La déclaration d’Allah le Très-Haut : « Quiconque fait un bien égal au poids d’un atome (ou d’une petite fourmi), le verra. » (V.99:7) Sahih al-Bukhari 4962

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، حَدَّثَنَا مَالِكٌ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ السَّمَّانِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏الْخَيْلُ لِثَلاَثَةٍ، لِرَجُلٍ أَجْرٌ، وَلِرَجُلٍ سِتْرٌ، وَعَلَى رَجُلٍ وِزْرٌ، فَأَمَّا الَّذِي لَهُ أَجْرٌ فَرَجُلٌ رَبَطَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَأَطَالَ لَهَا فِي مَرْجٍ أَوْ رَوْضَةٍ، فَمَا أَصَابَتْ فِي طِيَلِهَا ذَلِكَ فِي الْمَرْجِ وَالرَّوْضَةِ، كَانَ لَهُ حَسَنَاتٍ، وَلَوْ أَنَّهَا قَطَعَتْ طِيَلَهَا فَاسْتَنَّتْ شَرَفًا أَوْ شَرَفَيْنِ كَانَتْ آثَارُهَا وَأَرْوَاثُهَا حَسَنَاتٍ لَهُ، وَلَوْ أَنَّهَا مَرَّتْ بِنَهَرٍ فَشَرِبَتْ مِنْهُ وَلَمْ يُرِدْ أَنْ يَسْقِيَ بِهِ كَانَ ذَلِكَ حَسَنَاتٍ لَهُ فَهْىَ لِذَلِكَ الرَّجُلِ أَجْرٌ، وَرَجُلٌ رَبَطَهَا تَغَنِّيًا وَتَعَفُّفًا وَلَمْ يَنْسَ حَقَّ اللَّهِ فِي رِقَابِهَا وَلاَ ظُهُورِهَا فَهْىَ لَهُ سِتْرٌ، وَرَجُلٌ رَبَطَهَا فَخْرًا وَرِئَاءً وَنِوَاءً فَهْىَ عَلَى ذَلِكَ وِزْرٌ‏.‏ فَسُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم عَنِ الْحُمُرِ‏.‏ قَالَ ‏"‏ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَىَّ فِيهَا إِلاَّ هَذِهِ الآيَةَ الْفَاذَّةَ الْجَامِعَةَ ‏‏{‏فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ * وَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ‏}‏
Traduction
Rapporté par Abu Huraira

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Les chevaux sont gardés pour l’une des trois raisons suivantes : l’homme peut les garder (pour le sentier d’Allah) pour recevoir une récompense dans l’au-delà. un autre peut les garder comme moyen de protection ; et un troisième peut les garder pour être un fardeau pour lui. Quant à l’homme pour qui le cheval est une source de récompense, c’est lui qui l’attache pour le sentier d’Allah, et il l’attache avec une longue corde dans un pâturage ou un jardin, alors, tout ce qu’il mange ou boit dans ce pâturage ou ce jardin sera ajouté à ses bonnes actions. Et s’il rompt sa corde et saute par-dessus une ou deux collines, alors, malgré tous ses pas et son fumier, de bonnes actions seront écrites pour lui. Et s’il passe près d’une rivière et boit de son eau bien que son propriétaire n’ait pas eu l’intention de l’arroser de cette rivière, même alors, il aura de bonnes actions écrites pour lui. Ainsi, ce cheval sera (une source de) récompense pour un tel homme. Si un homme attache un cheval pour gagner sa vie et s’abstient de demander de l’aide aux autres et qu’il n’oublie pas le droit d’Allah, c’est-à-dire qu’il paie sa Zakat et la donne pour qu’elle soit utilisée dans le sentier d’Allah, alors ce cheval sera un moyen de protection pour lui. Mais si un homme l’attache par orgueil, pour se montrer et pour exciter les autres, alors ce cheval sera un fardeau (de péchés) pour lui. Ensuite, le Messager d’Allah (ﷺ) a été interrogé au sujet des ânes. Il répondit : « Rien ne m’a été révélé, si ce n’est ce verset complet qui comprend tout : « Ainsi celui qui fait un bien égal au poids d’un atome (ou d’une plus petite fourmi) le verra ; et quiconque fait un mal égal au poids d’un atome (ou d’une plus petite fourmi) le verra. (99.7-8)

