La supériorité de Lailat-ul-Qadr (la nuit du décret) Riyad as-Salihin 1191

Texte arabe du hadith
وعن عائشة رضي الله عنها، قالت‏:‏ كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يجاور في العشر الأواخر من رمضان، ويقول‏:‏ ‏"‏تحروا ليلة القدر في العشر الأواخر من رمضان‏"‏ ‏(‏‏(‏متفق عليه‏)‏‏)‏ ‏.‏
Traduction
'Aïcha (qu’Allah l’agrée) a rapporté

Le Messager d’Allah (ﷺ) avait l’habitude de s’isoler (dans la mosquée) pendant les dix dernières nuits du Ramadan. Il disait : « Cherchez Lailat-ul-Qadr (Nuit du Décret) dans les dix dernières nuits du Ramadan. » [Al-Bukhari et Muslim].

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté dans Riyad as-Salihin (1191) sous le Livre des Vertus, résume la dévotion intense du Prophète ﷺ durant les dix dernières nuits de Ramadan, une période marquée par la recherche de Laylat-ul-Qadr, la Nuit du Décret. Le thème central est l'intensification stratégique de l'adoration—retraite spirituelle (I'tikaf), prière nocturne et invocation—comme moyen de saisir la nuit la plus bénie de l'année, que le Coran déclare « meilleure que mille mois » (97:3). L'ordre explicite du Prophète ﷺ de « chercher » transforme cette nuit d'un espoir passif en une quête active et disciplinée, soulignant la vertu de la persévérance et d'une vigilance accrue alors que Ramadan atteint son point culminant.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith rapporte la pratique établie du Prophète ﷺ (Sunnah) de s'isoler dans la mosquée (I'tikaf) durant les dix dernières nuits, tradition continuée par ses épouses après sa mort (Bukhari). Le verbe arabe « taharraw » (تحروا), traduit par « chercher », dérive de la racine « taharrā » (تحرى), signifiant déployer des efforts pour chercher avec diligence et précision—non pas une recherche aléatoire, mais une investigation délibérée et ciblée. « Laylat-ul-Qadr » combine « laylah » (nuit) et « qadr » (décret, honneur ou mesure), signifiant la nuit où les décrets divins sont envoyés et où le Coran a été révélé pour la première fois. L'expression « les dix dernières nuits » (al-ashr al-awakhir) indique les dix dernières, avec un accent sur les nuits impaires (21, 23, 25, 27, 29) comme les plus probables, comme précisé dans d'autres narrations. La déclaration du Prophète ﷺ était à la fois instructive et motivante, exhortant ses compagnons à imiter sa vigilance, surtout lorsqu'il intensifiait son adoration ces nuits-là, serrant sa ceinture (métaphore de la dévotion) et réveillant sa famille pour la prière.

Principales perspectives savantes et bénéfices juridiques

  • Vertu de l'I'tikaf : Le hadith établit la Sunnah de l'isolement dans la mosquée durant les dix dernières nuits, un acte recommandé (Mustahabb) pour les hommes et les femmes, se concentrant sur l'adoration et le détachement des affaires mondaines, comme pratiqué par le Prophète ﷺ et ses épouses.
  • Certitude de l'existence de Laylat-ul-Qadr : L'ordre de « chercher » affirme l'existence de la nuit et son voilement, une sagesse divine encourageant une adoration soutenue tout au long de la période plutôt qu'une seule nuit, comme l'a noté l'imam An-Nawawi.
  • Règle jurisprudentielle : Les savants déduisent que les dix dernières nuits sont les plus vertueuses pour chercher Laylat-ul-Qadr, les nuits impaires ayant la priorité, et que l'I'tikaf exige l'intention, le séjour dans la mosquée et la pureté—bien que les conditions détaillées varient selon les écoles.
« Le Prophète ﷺ s'efforçait dans l'adoration durant les dix dernières nuits plus qu'à tout autre moment, et il réveillait sa famille, espérant attraper Laylat-ul-Qadr. La sagesse de la voiler est d'encourager la diligence toutes les nuits, tout comme l'heure du vendredi est voilée. » — Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim

Vie quotidienne et application spirituelle

Pour le musulman contemporain, ce hadith est un appel à un investissement spirituel stratégique : alors que la fin de Ramadan approche, on ne doit pas se relâcher mais plutôt amplifier la dévotion—prier des unités supplémentaires (Tahajjud), réciter le Coran avec réflexion, faire des invocations abondantes (du'a) et donner l'aumône. Pratiquement, on peut créer un « I'tikaf » personnel en minimisant les distractions, en consacrant des heures spécifiques à l'adoration et en impliquant la famille dans les prières nocturnes, surtout les nuits impaires. La « recherche » de Laylat-ul-Qadr nous enseigne à aborder l'adoration avec intention et urgence, non avec complaisance, et à intérioriser l'invocation recommandée par le Prophète ﷺ : « Allahumma innaka 'afuwwun tuhibbul-'afwa fa'fu 'anni » (Ô Allah, Tu es Pardonneur, et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi). Cette nuit offre une opportunité unique de renaissance spirituelle—une chance de réinitialiser sa relation avec Allah par un repentir sincère, la gratitude et un engagement renouvelé envers les bonnes actions, portant la lumière de ces nuits dans le reste de l'année.