حَدَّثَنَا عُثْمَانُ، قَالَ حَدَّثَنَا جَرِيرٌ، عَنْ مَنْصُورٍ، عَنْ مُجَاهِدٍ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ مَرَّ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم بِحَائِطٍ مِنْ حِيطَانِ الْمَدِينَةِ أَوْ مَكَّةَ، فَسَمِعَ صَوْتَ إِنْسَانَيْنِ يُعَذَّبَانِ فِي قُبُورِهِمَا، فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ يُعَذَّبَانِ، وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ ‏"‏، ثُمَّ قَالَ ‏"‏ بَلَى، كَانَ أَحَدُهُمَا لاَ يَسْتَتِرُ مِنْ بَوْلِهِ، وَكَانَ الآخَرُ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ ‏"‏‏.‏ ثُمَّ دَعَا بِجَرِيدَةٍ فَكَسَرَهَا كِسْرَتَيْنِ، فَوَضَعَ عَلَى كُلِّ قَبْرٍ مِنْهُمَا كِسْرَةً‏.‏ فَقِيلَ لَهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ ‏"‏ لَعَلَّهُ أَنْ يُخَفَّفَ عَنْهُمَا مَا لَمْ تَيْبَسَا أَوْ إِلَى أَنْ يَيْبَسَا ‏"‏‏.‏
Traduction
Rapporté par Ibn 'Abbas

Un jour, le Prophète, alors qu’il traversait l’un des cimetières de Médine ou de La Mecque, entendit les voix de deux personnes qui étaient torturées dans leurs tombes. Le Prophète (ﷺ) a dit : « Ces deux personnes sont torturées non pas pour un péché majeur (à éviter). » Le Prophète (ﷺ) ajouta alors : « Oui ! (Ils sont torturés pour un péché majeur). En effet, l’un d’eux ne s’est jamais sauvé d’être souillé par son urine tandis que l’autre se livrait à des calomnies (pour créer des inimitiés entre amis). Le Prophète (ﷺ) demanda alors une feuille verte d’un palmier dattier, la brisa en deux morceaux et en mit un sur chaque tombe. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il avait agi ainsi, il répondit : « J’espère que leur torture pourra être réduite, jusqu’à ce qu’elles soient séchées. »

Comment

Commentaire du Hadith : Le Châtiment dans la Tombe

Cette narration de Sahih al-Bukhari 216 sert d'avertissement profond concernant les péchés apparemment mineurs que de nombreux musulmans négligent. La rencontre du Prophète (ﷺ) avec les deux individus punis démontre que la justice d'Allah englobe à la fois les transgressions majeures et mineures lorsqu'elles sont commises de manière persistante sans repentir.

Analyse Savante des Péchés Mentionnés

Le premier individu a été puni pour négligence dans le nettoyage après avoir uriné. Les savants classiques soulignent que cela se réfère au fait de ne pas se purifier correctement après la miction, soit en ne se lavant pas soigneusement, soit en laissant l'urine souiller ses vêtements pendant l'acte. Cela met en lumière l'accent islamique sur la pureté rituelle (taharah) comme un aspect fondamental de la foi.

Le deuxième individu a été puni pour la nameemah (calomnie) - que les savants définissent comme la propagation de déclarations pour créer de l'inimitié entre les gens. Cela inclut de colporter des propos malveillants entre amis ou collègues pour nuire à leur relation. La gravité de ce péché réside dans ses conséquences sociales destructrices et la violation de la fraternité dans la foi.

Implications Théologiques

Ce hadith confirme la réalité du châtiment dans la tombe (adhab al-qabr), qui est un article de foi dans la doctrine islamique orthodoxe. La déclaration du Prophète "pas pour un péché majeur" puis se corrigeant indique que ces péchés, bien qu'ils ne fassent pas partie des kabair (péchés majeurs), deviennent significatifs par la persistance et l'absence de remords.

Les savants notent que l'action du Prophète de placer des feuilles de palmier vertes démontre l'intercession pour les pécheurs et la miséricorde infinie d'Allah. La nature temporaire du soulagement (jusqu'à ce que les feuilles sèchent) indique que le pardon ultime ne vient que par un repentir sincère.

Leçons Pratiques

Les musulmans doivent maintenir une vigilance sur les péchés "mineurs" qui peuvent être négligés, en particulier ceux liés à l'hygiène personnelle et à la conduite sociale. Le hadith enseigne l'importance des ablutions correctes et de la propreté, ainsi que de garder sa langue des paroles qui endommagent les relations.

Cette narration encourage également les croyants à faire des supplications pour les défunts, car l'action du Prophète illustre que les vivants peuvent bénéficier à ceux dans l'au-delà par des actions vertueuses et des prières.