Parole du Prophète ﷺ : « لو كنت متخذاً خليلاً » – dit par Abou Sa'id. Sahih al-Bukhari 3667, 3668
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ بْنُ بِلاَلٍ، عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ زَوْجِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم مَاتَ وَأَبُو بَكْرٍ بِالسُّنْحِ ـ قَالَ إِسْمَاعِيلُ يَعْنِي بِالْعَالِيَةِ ـ فَقَامَ عُمَرُ يَقُولُ وَاللَّهِ مَا مَاتَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم. قَالَتْ وَقَالَ عُمَرُ وَاللَّهِ مَا كَانَ يَقَعُ فِي نَفْسِي إِلاَّ ذَاكَ وَلَيَبْعَثَنَّهُ اللَّهُ فَلَيَقْطَعَنَّ أَيْدِيَ رِجَالٍ وَأَرْجُلَهُمْ. فَجَاءَ أَبُو بَكْرٍ فَكَشَفَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَبَّلَهُ قَالَ بِأَبِي أَنْتَ وَأُمِّي طِبْتَ حَيًّا وَمَيِّتًا، وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لاَ يُذِيقُكَ اللَّهُ الْمَوْتَتَيْنِ أَبَدًا. ثُمَّ خَرَجَ فَقَالَ أَيُّهَا الْحَالِفُ عَلَى رِسْلِكَ. فَلَمَّا تَكَلَّمَ أَبُو بَكْرٍ جَلَسَ عُمَرُ. فَحَمِدَ اللَّهَ أَبُو بَكْرٍ وَأَثْنَى عَلَيْهِ وَقَالَأَلاَ مَنْ كَانَ يَعْبُدُ مُحَمَّدًا صلى الله عليه وسلم فَإِنَّ مُحَمَّدًا قَدْ مَاتَ، وَمَنْ كَانَ يَعْبُدُ اللَّهَ فَإِنَّ اللَّهَ حَىٌّ لاَ يَمُوتُ. وَقَالَ {إِنَّكَ مَيِّتٌ وَإِنَّهُمْ مَيِّتُونَ} وَقَالَ {وَمَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَمَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللَّهَ شَيْئًا وَسَيَجْزِي اللَّهُ الشَّاكِرِينَ} قَالَ فَنَشَجَ النَّاسُ يَبْكُونَ ـ قَالَ ـ وَاجْتَمَعَتِ الأَنْصَارُ إِلَى سَعْدِ بْنِ عُبَادَةَ فِي سَقِيفَةِ بَنِي سَاعِدَةَ فَقَالُوا مِنَّا أَمِيرٌ وَمِنْكُمْ أَمِيرٌ، فَذَهَبَ إِلَيْهِمْ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ وَأَبُو عُبَيْدَةَ بْنُ الْجَرَّاحِ، فَذَهَبَ عُمَرُ يَتَكَلَّمُ فَأَسْكَتَهُ أَبُو بَكْرٍ، وَكَانَ عُمَرُ يَقُولُ وَاللَّهِ مَا أَرَدْتُ بِذَلِكَ إِلاَّ أَنِّي قَدْ هَيَّأْتُ كَلاَمًا قَدْ أَعْجَبَنِي خَشِيتُ أَنْ لاَ يَبْلُغَهُ أَبُو بَكْرٍ، ثُمَّ تَكَلَّمَ أَبُو بَكْرٍ فَتَكَلَّمَ أَبْلَغَ النَّاسِ فَقَالَ فِي كَلاَمِهِ نَحْنُ الأُمَرَاءُ وَأَنْتُمُ الْوُزَرَاءُ. فَقَالَ حُبَابُ بْنُ الْمُنْذِرِ لاَ وَاللَّهِ لاَ نَفْعَلُ، مِنَّا أَمِيرٌ وَمِنْكُمْ أَمِيرٌ. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ لاَ، وَلَكِنَّا الأُمَرَاءُ وَأَنْتُمُ الْوُزَرَاءُ هُمْ أَوْسَطُ الْعَرَبِ دَارًا، وَأَعْرَبُهُمْ أَحْسَابًا فَبَايِعُوا عُمَرَ أَوْ أَبَا عُبَيْدَةَ. فَقَالَ عُمَرُ بَلْ نُبَايِعُكَ أَنْتَ، فَأَنْتَ سَيِّدُنَا وَخَيْرُنَا وَأَحَبُّنَا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم. فَأَخَذَ عُمَرُ بِيَدِهِ فَبَايَعَهُ، وَبَايَعَهُ النَّاسُ، فَقَالَ قَائِلٌ قَتَلْتُمْ سَعْدَ بْنَ عُبَادَةَ. فَقَالَ عُمَرُ قَتَلَهُ اللَّهُ.
Traduction
Rapporté par Ibn Abbas
Nous a rapporté Muslim ibn Ibrahim, nous a rapporté Wahib, nous a rapporté Ayyub, d'après Ikrimah, d'après Ibn Abbas (qu'Allah les agrée tous deux) que le Prophète ﷺ a dit : « Et si je devais prendre un ami intime de ma communauté, j'aurais pris Abou Bakr, mais [il est] mon frère et mon compagnon. »
Texte arabe : « ولو كنت متخذاً من أمتي خليلاً لاتخذت أبا بكر ولكن أخي وصاحبي »
La Disparition du Prophète et la Sagesse d'Abu Bakr
Lorsque le Messager d'Allah ﷺ est décédé, le déni initial d'Umar ibn al-Khattab démontre l'amour profond que les Compagnons avaient pour le Prophète. Sa déclaration « Allah le ressuscitera » reflète l'état émotionnel extrême qui peut submerger même les croyants les plus fermes face à une immense tribulation.
La réponse composée d'Abu Bakr illustre la clarté de la foi et la sagesse requises en leadership. Sa déclaration « Celui qui adorait Muhammad, alors Muhammad est mort, mais celui qui adorait Allah, alors Allah est Vivant et ne mourra jamais » établit le principe islamique fondamental que la prophétie est un moyen d'adorer Allah, non une fin en soi.
La Succession à Saqifah Bani Sa'ida
Le rassemblement à l'abri de Bani Sa'ida représente un moment critique de l'histoire islamique. La proposition des Ansar pour un double leadership est née d'une préoccupation sincère pour le bien-être de la communauté, reflétant leurs intentions honorables et leurs droits établis en tant qu'hôtes et soutiens de l'Islam.
La réponse diplomatique d'Abu Bakr a reconnu les vertus des Ansar tout en soulignant le rôle de leadership établi des Quraysh dans la société arabe et leur relation avec le Prophète. Cette sagesse a empêché la division et maintenu l'unité pendant cette période de transition vulnérable.
L'approbation rapide d'Umar envers Abu Bakr démontre la reconnaissance par les Compagnons de la sagesse divine dans les questions de succession. Sa déclaration « Tu es notre chef et le meilleur d'entre nous » reflète le consensus sur les qualifications supérieures d'Abu Bakr, basées sur son acceptation précoce de l'Islam, sa proximité avec le Prophète et ses qualités de leadership éprouvées.
Commentaire Savant sur l'Incident
Les savants classiques notent que cet incident établit plusieurs principes importants : la permission de la consultation (shura) dans la sélection des dirigeants, la priorité des qualifications sur l'affiliation tribale, et la nécessité d'une action rapide pour maintenir la stabilité communautaire après la mort d'un dirigeant.
Le serment d'allégeance collectif (bay'ah) à Abu Bakr représente le modèle islamique de transition pacifique du pouvoir par la consultation et le consensus, établissant un précédent pour la gouvernance musulmane future.