Ce qui a été relaté à propos de l’abus verbal du musulman, c’est la désobéissance, et le combattre est l’incrédulité Jami` at-Tirmidhi 1983

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مَحْمُودُ بْنُ غَيْلاَنَ، حَدَّثَنَا وَكِيعٌ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ زُبَيْدِ بْنِ الْحَارِثِ، عَنْ أَبِي وَائِلٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ سِبَابُ الْمُسْلِمِ فُسُوقٌ وَقِتَالُهُ كُفْرٌ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ زُبَيْدٌ قُلْتُ لأَبِي وَائِلٍ أَأَنْتَ سَمِعْتَهُ مِنْ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ نَعَمْ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ
Traduction
'Abdullah bin Mas’ud a rapporté que le Messager d’Allah a dit

« Maltraiter verbalement le musulman est de la désobéissance et le combattre est de l’incrédulité. » Zubaid a déclaré : « J’ai dit à Abu Wa’il : 'L’as-tu entendu de 'Abdullah ?' Il a dit : 'Oui'.

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam At-Tirmidhi dans les chapitres sur la droiture et le maintien des bonnes relations avec les proches, établit une frontière fondamentale pour l'harmonie intérieure de la communauté musulmane. Le Prophète ﷺ déclare que l'insulte verbale envers un musulman constitue un acte de désobéissance (fisq), tandis que le combat physique contre lui atteint le niveau de la mécréance (kufr). Le thème central est le caractère sacré de l'honneur, de la vie et des biens du musulman, et les graves conséquences spirituelles de la violation de ces limites sacrées. Cet enseignement sert de cadre éthique complet, mettant en garde à la fois contre l'agression de la langue et la violence de la main, préservant ainsi l'unité et la fraternité de la Oumma.

Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith a été rapporté par 'Abdullah ibn Mas'ud (qu'Allah l'agrée), et la chaîne est authentifiée par le témoignage de Zubaid, qui a confirmé d'après Abu Wa'il qu'il l'a entendu directement d'Ibn Mas'ud. Le terme arabe utilisé pour "insulter verbalement" est sibab (سِبَاب), qui englobe le fait d'insulter, de vilipender ou de maudire une autre personne. Le mot fisq (فِسْق) désigne la désobéissance qui fait sortir du chemin de l'obéissance à Allah, sans nécessairement sortir de l'Islam. Le terme qital (قِتَال) signifie combat ou lutte, et la déclaration selon laquelle c'est kufr (كُفْر) est comprise par la majorité des savants comme signifiant "un acte de kufr" ou "un trait des mécréants", et non que l'auteur quitte complètement l'Islam, à moins qu'il ne considère ce combat comme licite. Cette précision linguistique est cruciale pour comprendre la gravité sans tomber dans les extrêmes du takfir (déclarer quelqu'un apostat).

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • L'interdiction de l'insulte verbale est absolue ; même si l'autre personne est un pécheur, l'insulter est interdit, comme le Prophète ﷺ a dit : "Le musulman est sacré pour un autre musulman : son sang, ses biens et son honneur."
  • Combattre un musulman sans cause légitime est un péché grave qui ressemble aux actions des mécréants ; la majorité des savants (jumhur) interprètent "kufr" ici comme "kufr d'action" (kufr 'amali), pas comme une apostasie, conformément à l'avis qu'un musulman qui combat un autre ne quitte pas l'Islam à moins qu'il ne déclare l'acte licite.
  • Ce hadith souligne le principe de la protection de l'harmonie sociale et l'interdiction de la transgression (baghy) au sein de la communauté musulmane, ce qui est une maxime juridique fondamentale dans la jurisprudence islamique (fiqh) concernant l'ordre public et les droits individuels.
"L'imam An-Nawawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a commenté : 'Le sens de "le combattre est une mécréance" est que c'est un grand péché et ressemble aux actions des mécréants, car le Prophète ﷺ a dit : "Ne revenez pas à la mécréance après moi, en frappant les cous les uns des autres." Cela indique qu'un tel combat est un trait de mécréance, pas une sortie de la religion.'"

Application quotidienne et spirituelle

Dans nos interactions quotidiennes, ce hadith appelle à une vigilance constante sur nos langues et nos actions. Avant de prononcer une parole dure, une remarque sarcastique ou une étiquette dégradante envers un autre musulman, nous devons faire une pause et nous rappeler qu'un tel discours est un acte de désobéissance qui érode notre propre foi et le tissu de la communauté. De même, dans les moments de colère ou de conflit, nous devons résister à l'envie d'escalader les confrontations physiques, sachant que lever la main contre un croyant est une marque de mécréance en action. L'application pratique consiste à cultiver une culture de respect, de pardon et de retenue—choisir le silence en cas de colère, rechercher la réconciliation en cas de tort, et toujours se rappeler que chaque musulman est un frère ou une sœur dont l'honneur est sacré. En incarnant cet enseignement, nous nous protégeons non seulement du mécontentement divin, mais nous construisons aussi une société enracinée dans la miséricorde et la dignité mutuelle, reflétant l'excellence (Ihsan) que le Prophète ﷺ a incarnée.