La Khutbah le jour de l’Aïd Sunan Abi Dawud 1142
J'atteste au sujet d'Ibn Abbas, et Ibn Abbas a attesté au sujet du Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) qu'il est sorti le jour de la fête de la rupture du jeûne, a prié, puis a prononcé le sermon, puis s'est rendu auprès des femmes alors que Bilal était avec lui.
Ibn Kathir a dit : Le maximum de la science de Shu'bah est qu'il leur a ordonné de faire l'aumône, et elles se mirent à jeter [leurs bijoux].
🎯 Aperçu et thème central
Ce hadith de Sunan Abi Dawud (1142) capture le modèle prophétique de la réunion de l'Aïd (fête), illustrant l'équilibre parfait entre adoration, leadership et soin social. Le Messager d'Allah (ﷺ) a commencé par la prière de l'Aïd avant le sermon, établissant une Sunna permanente, puis s'est tourné pour s'adresser séparément aux femmes—accompagné de Bilal (qu'Allah soit satisfait de lui)—leur ordonnant de faire l'aumône (sadaqah). Le thème central est la nature globale de l'adoration islamique : elle ne se limite pas à la prière rituelle mais s'étend à la compassion communautaire, en particulier envers ceux qui peuvent se sentir marginalisés, et elle souligne l'importance de purifier la richesse comme moyen d'élévation spirituelle.
📖 Contexte et perspectives linguistiques
Le hadith est rapporté par Ibn 'Abbas (qu'Allah soit satisfait de lui) et se situe dans le contexte de la période médinoise précoce lorsque le Prophète (ﷺ) a institutionnalisé les deux célébrations annuelles de l'Aïd (al-Fitr et al-Adha). Le terme "Khutbah" (sermon) suit ici la prière, une séquence plus tard confirmée par le consensus des savants. L'expression "fa-ja'alna yulqina" (elles ont commencé à jeter/laisser tomber) fait référence aux femmes donnant avec empressement leurs bijoux—bagues, boucles d'oreilles et colliers—comme sadaqah. Linguistiquement, "amara-hunna" (il leur a ordonné) montre une directive prophétique directe, tandis que "Bilal" (qu'Allah soit satisfait de lui) est mentionné pour montrer son rôle dans la collecte de l'aumône, soulignant l'institutionnalisation de la collecte de la zakat. Le hadith utilise également le mot "khilkhāl" (bracelet de cheville) dans d'autres narrations, indiquant l'empressement des femmes à donner même leurs ornements les plus personnels, reflétant leur confiance et leur obéissance profondes.
💎 Perspectives savantes clés et bénéfices juridiques
- La prière de l'Aïd précède le sermon—un consensus (ijma') parmi les quatre écoles de jurisprudence, basé sur ce hadith et d'autres narrations authentiques, établissant l'ordre correct de l'adoration.
- Il est permis et louable pour l'imam de délivrer une exhortation séparée aux femmes après le sermon principal, surtout lorsqu'elles ne peuvent pas pleinement entendre, reflétant le soin du Prophète (ﷺ) pour une guidance complète.
- L'aumône (sadaqah) est fortement encouragée les jours de l'Aïd, et le don des femmes de leur richesse personnelle est valide et récompensé, car le Prophète (ﷺ) l'a explicitement ordonné, montrant que la contribution financière n'est pas restreinte aux hommes.
- Le hadith démontre le principe de "takhfif" (allègement) dans le sermon pour les femmes—le garder concis mais percutant—et l'importance de nommer une personne de confiance (comme Bilal) pour collecter et distribuer l'aumône.
"Le Prophète (ﷺ) a distingué les femmes avec un sermon séparé parce qu'elles sont le fondement du foyer ; en les purifiant, il a purifié toute la société. Leur empressement à donner leurs bijoux montre la profondeur de leur foi et leur compréhension que la vraie richesse réside dans ce qui est donné pour Allah." — Imam Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari (paraphrasé).
🌱 Vie quotidienne et application spirituelle
Pour le musulman moderne, ce hadith enseigne que l'Aïd n'est pas seulement un jour de joie personnelle mais une célébration communautaire enracinée dans le souvenir d'Allah et le service aux autres. Avant de se livrer aux festivités, on doit s'assurer que la Zakat al-Fitr obligatoire est payée, puis donner volontairement une sadaqah supplémentaire—même de ses ornements ou luxes—comme moyen de purification spirituelle. Il souligne également l'importance d'un leadership inclusif : l'imam ou le leader communautaire doit veiller à ce que tous les segments de la société, en particulier les femmes et les moins privilégiés, reçoivent une guidance directe et accessible. Dans la vie quotidienne, cela se traduit par être proactif dans la charité, ne pas attendre les demandes, et reconnaître que notre richesse, notre temps et même notre beauté sont des dépôts d'Allah à partager. Le hadith inspire les croyants à cultiver un esprit de générosité, surtout lors des occasions joyeuses, et à se rappeler que le plus bel ornement est un cœur qui donne pour Allah.