Ce qui a été rapporté concernant les prières de l’Aïd Sunan Ibn Majah 1275

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا أَبُو كُرَيْبٍ، حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ إِسْمَاعِيلَ بْنِ رَجَاءٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ، وَعَنْ قَيْسِ بْنِ مُسْلِمٍ، عَنْ طَارِقِ بْنِ شِهَابٍ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ، قَالَ أَخْرَجَ مَرْوَانُ الْمِنْبَرَ يَوْمَ الْعِيدِ فَبَدَأَ بِالْخُطْبَةِ قَبْلَ الصَّلاَةِ فَقَامَ رَجُلٌ فَقَالَ يَا مَرْوَانُ خَالَفْتَ السُّنَّةَ أَخْرَجْتَ الْمِنْبَرَ يَوْمَ عِيدٍ وَلَمْ يَكُنْ يُخْرَجُ بِهِ وَبَدَأْتَ بِالْخُطْبَةِ قَبْلَ الصَّلاَةِ وَلَمْ يَكُنْ يُبْدَأُ بِهَا ‏.‏ فَقَالَ أَبُو سَعِيدٍ أَمَّا هَذَا فَقَدْ قَضَى مَا عَلَيْهِ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ يَقُولُ ‏"‏ مَنْ رَأَى مُنْكَرًا فَاسْتَطَاعَ أَنْ يُغَيِّرَهُ بِيَدِهِ فَلْيُغَيِّرْهُ بِيَدِهِ. فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِلِسَانِهِ. فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ بِلِسَانِهِ، فَبِقَلْبِهِ. وَذَلِكَ أَضْعَفُ الإِيمَانِ ‏"
Traduction
Il a été rapporté qu’Abu Sa’id a dit

« Marwan a apporté la chaire le jour de l’Aïd et a commencé à prononcer le sermon avant la prière. Aman se leva et dit : « Ô Commandeur des croyants, tu es allé à l’encontre de la Sunna. Vous avez fait sortir la chaire le jour de l’Aïd et elle n’était pas sortie auparavant, et vous avez commencé par ces derniers avant la prière, alors que cela n’était pas fait auparavant. AbuSa’eed a dit : « Quant à cet homme, il a fait son devoir. J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Quiconque d’entre vous voit une mauvaise action et qu’il peut la changer de sa main, puis la changer de sa main. s’il ne le peut pas, avec sa langue, alors avec sa langue. et s’il ne le peut pas avec son cœur (en le haïssant et en sentant qu’il est mal), et c’est la foi la plus faible.

Commentaire

Aperçu & Thème Central

Ce hadith, rapporté par l'imam Ibn Majah dans « Établir la prière et la Sunna à leur sujet » (Sunan Ibn Majah 1275), résume un principe fondamental de l'éthique islamique et de la responsabilité sociale : l'obligation d'ordonner le bien et d'interdire le mal (al-amr bil-ma'ruf wa an-nahy 'an al-munkar). Le récit se concentre sur l'objection verbale courageuse d'un compagnon à l'innovation de Marwan consistant à prononcer le sermon de l'Aïd avant la prière, une déviation de la pratique prophétique établie. La réponse du Prophète ﷺ, transmise par Abu Sa'eed al-Khudri, définit une hiérarchie graduée d'action — par la main, par la langue et par le cœur — soulignant que le devoir de s'opposer au mal incombe à chaque croyant selon sa capacité, la désapprobation du cœur étant le seuil minimal de la foi.

Contexte & Aperçus Linguistiques

L'incident s'est produit pendant le califat de Marwan ibn al-Hakam à Médine, lorsqu'il a introduit la chaire (minbar) dans la zone de prière de l'Aïd et inversé l'ordre du sermon et de la prière — une innovation contraire à la Sunna du Prophète ﷺ, qui prononçait le sermon après la prière les jours de l'Aïd. Le compagnon qui a objecté, identifié dans certaines narrations comme Abu Sa'eed al-Khudri lui-même, s'adressa à Marwan avec le titre « Ô Commandeur des croyants », montrant du respect tout en affirmant fermement la violation. Le mot arabe clé « munkar » (mal/répréhensible) désigne tout acte interdit par la loi divine, tandis que « yad » (main) symbolise l'action physique, « lisan » (langue) signifie l'admonestation verbale, et « qalb » (cœur) représente la condamnation intérieure. L'expression « da'afa al-iman » (plus faible de la foi) souligne que même la désapprobation passive est une manifestation de la croyance, bien que la forme la moins complète.

Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques

  • Le hadith établit une hiérarchie jurisprudentielle claire pour s'opposer au mal, priorisant l'intervention physique, puis l'admonestation verbale, et enfin la désapprobation intérieure — chaque étape étant conditionnée par la capacité de la personne et l'absence de préjudice plus grand.
  • Il souligne le principe que changer le mal est une obligation communautaire (fard kifayah), mais que le rejet du cœur est un devoir individuel (fard 'ayn) qu'aucun musulman ne peut abandonner, car c'est l'essence même de la foi.
  • Les savants classiques, y compris l'imam An-Nawawi et Ibn Hajar, déduisent que les actions du dirigeant sont sujettes à critique par les dirigés, et que l'objection respectueuse mais ferme à l'innovation gouvernementale est permise et parfois obligatoire, à condition qu'elle ne mène pas à la fitnah (discorde).
« Quiconque voit un mal et est incapable de le changer avec sa main ou sa langue, qu'il le dénonce dans son cœur — et c'est la plus faible de la foi. Cela montre que la désapprobation du cœur est obligatoire pour tous, et personne n'en est excusé. » — Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim

Application Quotidienne & Spirituelle

Dans la vie contemporaine, ce hadith guide les musulmans à évaluer leur capacité et leur contexte lorsqu'ils sont confrontés à des torts. Il encourage un engagement proactif — que ce soit par le plaidoyer, la réforme sociale ou la correction personnelle — tout en rappelant que lorsque l'action physique ou verbale est impossible ou contre-productive, le croyant doit cultiver une aversion intérieure pour le péché, préservant ainsi l'intégrité du cœur. Pratiquement, cela signifie dire la vérité au pouvoir avec sagesse et respect, soutenir des causes justes dans les limites légales, et nourrir constamment une conscience qui abhorre l'injustice. L'enseignement favorise également l'humilité, car il reconnaît les limites humaines, et la résilience, car il garantit qu'aucun croyant n'est jamais dépourvu d'un moyen de défendre la droiture, même si ce n'est que par une désapprobation silencieuse et sincère en présence d'Allah.