حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا لَيْثٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها أَنَّ قُرَيْشًا، أَهَمَّهُمْ شَأْنُ الْمَرْأَةِ الْمَخْزُومِيَّةِ الَّتِي سَرَقَتْ، فَقَالَ وَمَنْ يُكَلِّمُ فِيهَا رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالُوا وَمَنْ يَجْتَرِئُ عَلَيْهِ إِلاَّ أُسَامَةُ بْنُ زَيْدٍ، حِبُّ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم، فَكَلَّمَهُ أُسَامَةُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ أَتَشْفَعُ فِي حَدٍّ مِنْ حُدُودِ اللَّهِ ‏"‏‏.‏ ثُمَّ قَامَ فَاخْتَطَبَ، ثُمَّ قَالَ ‏"‏إِنَّمَا أَهْلَكَ الَّذِينَ قَبْلَكُمْ أَنَّهُمْ كَانُوا إِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الشَّرِيفُ تَرَكُوهُ، وَإِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الضَّعِيفُ أَقَامُوا عَلَيْهِ الْحَدَّ، وَايْمُ اللَّهِ، لَوْ أَنَّ فَاطِمَةَ ابْنَةَ مُحَمَّدٍ سَرَقَتْ لَقَطَعْتُ يَدَهَا ‏"
Traduction
Rapporté par Abou Hourayra

Alors qu'une femme allaitait son fils, un cavalier passa près d'elle pendant qu'elle l'allaitait. Elle dit : « Ô Allah ! ne fais pas mourir mon fils avant qu'il ne devienne comme celui-ci. » Le cavalier dit : « Ô Allah ! ne me fais pas devenir comme lui. » Puis il reprit son récit : Une femme fut traînée et l'on se moquait d'elle. Elle dit : « Ô Allah ! ne fais pas de mon fils quelqu'un qui lui ressemble. » L'autre femme dit : « Ô Allah ! fais de moi quelqu'un qui lui ressemble. » Le Prophète dit : « Quant au cavalier, c'est un mécréant. Quant à la femme, on lui dit : “Tu commets l'adultère”, et elle répond : “Allah me suffit”. Et on lui dit : “Tu commets un vol”, et elle répond : “Allah me suffit”. »

Comment

Contexte contextuel

Cette narration de Sahih al-Bukhari 3475 aborde un incident critique durant l'ère du Prophète où le privilège tribal menaçait de saper la justice divine.

Une noble de l'influent clan Banu Makhzum a commis un vol, poussant la direction des Quraysh à chercher une intercession spéciale plutôt que d'accepter la punition prescrite.

Commentaire savant sur la tentative d'intercession

L'intercession d'Usama ibn Zaid, bien qu'intentionnée, représente la tendance humaine à montrer de la clémence envers l'élite. La réponse sévère du Prophète établit que les hudud (punitions prescrites) d'Allah n'admettent aucun traitement préférentiel.

Les savants classiques notent que la question rhétorique du Prophète "Essayez-vous d'intercéder pour quelqu'un dans une affaire liée aux Punitions Prescrites d'Allah ?" souligne la sainteté des limites divines qui ne peuvent être compromises par des relations personnelles.

L'application universelle de la justice

Le sermon ultérieur du Prophète établit des parallèles directs avec la chute des nations précédentes, mettant en lumière comment l'application sélective de la justice corrode les fondements sociétaux.

Des savants comme Ibn Hajar al-Asqalani expliquent que la mention des nations pré-islamiques sert d'avertissement grave contre la création de systèmes de justice doubles pour les riches et les pauvres.

Le test ultime : la mention de Fatima

La déclaration du Prophète concernant sa fille Fatima représente la norme la plus élevée de justice impartiale. Les commentateurs classiques soulignent que ce n'était pas hypothétique mais un principe définitif.

L'imam al-Qurtubi note que cette déclaration élimine toute exception potentielle, établissant qu'en droit islamique, tous les individus sont égaux devant les ordonnances divines, indépendamment du statut social ou de la lignée.

Implications légales et morales

Ce hadith forme la base des principes de justice pénale islamique où le statut socio-économique ne peut influencer l'application des punitions hudud.

Les savants traditionnels déduisent de cet incident que l'intercession dans les matières prescrites divinement constitue une transgression, tandis que le devoir principal du dirigeant reste d'établir la justice sans crainte ni faveur.