J’ai fait remarquer à 'Umar al-Khattab : « Avez-vous vu l’abrégement de la prière par les gens aujourd’hui alors qu’Allah a dit : « Si vous craignez que ceux qui sont des infidèles ne vous affligent », alors que ces jours sont révolus maintenant ? Il répondit : « Je me suis interrogé sur la même question que vous. J’en ai donc parlé au Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم). Il dit : « C’est un acte de charité qu’Allah vous a fait, alors acceptez sa charité.
Commentaire du Hadith : Sunan Abi Dawud 1199
Cette narration de 'Umar ibn al-Khattab aborde la pratique continue de raccourcir les prières pendant le voyage (qasr) même après que la circonstance initiale de peur ait disparu. Le questionneur exprime une confusion quant au maintien de cette pratique lorsque le verset coranique mentionnant la peur des ennemis ne s'appliquait plus.
Analyse de la Règle Légale
La réponse du Prophète établit que le qasr al-salat (raccourcissement des prières) reste une concession permanente pour les voyageurs, non limitée aux périodes de danger. Cette règle est confirmée par le consensus (ijma') des savants.
Les prières de quatre unités (Dhuhr, 'Asr, 'Isha') sont réduites à deux unités pendant le voyage, tandis que Maghrib (trois unités) et Fajr (deux unités) restent inchangées. Cette concession s'applique lors d'un voyage sur la distance prescrite (environ 48 miles/77 km selon la plupart des savants).
Sagesse Divine
La description de cette règle par le Prophète comme « une charité d'Allah » souligne que la loi islamique cherche la facilité pour la oummah, et non la difficulté. Cela reflète le principe coranique : « Allah veut pour vous la facilité, et Il ne veut pas pour vous la difficulté » (2:185).
Cette concession divine démontre la miséricorde et la praticité de la législation islamique, accommodant les circonstances humaines tout en maintenant l'essence de l'adoration.
Interprétation Savante
L'imam al-Nawawi commente que ce hadith prouve que le raccourcissement de la prière est une sunna confirmée, non abrogée par la disparition de la raison initiale. La règle demeure une miséricorde divine perpétuelle.
Ibn al-Qayyim note qu'accepter les concessions d'Allah fait partie de la gratitude, car rejeter la facilité permise peut mener à l'extrémisme contraire à l'approche islamique équilibrée.