervention divine et de salut.