حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، عَنْ مَالِكٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، - رضى الله عنها - قَالَتْ كَانَ يَوْمُ عَاشُورَاءَ يَوْمًا تَصُومُهُ قُرَيْشٌ فِي الْجَاهِلِيَّةِ وَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَصُومُهُ فِي الْجَاهِلِيَّةِ فَلَمَّا قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم الْمَدِينَةَ صَامَهُ وَأَمَرَ بِصِيَامِهِ فَلَمَّا فُرِضَ رَمَضَانُ كَانَ هُوَ الْفَرِيضَةَ وَتُرِكَ عَاشُورَاءُ فَمَنْ شَاءَ صَامَهُ وَمَنْ شَاءَ تَرَكَهُ ‏.‏
Traduction
'Aïcha a dit

Les Qurayshites avaient l’habitude de jeûner le jour de l’Achoura à l’époque préislamique. Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) jeûnait dessus à l’époque préislamique. Lorsque le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) est venu à Médine, il a jeûné dessus et a ordonné de jeûner dessus. Lorsque le jeûne du Ramadan a été prescrit, il est devenu obligatoire, et (le jeûne) 'Ashurah a été abandonné. Celui qui le souhaite peut y jeûner et celui qui le souhaite peut le quitter.

Comment

Contexte historique du jeûne de l'Achoura

La tribu des Quraych, étant des descendants du prophète Ibrahim (Abraham), a maintenu certains vestiges de ses enseignements monothéistes purs, y compris le jeûne le jour de l'Achoura (10 Muharram). Cette pratique a été préservée à travers les générations, bien que mélangée avec des innovations polythéistes au fil du temps.

Le prophète Muhammad (ﷺ), même avant la révélation, a reconnu la valeur spirituelle de cette pratique et l'a maintenue, démontrant son inclination innée vers les bonnes actions et sa préservation des pratiques corrompues de l'ignorance pré-islamique (Jahiliyyah).

Transition vers Médine et développement législatif

Lors de la migration vers Médine, le Prophète (ﷺ) a continué cette pratique et en a ordonné l'observance, l'établissant comme une Sunna confirmée. Cette période représente un stade intermédiaire dans la législation islamique où certaines pratiques vertueuses ont été incorporées tandis que d'autres ont été abrogées.

Les savants notent que le jeûne de l'Achoura pendant cette période portait un mérite significatif et était fortement souligné, certains rapports indiquant l'intention du Prophète de le rendre obligatoire.

Abrogation et décision finale

Avec la prescription divine du jeûne du Ramadan la deuxième année après l'Hégire, la nature obligatoire du jeûne de l'Achoura a été abrogée. Cela démontre le principe de la révélation progressive dans la loi islamique, où les décisions antérieures sont parfois remplacées par des décisions ultérieures plus complètes.

La décision finale, telle qu'établie dans ce hadith, rend le jeûne de l'Achoura recommandé (mustahabb) mais non obligatoire. La phrase "celui qui le souhaite peut jeûner ce jour et celui qui le souhaite peut s'en abstenir" indique la permission des deux actions, le jeûne étant supérieur.

Commentaires savants et bienfaits

L'imam Ibn Qudamah al-Maqdisi déclare : "Le jeûne de l'Achoura expie les péchés de l'année précédente, comme établi dans les traditions authentiques. Bien qu'abrogé en tant qu'obligation, son mérite reste immense."

Al-Nawawi commente : "La sagesse de maintenir cette pratique après l'abrogation réside dans la préservation du lien avec les prédécesseurs vertueux et l'obtention des récompenses spécifiques mentionnées dans les traditions prophétiques."

Les savants recommandent de jeûner soit le 9 et le 10, soit le 10 et le 11 de Muharram pour se distinguer de la pratique juive, suivant l'instruction du Prophète de différer des Gens du Livre en matière d'adoration.