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith profond, rapporté dans Sahih al-Bukhari (4962) dans le chapitre sur le commentaire coranique, éclaire le principe islamique selon lequel toutes les actions mondaines permises sont transformées en actes d'adoration uniquement en fonction de l'intention (niyyah). Le Prophète ﷺ présente les chevaux comme un microcosme de l'effort humain, démontrant que le même objet peut produire une récompense (ajr), une protection (sitr) ou un fardeau (wizr) selon le but du propriétaire. Le thème central est la nature globale de la justice d'Allah telle qu'énoncée dans la sourate Az-Zalzalah (99:7-8), où chaque poids d'atome de bien et de mal sera compté—un verset qui sert de critère ultime pour évaluer toutes les actions humaines, y compris celles impliquant des animaux et des richesses.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith a été rapporté par Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) à une époque où les chevaux étaient essentiels pour la guerre, le commerce et le transport dans la société islamique primitive. Le Prophète ﷺ catégorise la possession de chevaux en trois états spirituels distincts, utilisant les termes arabes : "ajrun" (récompense) pour ceux qui préparent des chevaux pour le jihad, "sitr" (protection/couverture) pour ceux qui les utilisent pour un gagne-pain licite tout en remplissant les droits d'Allah, et "wizr" (fardeau/péché) pour ceux qui les gardent par orgueil (fakhr) et ostentation (riya). Linguistiquement, le hadith utilise le verbe "rabata" (attacher), symbolisant l'engagement et la préparation, tandis que la description du cheval qui casse sa longe et broute librement souligne que la miséricorde d'Allah s'étend au-delà de l'intention humaine—même les bénéfices non intentionnels de ses biens sont enregistrés comme de bonnes actions. La référence finale aux ânes, où le Prophète ﷺ récite la sourate Az-Zalzalah, souligne que la responsabilité divine s'applique universellement à toutes les créatures et actions, pas seulement à celles explicitement mentionnées.

Principales perspectives savantes et bénéfices juridiques

  • L'intention comme critère : L'imam Ibn Hajar al-Asqalani dans Fath al-Bari explique que ce hadith établit le principe selon lequel les possessions mondaines deviennent des actes d'adoration lorsqu'elles sont accompagnées d'une intention sincère, citant la déclaration du Prophète ﷺ : "Les actions ne valent que par les intentions" (Bukhari et Muslim).
  • Zakat sur les chevaux : Le hadith implique que les chevaux gardés pour le commerce ou le gagne-pain sont soumis à la Zakat, tandis que ceux préparés pour le jihad en sont exempts—une règle sur laquelle la majorité des savants s'accordent, car les chevaux utilisés dans la guerre ne sont pas considérés comme des marchandises.
  • Bénéfices non intentionnels comme récompense : La description par le Prophète ﷺ du cheval buvant dans une rivière sans l'intention du propriétaire démontre que la générosité d'Allah multiplie les bonnes actions au-delà du calcul humain, encourageant les croyants à maximiser l'utilité licite de leurs richesses.
  • Responsabilité globale : La référence à la sourate Az-Zalzalah établit qu'aucune action, aussi petite soit-elle, n'échappe au jugement divin, et l'imam Al-Qurtubi note que ce verset est parmi les plus complets du Coran concernant le jugement final.
"Le cheval est un trésor pour son propriétaire s'il l'attache pour la cause d'Allah, et un voile pour lui s'il l'attache pour son gagne-pain, et un fardeau sur lui s'il l'attache par orgueil et ostentation. Ainsi, le même objet varie dans son résultat spirituel selon la variation des intentions." — Imam Ibn Rajab al-Hanbali, Jami' al-Ulum wal-Hikam

Vie quotidienne et application spirituelle

À l'époque contemporaine, ce hadith exhorte les musulmans à évaluer leur relation avec toutes les formes de richesse, de technologie et de ressources—qu'il s'agisse de véhicules, de biens immobiliers ou d'actifs numériques. Le croyant doit se demander : Est-ce pour la cause d'Allah, pour un gagne-pain licite tout en remplissant les obligations, ou pour le simple paraître et l'orgueil ? Les applications pratiques incluent l'utilisation de sa voiture pour des courses caritatives, le don d'équipement excédentaire pour le bien de la communauté, et la garantie que la Zakat est payée sur tous les actifs éligibles. Le hadith enseigne également la pleine conscience des bénédictions non intentionnelles : lorsqu'une ressource profite aux autres sans notre intention directe, nous devons reconnaître la grâce d'Allah et rester reconnaissants. De plus, le verset concluant sur le poids de l'atome appelle à une auto-réflexion constante, nous rappelant que même la plus petite bonne action—comme permettre à un animal de brouter ou partager un outil—est enregistrée, tandis que la plus petite négligence ou ostentation a des conséquences. Cette vision globale transforme la possession mondaine en une sphère de croissance spirituelle, alignant le cœur du croyant avec la sincérité (ikhlas) et l'excellence (ihsan) dans toutes les entreprises.