Jami` at-Tirmidhi 2504
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ سَعِيدٍ الْجَوْهَرِيُّ، حَدَّثَنَا أَبُو أُسَامَةَ، حَدَّثَنَا بُرَيْدُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِي بُرْدَةَ، عَنْ أَبِي مُوسَى، قَالَ سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلمأَىُّ الْمُسْلِمِينَ أَفْضَلُ قَالَ " مَنْ سَلِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ لِسَانِهِ وَيَدِهِ " . هَذَا حَدِيثٌ صَحِيحٌ غَرِيبٌ مِنْ هَذَا الْوَجْهِ مِنْ حَدِيثِ أَبِي مُوسَى
Traduction
Abou Moussa a dit
« On a demandé au Messager d’Allah (s.a.w) : « Lequel des musulmans est le plus vertueux ? » Il a dit : « Celui que les musulmans ont sauvé de sa langue et de sa main. »
Aperçu & Thème Central
Ce hadith profond, rapporté par l'imam At-Tirmidhi dans les chapitres sur le Jour du Jugement, Ar-Riqaq (les affaires qui attendrissent les cœurs) et Al-Wara' (la piété scrupuleuse), résume l'essence même de l'éthique sociale islamique et de l'excellence spirituelle. Le Prophète ﷺ a été interrogé sur le musulman le plus vertueux, et sa réponse redirige la question des actes d'adoration apparents vers la sécurité et le bien-être des autres. Le thème central est que la vraie vertu (fadl) en Islam n'est pas mesurée par l'intensité rituelle seule, mais par le degré auquel les paroles et les actions d'une personne apportent paix, sécurité et harmonie à la communauté. Le hadith établit un principe fondamental : la foi d'un musulman est incomplète si sa langue ou sa main cause du tort aux croyants. Cet enseignement relie la relation individuelle avec Allah et la responsabilité envers l'humanité, faisant de la sécurité sociale un reflet direct de la maturité spirituelle.
Contexte & Aperçus Linguistiques
Le hadith a été rapporté en réponse à une question directe, probablement posée par un Compagnon cherchant à comprendre la forme la plus élevée d'excellence en Islam. La réponse du Prophète ﷺ fut immédiate et définitive, indiquant l'importance de ce principe. Linguistiquement, les termes clés sont : al-Muslim (celui qui se soumet à Allah), afdal (le plus vertueux/excellent), salima (être en sécurité, à l'abri du mal), lisan (langue, représentant la parole), et yad (main, représentant l'action). La phrase salima al-Muslimun min lisanihi wa yadihi utilise le verbe salima au passé, impliquant un état de sécurité continu qui a été établi. L'association de la langue et de la main couvre toutes les formes de préjudice—verbal (calomnie, médisance, insultes, mensonge) et physique (violence, vol, oppression). L'utilisation de l'article défini dans al-Muslim met l'accent sur la communauté collective, tandis que le pronom singulier ihi (sa) souligne la responsabilité individuelle. L'imam Ibn Rajab al-Hanbali a noté que ce hadith priorise la prévention du mal sur l'acquisition du bien, car la sécurité est le fondement sur lequel toutes les vertus sociales sont bâties.
Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques
Vie Quotidienne & Application Spirituelle
Dans notre monde contemporain, où la parole est amplifiée par les médias sociaux et où les actions sont souvent anonymes, ce hadith sert de boussole morale critique. Pratiquement, un musulman devrait : (1) garder sa langue en s'abstenant de médisance, de moquerie, de critique dure et de propagation de fausses informations, surtout en ligne où les mots peuvent atteindre des millions ; (2) contrôler ses mains en évitant les dommages physiques, l'agression injuste et toute forme d'exploitation économique ou de fraude ; (3) utiliser proactivement la langue et la main pour le bien—parler avec bienveillance, offrir de l'aide et défendre les opprimés. Cet enseignement exige un passage d'une piété centrée sur soi à une droiture centrée sur la communauté. Avant de parler ou d'agir, un croyant devrait se demander : "Cela apportera-t-il la sécurité ou le mal à autrui ?" En incarnant cette guidance prophétique, un musulman atteint non seulement la vertu aux yeux d'Allah, mais devient aussi une manifestation vivante de la paix de l'Islam, gagnant la confiance et l'amour de la société. C'est le chemin de l'Ihsan—l'excellence dans l'adoration et l'excellence dans les relations humaines, unifiées dans le caractère du croyant.