'Umar bin Al-Khattab a donné un cheval en charité dans le sentier d’Allah et plus tard, il l’a vu vendu sur le marché et a eu l’intention de l’acheter. Puis il alla voir le Prophète (ﷺ) et lui demanda la permission. Le Prophète a dit : « Ne reprends pas ce que tu as donné en aumône. » Pour cette raison, Ibn 'Umar n’a jamais acheté les choses qu’il avait données en aumône, et s’il avait acheté quelque chose (sans le savoir), il le donnerait à nouveau en aumône.
L'Interdiction de Reprendre la Charité
Ce récit de Sahih al-Bukhari (1489) établit un principe fondamental en droit islamique : une fois la charité donnée, elle devient la propriété du bénéficiaire et ne peut être récupérée par le donateur. L'interdiction emphatique du Prophète "Ne reprenez pas ce que vous avez donné en charité" porte le poids de la législation divine.
Commentaire Savant sur la Règle
Les savants classiques expliquent que lorsque la charité quitte la possession de quelqu'un avec l'intention de rechercher le plaisir d'Allah, elle devient un acte d'adoration conclu dont la récompense est enregistrée. Tenter de la récupérer annule le bénéfice spirituel et constitue le fait de reprendre ce qui appartient légitimement à un autre.
La sagesse derrière cette interdiction inclut la protection de la dignité des bénéficiaires, la garantie de la finalité des actes charitables et la prévention de l'utilisation de la charité comme prêts temporaires plutôt que comme dons sincères.
La Conduite Exemplaire d'Ibn Umar
L'adhésion méticuleuse du compagnon Abdullah ibn Umar à cette règle démontre le plus haut standard de scrupule (wara'). Sa pratique de redonner tout ce qu'il avait accidentellement acheté et qu'il avait précédemment donné en charité montre comment les justes comprenaient et mettaient en œuvre les enseignements prophétiques avec le plus grand soin.
Implications Juridiques et Exceptions
Les savants notent que cette interdiction s'applique spécifiquement à la charité obligatoire (zakat) et à la charité volontaire (sadaqah). Certains juristes font une exception pour les cadeaux donnés aux enfants, qu'un parent peut récupérer si les circonstances changent, mais cela ne s'étend pas à la charité générale.
La règle souligne également que l'intention est cruciale - si quelqu'un achète quelque chose sans le savoir qui était auparavant sa charité, il n'y a pas de péché, mais la voie recommandée est la pratique d'Ibn Umar de la redonner.