Sunan Abi Dawud
Sunan Abi Dawud 4559
Diyah pour les membres perdus
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عَبَّاسٌ الْعَنْبَرِيُّ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الصَّمَدِ بْنُ عَبْدِ الْوَارِثِ، حَدَّثَنِي شُعْبَةُ، عَنْ قَتَادَةَ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ "الأَصَابِعُ سَوَاءٌ وَالأَسْنَانُ سَوَاءٌ الثَّنِيَّةُ وَالضِّرْسُ سَوَاءٌ هَذِهِ وَهَذِهِ سَوَاءٌ " . قَالَ أَبُو دَاوُدَ وَرَوَاهُ النَّضْرُ بْنُ شُمَيْلٍ عَنْ شُعْبَةَ بِمَعْنَى عَبْدِ الصَّمَدِ . قَالَ أَبُو دَاوُدَ حَدَّثَنَاهُ الدَّارِمِيُّ عَنِ النَّضْرِ
Traduction
Rapporté par Abdullah ibn Abbas
Le Prophète (ﷺ) a dit : Les doigts sont égaux et les dents sont égales. La dent de devant et la molaire sont égales, ceci et cela sont égaux.
Abou Dawud a dit : Nadr b. Shumail l’a transmis de Shu’bah dans le même sens que celui mentionné par 'Abd al-Samad. Abou Dawud a dit : « Al-Darimi me l’a rapporté de la part d’al-Nadr.
Aperçu et thème central
Ce hadith, rapporté dans Sunan Abi Dawud (Kitab Al-Diyat, 4559), établit le principe juridique islamique fondamental de l'égalité dans le prix du sang (diyah) pour les blessures corporelles. Le Prophète ﷺ déclare que tous les doigts—qu'il s'agisse du pouce, de l'index, du majeur, de l'annulaire ou de l'auriculaire—sont égaux en matière de compensation, et que toutes les dents—qu'il s'agisse des incisives de devant, des molaires ou de toute autre—sont égales dans leur diyah prescrite. Le thème central est la justice absolue de la loi islamique : la valeur humaine n'est pas mesurée par l'utilité physique, la beauté ou le statut social, mais par le caractère sacré du corps humain en tant que dépôt d'Allah. Cette décision élimine toutes les formes de discrimination et garantit que la compensation est déterminée par la nature de la blessure, et non par la valeur fonctionnelle ou esthétique perçue du membre, préservant ainsi la dignité de chaque personne et le principe de rétribution équitable.
Contexte et perspectives linguistiques
Le hadith a été prononcé dans le contexte des pratiques arabes pré-islamiques où le prix du sang (diyah) variait arbitrairement en fonction des coutumes tribales, du rang social ou de l'importance physique d'une partie du corps. Le Prophète ﷺ a aboli cette inégalité en légiférant une norme uniforme. Les termes arabes clés incluent : al-asabi' (الأصابع) signifiant "doigts" (pluriel de isba'), qui dans la terminologie juridique inclut les cinq doigts de la main ou du pied ; al-asnan (الأسنان) signifiant "dents" (pluriel de sinn), englobant tous les types ; al-thaniyyah (الثنية) désigne l'incisive de devant, et al-dhirs (الضرس) désigne la molaire. L'expression "هذه وهذه سواء" ("ceci et cela sont égaux") souligne l'équivalence complète en matière de compensation. Linguistiquement, la répétition met l'accent sur le fait qu'aucune distinction n'est faite entre une dent visible et une dent cachée, ou entre un doigt utilisé pour des tâches de motricité fine et un autre moins fréquemment utilisé—tous sont égaux dans leur diyah prescrite de dix chameaux par doigt et cinq chameaux par dent, comme détaillé dans d'autres narrations et ouvrages juridiques.
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Application quotidienne et spirituelle
Dans notre vie quotidienne, ce hadith enseigne des leçons profondes de justice, d'égalité et de responsabilité. Premièrement, il nous rappelle que chaque être humain, quelle que soit son apparence physique, sa capacité ou son statut social, possède une dignité inhérente qui doit être respectée et protégée. Lorsque nous interagissons avec les autres, nous devons éviter de rabaisser ou de discriminer en fonction de traits physiques, car tous sont égaux aux yeux d'Allah. Deuxièmement, le hadith nous encourage à être méticuleux dans l'accomplissement de nos obligations et de nos droits—que ce soit dans les transactions financières, les affaires familiales ou les relations communautaires—en veillant à donner aux autres ce qui leur est dû sans favoritisme ni préjugé. Spirituellement, il nous appelle à réfléchir sur le dépôt (amanah) de notre propre corps : nous devons protéger nos membres du mal et les utiliser dans l'obéissance à Allah, reconnaissant que chaque partie témoignera pour ou contre nous au Jour du Jugement. Enfin, le principe d'égalité dans la compensation nous inspire à pratiquer le pardon et la magnanimité, comme le Prophète ﷺ a dit : "Celui qui pardonne et se réconcilie, sa récompense est auprès d'Allah" (Coran 42:40). En incarnant ces valeurs, nous transformons cette décision juridique en une éthique vivante de justice, de miséricorde et d'excellence spirituelle (Ihsan).