حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَقُولُوا لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ فَإِذَا قَالُوهَا مَنَعُوا مِنِّي دِمَاءَهُمْ وَأَمْوَالَهُمْ إِلاَّ بِحَقِّهَا وَحِسَابُهُمْ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى ‏"‏ ‏.‏
Traduction
Rapporté par Anas ibn Malik

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre avec les hommes jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, et que Mohammed est Son serviteur et Son Apôtre, fais face à notre qiblah (direction de la prière), mange ce que nous abattons et prie comme nous. Lorsqu’ils font cela, leur vie et leurs biens nous sont illicites, sauf ce qui leur est dû. Ils auront les mêmes droits que les musulmans, et auront les mêmes responsabilités que les musulmans.

Comment

Texte et Contexte du Hadith

Le Prophète (ﷺ) a dit : "Il m'est ordonné de combattre les hommes jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il n'y a de dieu qu'Allah, et que Muhammad est Son serviteur et Son Apôtre, qu'ils fassent face à notre qiblah (direction de la prière), qu'ils mangent ce que nous abattons, et qu'ils prient comme nous. Lorsqu'ils font cela, leur vie et leurs biens nous sont interdits, sauf ce qui leur est dû. Ils auront les mêmes droits que les musulmans et les mêmes responsabilités que les musulmans."

Référence : Sunan Abi Dawud 2641 | Livre : Jihad (Kitab Al-Jihad)

Commentaire Savant

Ce hadith établit le principe fondamental que l'objectif principal de l'engagement militaire islamique n'est pas l'expansion territoriale ou la conversion forcée, mais l'établissement de la liberté religieuse et la suppression des obstacles empêchant les gens d'accepter l'islam. Les combats continuent jusqu'à ce que les gens soient libres d'attester de l'unicité d'Allah et de la prophétie de Muhammad sans persécution.

Les conditions mentionnées - faire face à la qiblah, manger de la viande correctement abattue et prier comme les musulmans - indiquent que l'intégration complète dans la communauté musulmane nécessite à la fois une croyance correcte (iman) et une pratique correcte (islam). Ces manifestations extérieures démontrent une acceptation authentique des enseignements islamiques.

La protection de la vie et des biens mentionnée ici se réfère au principe juridique islamique selon lequel, une fois que les non-combattants acceptent la règle islamique et paient la jizyah (si applicable), ils reçoivent une protection complète (dhimma) de l'État musulman. Leurs droits et responsabilités deviennent égaux à ceux des citoyens musulmans, établissant une société multi-religieuse sous gouvernance islamique.

Implications Juridiques

Les savants classiques interprètent ce hadith comme définissant les causes légitimes du jihad : supprimer la persécution (fitnah) et établir la liberté religieuse, et non forcer la conversion. Ibn Taymiyyah a souligné que le combat n'est permis que contre ceux qui s'opposent activement à l'établissement de la gouvernance islamique et de la liberté religieuse.

La phrase "sauf ce qui leur est dû" se réfère aux obligations légales comme le prix du sang (diyah) ou les jugements de tribunal qui pourraient exiger une compensation financière, montrant que la loi islamique protège tout le monde également, quelle que soit la foi, une fois qu'ils acceptent la règle musulmane.

Application Historique

Tout au long de l'histoire islamique, ce principe a guidé les conquérants musulmans dans leur traitement des peuples conquis. Les non-musulmans qui acceptaient la règle islamique se voyaient accorder un statut protégé (dhimmi) avec des droits garantis de pratiquer leur religion, la protection de leurs lieux de culte et l'autonomie dans les affaires personnelles.

Ce hadith démontre la reconnaissance par l'islam du pluralisme religieux au sein d'un État islamique, où différentes communautés religieuses coexistent avec des droits et responsabilités mutuels sous la protection de la loi islamique.