حَدَّثَنَا أَبُو نُعَيْمٍ، قَالَ‏:‏ حَدَّثَنَا بَشِيرُ بْنُ سُلَيْمَانَ، عَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ‏:‏ كُنْتُ عِنْدَ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرٍو، وَغُلاَمُهُ يَسْلُخُ شَاةً، فَقَالَ‏:‏ يَا غُلاَمُ، إِذَا فَرَغْتَ فَابْدَأْ بِجَارِنَا الْيَهُودِيِّ، فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ‏:‏ الْيَهُودِيُّ أَصْلَحَكَ اللَّهُ‏؟‏ قَالَ‏:‏ إِنِّي سَمِعْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم يُوصِي بِالْجَارِ، حَتَّى خَشِينَا أَوْ رُئِينَا أَنَّهُ سَيُوَرِّثُهُ‏.‏
Traduction

Mujahid a dit : « J’étais avec Abdullah ibn 'Amr pendant que son esclave écorchait un mouton. Il a dit : "Mon garçon ! Quand vous avez terminé, commencez par le voisin juif. Un homme s’exclama : « Juif ? Qu’Allah vous corrige ! Il répondit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) recommander que nous traitions bien notre prochain jusqu’à ce que nous craignions (ou pensions) qu’il nous ordonne d’en faire nos héritiers. »

Comment

Voisins : Al-Adab Al-Mufrad 128

Ce récit d'Abdullah ibn Amr, enregistré dans Al-Adab Al-Mufrad de l'Imam Bukhari, démontre la nature complète des droits voisins en Islam qui transcendent les frontières religieuses.

L'Incident et Son Importance

Lorsqu'Abdullah ibn Amr a ordonné à son serviteur de prioriser son voisin juif dans la distribution de viande, son compagnon a exprimé sa surprise de montrer une telle considération à un voisin non-musulman. Cette réaction reflète une tendance humaine commune à restreindre la gentillesse à ceux de foi similaire.

La réponse d'Abdullah, fondée sur l'enseignement prophétique, a immédiatement corrigé cette compréhension limitée en soulignant que les droits voisins en Islam sont universels, et non conditionnés par l'affiliation religieuse.

L'Accent Prophétique sur les Droits Voisins

La phrase "jusqu'à ce que nous craignions qu'il nous ordonne de les faire nos héritiers" indique l'énorme accent que le Prophète a placé sur les droits des voisins. Cette expression hyperbolique souligne à quel fréquence et fortement le Messager d'Allah a insisté sur cette obligation.

Les savants expliquent que cela démontre que le droit du voisin est si lourd qu'il approche le niveau des droits de succession parmi les proches, bien qu'il n'atteigne pas littéralement ce statut légal.

Règlements Juridiques Dérivés

Les juristes islamiques déduisent de ce hadith que les voisins ont des droits à la gentillesse, à l'assistance et au partage de nourriture—surtout lors des occasions d'abattage d'animaux. Cela s'applique indépendamment de la religion du voisin.

La règle s'étend à donner des cadeaux aux voisins, vérifier leur bien-être et maintenir de bonnes relations—tous étant des obligations religieuses (wajib) en Islam plutôt que de simples actes recommandés.

Mise en Œuvre Pratique

Les musulmans sont instruits de connaître suffisamment bien leurs voisins pour comprendre leurs circonstances et besoins. L'application pratique inclut partager de la nourriture lors d'occasions festives, offrir de l'aide pendant les difficultés et maintenir une coexistence pacifique.

Cet enseignement établit un modèle pour les relations interconfessionnelles où la compassion humaine fondamentale précède les différences théologiques, créant des sociétés harmonieuses bâties sur le respect mutuel et la gentillesse.