حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ سَلامٍ، قَالَ‏:‏ حَدَّثَنَا الْفَزَارِيُّ، قَالَ‏:‏ حَدَّثَنَا قِنَانُ بْنُ عَبْدِ اللهِ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْسَجَةَ، عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ‏:‏ مَنْ مَنَحَ مَنِيحَةً أَوْ هَدَّى زُقَاقًا، أَوْ قَالَ‏:‏ طَرِيقًا، كَانَ لَهُ عَدْلُ عِتَاقِ نَسَمَةٍ‏.‏
Traduction

Abu Dharr aurait dit : « Que vous mettiez une partie de l’eau de votre seau dans le seau de votre frère est sadaqa. Vous enlevez des pierres. Les épines et les os du chemin des gens sont la Sadaqa. Guider un homme dans un endroit où il n’y a pas de guides est sadaqa.

Comment

Commentaire sur le Hadith d'Abu Dharr

Cette noble narration du compagnon estimé Abu Dharr al-Ghifari (qu'Allah soit satisfait de lui) éclaire la vaste portée de la charité (sadaqa) en Islam. Elle démontre que la sadaqa englobe bien plus que le don matériel, s'étendant aux actes de bonté, d'assistance et au fait de retirer le mal du chemin des croyants.

Le Premier Acte : Partager l'Eau

« Mettre un peu de l'eau de votre seau dans le seau de votre frère est une sadaqa. » Dans une terre aride où l'eau est la vie, cet acte simple revêt une signification profonde. Les savants expliquent que cela signifie aider les autres avec ce que l'on possède, même si cela semble insignifiant. Cela favorise la fraternité, soulage les difficultés et incarne l'enseignement prophétique selon lequel « même rencontrer votre frère avec un visage joyeux est une charité. »

Le Deuxième Acte : Débarrasser le Chemin

« Retirer les pierres, les épines et les os du chemin des gens est une sadaqa. » C'est une injonction claire à retirer le mal (darar) de la route, un acte si aimé d'Allah qu'il peut être une cause de pardon des péchés. L'imam Nawawi commente que cela inclut tout objet qui pourrait blesser des personnes ou des animaux, qu'ils soient musulmans ou non. C'est une manifestation pratique de la foi qui profite à toute la communauté.

Le Troisième Acte : Fournir des Conseils

« Guider un homme dans un endroit où il n'y a pas de guides est une sadaqa. » Ce dernier exemple élève l'assistance intellectuelle et sociale au rang d'adoration. Guider quelqu'un qui est perdu, que ce soit dans un voyage physique ou dans des questions de connaissance et de religion, est une forme de sadaqa. Ibn Hajar al-Asqalani affirme que cela inclut orienter les autres vers le bien et les avertir du mal, accomplissant ainsi l'obligation communautaire (fard kifayah) d'ordonner le bien.

Conclusion et Importance Spirituelle

Ce hadith, trouvé dans « Al-Adab Al-Mufrad 891 » de l'imam Bukhari, nous enseigne que chaque bonne action (khayr) peut être une sadaqa. Il élargit le concept de charité pour inclure toute action qui profite à une autre création d'Allah, rendant le chemin de la droiture accessible à tous, indépendamment de leur richesse. Il appelle le croyant à être une source de facilité et de bienfait pour les autres en toutes circonstances, se rapprochant ainsi du Tout-Puissant.