حَدَّثَنَا عَبْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ الْوَهَّابِ، قَالَ‏:‏ حَدَّثَنَا خَالِدُ بْنُ الْحَارِثِ، قَالَ‏:‏ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ هِشَامِ بْنِ زَيْدٍ، عَنْ أَنَسٍ، أَنَّ يَهُودِيَّةً أَتَتِ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم بِشَاةٍ مَسْمُومَةٍ، فَأَكَلَ مِنْهَا، فَجِيءَ بِهَا، فَقِيلَ‏:‏ أَلاَ نَقْتُلُهَا‏؟‏ قَالَ‏:‏ لاَ، قَالَ‏:‏ فَمَا زِلْتُ أَعْرِفُهَا فِي لَهَوَاتِ رَسُولِ اللهِ صلى الله عليه وسلم‏.‏
Traduction

Anas a rapporté qu’une femme juive a amené le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, des brebis empoisonnées. Il en mangea et elle fut amenée. On a demandé : « Ne devrions-nous pas la tuer ? » « Non », a-t-il répondu.

Comment

Le Hadith du Mouton Empoisonné

De la noble collection "Al-Adab Al-Mufrad" par l'Imam al-Bukhari, référence du Hadith : Al-Adab Al-Mufrad 243.

Narration et Contexte

Anas ibn Malik (qu'Allah soit satisfait de lui) a rapporté qu'une femme juive a apporté au Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) un mouton empoisonné. Le Messager d'Allah en a mangé, et plus tard, la femme a été amenée devant lui. Les compagnons ont demandé : "Ne devrions-nous pas la tuer ?" Le Prophète a répondu : "Non."

Commentaire Savant

Cet incident s'est produit à Khaybar après sa conquête, où une femme juive a cherché à assassiner le Prophète par empoisonnement. Les savants notent que le refus du Prophète de la tuer démontre des principes juridiques islamiques profonds. La vie du Prophète a été protégée par une intervention divine - le poison a été rendu inefficace comme un miracle.

La règle montre que la riposte (qisas) pour une tentative de meurtre n'est pas obligatoire lorsqu'aucune mort réelle ne se produit. De plus, la miséricorde du Prophète illustre l'éthique islamique du pardon même lorsqu'on a le pouvoir de riposter. Cet incident enseigne également que nous ne devons pas agir précipitamment dans la colère mais plutôt avec la délibération calme montrée par le Messager d'Allah.

Dimensions Juridiques et Éthiques

La jurisprudence islamique dérivée de ce hadith établit qu'une tentative de meurtre ne justifie pas la peine capitale si la victime survit. La patience du Prophète illustre également le caractère moral supérieur (makārim al-akhlāq) auquel les musulmans doivent aspirer - surmonter le préjudice personnel avec magnanimité.

Des narrations ultérieures indiquent que la femme a embrassé l'islam après avoir été témoin du caractère extraordinaire du Prophète, démontrant comment la miséricorde peut transformer les ennemis en croyants. Cela incarne le principe coranique : "Repousse le mal par ce qui est meilleur, et alors celui qui était ton ennemi deviendra comme un ami dévoué." (41:34)