Alqama a dit : J'accompagnais Abdullah ibn Masud à Mina lorsque Uthman l'a rencontré et s'est entretenu avec lui en privé. Lorsque Abdullah a constaté qu'il n'y avait pas lieu d'avoir un entretien privé, il m'a dit : « Viens, ô Alqama ! » Je suis donc venu, et Uthman lui a dit : « Ne pourrions-nous pas te marier, ô Abu Abd al-Rahman, à une jeune fille vierge, afin que te revienne peut-être ce que tu avais l'habitude de ressentir en toi-même ? » Abdullah a répondu : « Si tu dis cela, j'ai certes entendu le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dire : « Quiconque parmi vous a la capacité d'entretenir une épouse, qu'il se marie, car cela baisse le regard et préserve la pudeur. Et quiconque ne le peut pas, qu'il jeûne, car cela lui sera une protection. »
Mariage (Kitab Al-Nikah) - Sunan Abi Dawud 2046
Cette narration d'Abdullah bin Mas'ud (qu'Allah soit satisfait de lui) par Alqamah présente une sagesse profonde concernant le mariage en Islam. L'échange entre Uthman et Abdullah démontre la préoccupation mutuelle des compagnons pour le bien-être spirituel et physique les uns des autres.
Commentaire savant
La suggestion d'Uthman à Abdullah bin Mas'ud d'épouser une jeune femme reflète le principe islamique selon lequel le mariage revitalise l'état spirituel et physique d'une personne. Le terme « pouvoir que vous avez perdu » fait référence à la fois à la vitalité physique et à la force spirituelle que le mariage peut restaurer par une intimité légale.
La réponse d'Abdullah avec l'enseignement du Prophète établit le mariage comme une protection divinement prescrite pour le croyant. L'expression « vous empêche de regarder des femmes étrangères » indique que le mariage protège le regard, tandis que « préserve des rapports illicites » protège les parties intimes - deux aspects fondamentaux de la chasteté en Islam.
La nature conditionnelle de cette règle - « ceux d'entre vous qui peuvent subvenir aux besoins d'une épouse » - démontre l'approche pratique de l'Islam. La capacité financière est un prérequis, empêchant les difficultés pour les deux époux. Pour ceux qui ne peuvent pas se marier, le jeûne sert de discipline spirituelle efficace pour contrôler les désirs, comme le Prophète l'a décrit comme un bouclier.
Règlements juridiques dérivés
Le mariage est fortement recommandé (mustahabb) pour ceux qui ont des moyens financiers car il protège la chasteté.
La capacité financière (nafaqah) est une condition nécessaire au mariage pour assurer la dignité et la stabilité.
Le jeûne sert de pratique spirituelle alternative pour ceux qui ne peuvent pas se marier, fonctionnant comme un moyen de contrôler le désir sexuel.
Le conseil mutuel des compagnons en matière religieuse illustre la responsabilité collective que les musulmans ont envers le bien-être spirituel les uns des autres.