Rapports sexuels avec des femmes menstruées Sunan Abi Dawud 264

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا يَحْيَى، عَنْ شُعْبَةَ، حَدَّثَنِي الْحَكَمُ، عَنْ عَبْدِ الْحَمِيدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، عَنْ مِقْسَمٍ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فِي الَّذِي يَأْتِي امْرَأَتَهُ وَهِيَ حَائِضٌ قَالَ ‏"‏يَتَصَدَّقُ بِدِينَارٍ أَوْ نِصْفِ دِينَارٍ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ أَبُو دَاوُدَ هَكَذَا الرِّوَايَةُ الصَّحِيحَةُ قَالَ ‏"‏ دِينَارٌ أَوْ نِصْفُ دِينَارٍ ‏"‏ ‏.‏ وَرُبَّمَا لَمْ يَرْفَعْهُ شُعْبَةُ
Traduction
Rapporté par Abdullah ibn Abbas

Nous a rapporté Musaddad, nous a rapporté Yahya, d'après Shu'bah, m'a rapporté al-Hakam, d'après 'Abd al-Hamid ibn 'Abd al-Rahman, d'après Miqsam, d'après Ibn 'Abbas, d'après le Prophète (ﷺ) concernant celui qui a des rapports avec sa femme alors qu'elle a ses règles : Il a dit : « Il doit donner un dinar ou un demi-dinar en aumône. »

Abou Dawoud a dit : Telle est la narration correcte, il a dit : « Un dinar ou un demi-dinar. » Et parfois, Shu'bah ne l'a pas attribué au Prophète (ﷺ).

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith traite de l'interdiction grave d'avoir des rapports sexuels avec une femme menstruée, un péché majeur en Islam. Le Prophète ﷺ prescrit une aumône expiatoire spécifique (ṣadaqah) d'un dinar ou d'un demi-dinar, servant à la fois de mesure punitive et purificatrice. Le thème central est la sainteté des limites divines (ḥudūd) concernant la pureté et la nécessité du repentir par une restitution tangible, tout en soulignant la miséricorde de la loi islamique qui offre un moyen d'expiation.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith a été rapporté en réponse à une question spécifique concernant un homme qui avait commis cet acte, cherchant une décision. Linguistiquement, "dinar" (دينار) fait référence à une pièce d'or, et "demi-dinar" (نصف دينار) indique un montant proportionnel, souvent interprété en fonction de la capacité financière du mari. Le terme "ṣadaqah" (صدقة) ici n'est pas une charité volontaire mais une expiation obligatoire (kaffārah). Abu Dawud note une variante de transmission : certains narrateurs, comme Shu'bah, ont parfois attribué cette règle directement au Prophète ﷺ (marfūʿ), tandis que d'autres l'ont rapportée comme une déclaration d'un Compagnon (mawqūf), bien que la version plus forte et établie soit celle prophétique.

Perspectives savantes clés et bénéfices juridiques

  • La règle établit que les rapports pendant la menstruation sont un péché majeur (kabīrah), nécessitant à la fois le repentir (tawbah) et une expiation financière pour purifier la transgression.
  • Les juristes divergent sur le montant exact : la majorité (y compris les Ḥanafīs, Mālikīs et Ḥanbalīs) soutient qu'un dinar complet est requis si les rapports ont lieu au début de la menstruation, et un demi-dinar si à la fin ; d'autres, comme les Shāfiʿīs, y voient une peine discrétionnaire (taʿzīr) dont le montant est laissé à la discrétion du juge.
  • Le hadith souligne le principe selon lequel les péchés impliquant la violation des limites sacrées nécessitent à la fois un repentir spirituel et une réparation pratique, reflétant la nature holistique de la loi islamique.
"Ibn Hajar al-Asqalani a dit : 'L'expiation est obligatoire pour celui qui commet cet acte, et c'est un moyen de purification et un dissuasif, car elle combine l'adoration financière avec la reconnaissance du péché.'"

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans la vie quotidienne, cet enseignement rappelle aux croyants de respecter les limites sacrées fixées par Allah, en particulier concernant l'intimité conjugale et la pureté. Il encourage les époux à communiquer ouvertement sur les règles islamiques et à chercher la connaissance avant d'agir. L'expiation sert de rappel pratique que les péchés ont des conséquences, mais aussi que la porte du repentir est toujours ouverte. Un musulman doit éviter de tels actes avec taqwā (conscience de Dieu), et si un manquement se produit, se repentir immédiatement, payer la charité prescrite, et renouveler son engagement envers l'obéissance, transformant l'erreur en une opportunité de croissance spirituelle et de dévotion accrue.