Sahih al-Bukhari

Sahih al-Bukhari 1427, 1428

Seuls les riches sont tenus de donner en charité
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْمَاعِيلَ، حَدَّثَنَا وُهَيْبٌ، حَدَّثَنَا هِشَامٌ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ حَكِيمِ بْنِ حِزَامٍ ـ رضى الله عنه ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏الْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِنَ الْيَدِ السُّفْلَى، وَابْدَأْ بِمَنْ تَعُولُ، وَخَيْرُ الصَّدَقَةِ عَنْ ظَهْرِ غِنًى، وَمَنْ يَسْتَعْفِفْ يُعِفَّهُ اللَّهُ، وَمَنْ يَسْتَغْنِ يُغْنِهِ اللَّهُ ‏"‏‏.‏ وَعَنْ وُهَيْبٍ، قَالَ أَخْبَرَنَا هِشَامٌ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه
Traduction
Rapporté par Hakim bin Hizam

Le Prophète (ﷺ) a dit : « La main supérieure est meilleure que la main inférieure (c’est-à-dire que celui qui donne en charité est meilleur que celui qui la prend). On devrait commencer à donner d’abord à ses dépendants. Et le meilleur objet de la charité est celui qui est donné par une personne riche (avec l’argent qui reste après ses dépenses). Et quiconque s’abstient de demander aux autres une aide financière, Allah le lui donnera et le sauvera de demander aux autres, Allah le rendra autonome.

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam al-Bukhari dans son chapitre sur la Zakat (Sahih al-Bukhari 1427, 1428), établit une hiérarchie complète du don caritatif et de la dignité financière en Islam. Le Prophète ﷺ déclare que la « main supérieure » (la main qui donne) est supérieure à la « main inférieure » (la main qui reçoit), élevant ainsi le statut du donneur tout en protégeant la dignité du receveur. Le thème central englobe trois principes essentiels : la vertu de donner plutôt que de prendre, la priorité de subvenir aux besoins de ses propres personnes à charge avant les autres, et la promesse spirituelle qu'Allah Lui-même suffira à ceux qui s'abstiennent de mendier. Cet enseignement intègre la vertu théologique (Ihsan), la responsabilité sociale et l'éthique économique en une seule guidance transformatrice pour la communauté musulmane.

Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith a été rapporté par Hakim ibn Hizam (qu'Allah soit satisfait de lui), qui a rapporté qu'il a demandé au Prophète ﷺ à propos de la charité, et ce fut la réponse. L'expression arabe « الْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِنَ الْيَدِ السُّفْلَى » (al-yad al-'ulya khayrun min al-yad al-sufla) utilise « yad » (main) métaphoriquement pour désigner le pouvoir, la générosité et le statut. « Al-'ulya » (supérieure) signifie honneur et don, tandis que « al-sufla » (inférieure) indique la réception et le besoin. Le terme « مَنْ يَسْتَعْفِفْ » (man yasta'fif) dérive de « iffah » (chasteté/restriction), signifiant s'abstenir de demander avec une maîtrise de soi digne. L'instruction du Prophète ﷺ de « commencer par vos personnes à charge » (ابدأ بمن تعول) utilise « ta'ul » de « iyal » (ceux que l'on entretient), soulignant que l'obligation familiale précède la charité générale. La phrase conclusive « يُغْنِهِ اللَّهُ » (yughnihi Allah) promet un enrichissement divin, non seulement matériel mais aussi spirituel, l'autosuffisance (al-ghina).

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Priorité jurisprudentielle : L'entretien obligatoire (nafaqah) des membres de la famille prime sur la charité volontaire (sadaqah), car remplir les droits des personnes à charge est un devoir obligatoire qui porte une récompense plus grande que le don surérogatoire.
  • Principe éthique de dignité : Le hadith établit que la retenue de demander aux autres est en soi une forme d'adoration, et la promesse d'Allah de suffisance (al-ghina) s'applique à la fois à la provision matérielle et au contentement spirituel (qana'ah).
  • Consensus classique : Les savants sont unanimes pour dire que donner la charité de la richesse excédentaire (après avoir subvenu à ses propres besoins et à ceux de sa famille) est la forme de don la plus vertueuse, car le Prophète ﷺ déclare explicitement « la meilleure charité est celle donnée par une personne aisée de ce qui reste après les dépenses ».
« La main supérieure est celle qui donne, et la main inférieure est celle qui prend. La main qui donne est meilleure car elle élève l'âme, purifie la richesse et apporte l'harmonie sociale, tandis que la main qui prend, bien que permise en cas de besoin, est une station d'humilité et de dépendance. » — Imam Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith nous appelle à devenir des donneurs proactifs plutôt que des receveurs passifs. Commencez par vous assurer que les besoins de votre famille sont satisfaits avec excellence, puis étendez la générosité aux proches, aux voisins et à la communauté plus large. Cultivez l'esprit d'« isti'faf » (retenue) en évitant les demandes inutiles aux autres, en faisant confiance à la provision d'Allah et en travaillant diligemment pour atteindre l'autosuffisance. Lorsque vous donnez, faites-le d'un lieu d'abondance et de gratitude, non seulement de l'excédent mais avec un cœur généreux qui priorise les autres sur soi. Laissez cet enseignement remodeler votre relation avec la richesse : considérez l'argent comme un dépôt d'Allah, utilisez-le pour élever votre rang en donnant, et rappelez-vous que la vraie richesse réside dans le contentement de l'âme, non dans l'accumulation de possessions. En incarnant la « main supérieure », vous bénéficiez non seulement à la société, mais vous purifiez aussi votre cœur de l'avarice et renforcez votre confiance en Allah, qui promet de suffire à ceux qui cherchent Son aide par des moyens dignes.