Celui qui construit une mosquée pour l’amour d’Allah Sunan Ibn Majah 738

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا يُونُسُ بْنُ عَبْدِ الأَعْلَى، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ وَهْبٍ، عَنْ إِبْرَاهِيمَ بْنِ نَشِيطٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي حُسَيْنٍ النَّوْفَلِيِّ، عَنْ عَطَاءِ بْنِ أَبِي رَبَاحٍ، عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ قَالَ ‏"‏ مَنْ بَنَى مَسْجِدًا لِلَّهِ كَمَفْحَصِ قَطَاةٍ أَوْ أَصْغَرَ بَنَى اللَّهُ لَهُ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ ‏"
Traduction
D’après Jabir bin 'Abdullah,

Le Messager d’Allah a dit : « Quiconque bâtira une mosquée pour Allah, comme un nid de moineau pour Allah ou même plus petite, Allah lui construira une maison au Paradis. »

Commentaire

Aperçu & Thème Central

Ce hadith, rapporté par l'imam Ibn Majah (Sunan Ibn Majah 738), résume une incitation spirituelle profonde : le fait de construire une mosquée—même aussi petite qu'un nid de moineau—uniquement pour l'agrément d'Allah garantit une maison au Paradis. Le thème central est la valeur immense des contributions sincères et humbles à l'adoration d'Allah, quelle que soit leur échelle. Il recadre la grandeur architecturale comme secondaire par rapport à l'intention (niyyah) et à l'accessibilité, enseignant que même le plus petit espace dédié à la prière communautaire a un poids éternel. Cela s'aligne sur le principe coranique selon lequel les actions sont jugées par leur sincérité et leur but, et non par leur ampleur apparente (cf. Coran 98:5).

Contexte & Aperçus Linguistiques

Le hadith a été rapporté dans le contexte des premières communautés musulmanes où les mosquées étaient souvent des structures simples, parfois pas plus que des zones ombragées ou de petites pièces. L'expression arabe "مثل مفحص قطاة" (mithla mafhash qatah) signifie littéralement "comme le lieu de nidification d'un ganga"—une petite dépression peu profonde dans le sol où l'oiseau pond ses œufs. Cette comparaison souligne le minimalisme et l'humilité. Le mot "مفحص" (mafhash) dérive de "fahasa", signifiant gratter ou creuser, mettant en évidence un espace modeste et sans prétention. Le conditionnel "pour l'agrément d'Allah" (ibtigha'a wajh Allah) est crucial, excluant toute ostentation ou montre (riya'). Les savants notent le parallèle de ce hadith dans Sahih al-Bukhari (450) et Sahih Muslim (533), avec de légères variations de formulation, confirmant son authenticité (sahih).

Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques

  • Règle Jurisprudentielle : Construire une mosquée est une obligation communautaire (fard kifayah) lorsque c'est nécessaire, mais ce hadith l'élève à un acte surérogatoire de grande récompense, applicable aux individus qui contribuent même avec une petite parcelle de terrain ou des fonds.
  • Sincérité comme Condition : L'expression "pour l'agrément d'Allah" souligne que la récompense dépend d'une intention pure, exempte de gain mondain ou de réputation. C'est un principe éthique fondamental, comme le réitère le hadith "Les actions ne valent que par les intentions" (Bukhari & Muslim).
  • Inclusivité et Accessibilité : L'analogie du nid de moineau implique que les petites mosquées locales dans les quartiers, les lieux de travail, ou même les prisons sont valides et récompensées, démocratisant l'acte d'adoration au-delà des projets architecturaux grandioses.
L'imam An-Nawawi (Sharh Sahih Muslim) a déclaré : "Ce hadith indique la vertu de construire des mosquées, même petites, et que la récompense n'est pas conditionnée par la taille, mais par la sincérité du bâtisseur. Il implique également que quiconque facilite un lieu pour l'adoration d'Allah, Allah lui facilitera une place au Paradis."

Vie Quotidienne & Application Spirituelle

Dans la vie contemporaine, ce hadith inspire les musulmans à contribuer à l'établissement d'espaces de prière dans divers contextes—convertir une pièce de sa maison en musalla, faire un don pour construire une mosquée dans une zone mal desservie, ou soutenir des installations de prière temporaires dans les écoles, les hôpitaux ou les centres communautaires. Il encourage également les initiatives à l'ère numérique, comme financer des plateformes coraniques en ligne ou des halaqas virtuelles, qui servent de "nids" métaphoriques pour la croissance spirituelle. Pratiquement, on doit s'assurer que les contributions sont faites avec ihsan (excellence) et humilité, en évitant toute trace d'orgueil. La promesse d'une "maison au Paradis" sert de motivation quotidienne pour rechercher l'agrément d'Allah à travers des actes de service petits et constants, en se rappelant qu'Allah multiplie les récompenses au-delà de toute mesure humaine (Coran 2:261).