Sunan Abi Dawud

Sunan Abi Dawud 294

Ceux qui disent : Elle doit combiner deux prières et accomplir un ghusl avant les deux
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ مُعَاذٍ، حَدَّثَنَا أَبِي، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ الْقَاسِمِ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتِ اسْتُحِيضَتِ امْرَأَةٌ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَأُمِرَتْ أَنْتُعَجِّلَ الْعَصْرَ وَتُؤَخِّرَ الظُّهْرَ وَتَغْتَسِلَ لَهُمَا غُسْلاً ‏.‏ وَأَنْ تُؤَخِّرَ الْمَغْرِبَ وَتُعَجِّلَ الْعِشَاءَ وَتَغْتَسِلَ لَهُمَا غُسْلاً وَتَغْتَسِلَ لِصَلاَةِ الصُّبْحِ غُسْلاً ‏.‏فَقُلْتُ لِعَبْدِ الرَّحْمَنِ أَعَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ لاَ أُحَدِّثُكَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم بِشَىْءٍ
Traduction
Rapporté par Aïcha, Ummul Mu’minin

Une femme fut atteinte d'un flux de sang persistant à l'époque du Messager d'Allah (ﷺ), et il lui fut ordonné d'avancer la prière de l'Asr et de retarder celle du Dhuhr, et de faire un seul bain rituel pour les deux ; de retarder la prière du Maghrib et d'avancer celle de l'Icha, et de faire un seul bain rituel pour les deux ; et de faire un bain rituel pour la prière de l'Aube.

J'ai demandé à Abdur-Rahman : « Est-ce du Prophète (ﷺ) ? » Il répondit : « Je ne te rapporte rien qui ne provienne du Prophète (ﷺ). »

Commentaire

Aperçu & Thème central

Ce hadith traite de la règle jurisprudentielle pour une femme souffrant d'istihadah (saignement vaginal prolongé non menstruel), offrant une synthèse profonde de la facilitation rituelle (taysir) et de la diligence dévotionnelle. Le Prophète ﷺ lui ordonne de combiner les prières de midi et de l'après-midi avec un seul ghusl, et de même les prières du coucher du soleil et de la nuit avec un seul ghusl, tout en effectuant un ghusl séparé pour la prière de l'aube. Le thème central est l'équilibre entre le maintien de la pureté rituelle (taharah) comme condition préalable à la prière et l'atténuation des difficultés pour ceux qui souffrent de maladies chroniques—une manifestation de l'intention d'Allah : « Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion » (Coran 22:78). Cette règle souligne également la priorité de la prière (salah) comme pilier de la foi, garantissant qu'elle ne soit jamais abandonnée, même dans des circonstances difficiles.

Contexte & Aperçus linguistiques

Le hadith est rapporté par Shu'bah, qui précise que la narration est directement du Prophète ﷺ, soulignant sa chaîne de transmission autoritaire. Le terme « mustahadah » (femme avec un flux prolongé) fait référence à un saignement en dehors du cycle menstruel normal, souvent dû à une rupture de veine (al-'adhil). Linguistiquement, « istihadah » dérive de la racine « hayd » (menstruation) avec le modèle « istif'al » ajouté indiquant un état déviant ou irrégulier. L'ordre d'« avancer » (taqdim) et de « retarder » (ta'khir) reflète le concept de jam' (combinaison des prières) dans la forme, pas seulement dans le temps, permettant à la femme d'effectuer deux prières avec une seule purification. La phrase « prenez un bain pour elles une seule fois » (taghtasilu lahum ghuslan wahidan) met en évidence l'efficacité d'un seul ghusl pour plusieurs prières, contrairement au ghusl quotidien requis pour la janabah. Cette règle a été donnée dans le contexte d'une maladie chronique de la femme, où une purification quotidienne stricte imposerait une difficulté excessive—démontrant le pragmatisme juridique compatissant du Prophète ﷺ.

Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques

  • Facilitation dans les maladies chroniques : Le hadith établit le principe que ceux qui ont des impuretés continues (comme l'istihadah) sont excusés de la purification répétée, effectuant le ghusl uniquement pour les temps de prière combinés—une règle unanimement soutenue par les quatre écoles sunnites, bien qu'elles diffèrent sur le nombre de ghusls (par exemple, les Hanafites exigent un par jour, les Shafi'ites un par temps de prière).
  • Combiner les prières comme concession légale : L'ordre de combiner le zuhr avec le 'asr et le maghrib avec le 'isha' dans la forme (jam' suwari) souligne que la nécessité (darurah) permet une flexibilité procédurale, préservant la sainteté et la ponctualité du culte sans compromettre son essence.
  • La pureté comme moyen, pas une fin : Cette règle clarifie que la taharah est une condition préparatoire (shart) pour la prière, pas un acte de culte en soi ; ainsi, lorsque la purification complète est impossible, une purification partielle suffit, conformément à la maxime « les obligations sont levées en cas d'incapacité » (al-mashaqqah tajlib al-taysir).
« L'imam Ibn Qudamah (al-Mughni) déclare : "La mustahadah est comme celle qui a un saignement de nez chronique ou une incontinence urinaire—elle fait le wudu pour chaque temps de prière, et ses prières sont valides malgré l'impureté continue, car Allah n'impose pas à une âme plus qu'elle ne peut supporter." »

Application quotidienne & spirituelle

Pour les musulmans contemporains, ce hadith enseigne une résilience profonde et une confiance en la miséricorde d'Allah. Face à une maladie chronique, des limitations physiques ou des difficultés de santé mentale, le croyant est rappelé que la charia n'est pas rigide mais adaptative, offrant des voies pratiques pour maintenir le culte. On devrait consulter des savants compétents ou des sources de fatwa fiables pour appliquer ces concessions correctement, en s'assurant que la prière reste une ancre constante. Spirituellement, cette narration cultive la gratitude pour la facilité des conditions normales et l'empathie pour ceux qui souffrent de maladies chroniques—encourageant le soutien communautaire et la suppression de la stigmatisation autour de ces conditions. Elle inspire également un état d'esprit d'excellence (ihsan) : même dans la difficulté, la femme a reçu l'ordre de maintenir la séquence et le moment des prières, nous enseignant que notre dévotion doit être structurée et intentionnelle, pas aléatoire. En fin de compte, le hadith invite à réfléchir sur la sagesse divine que chaque règle, qu'elle soit stricte ou indulgente, sert la croissance spirituelle du croyant et sa proximité avec Allah.