حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا الأَعْمَشُ، حَدَّثَنَا زَيْدُ بْنُ وَهْبٍ، سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ، قَالَ قَالَ لَنَا رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ إِنَّكُمْ سَتَرَوْنَ بَعْدِي أَثَرَةً وَأُمُورًا تُنْكِرُونَهَا‏"‏‏.‏ قَالُوا فَمَا تَأْمُرُنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ ‏"‏ أَدُّوا إِلَيْهِمْ حَقَّهُمْ وَسَلُوا اللَّهَ حَقَّكُمْ ‏"‏‏.‏
Traduction
Rapporté par Junada bin Abi Umaiya

Nous sommes entrés dans 'Ubada bin As-Samit alors qu’il était malade. Nous avons dit : « Qu’Allah vous rende en bonne santé. Voulez-vous nous raconter un hadith que vous avez entendu du Prophète (ﷺ) et par lequel Allah peut vous faire bénéficier ? Il a dit : « Le Prophète (ﷺ) nous a appelés et nous lui avons donné le serment d’allégeance à l’Islam, et parmi les conditions auxquelles il a pris le serment de notre part, il y avait que nous écoutions et obéissions (aux ordres) à la fois au moment où nous étions actifs et au moment où nous étions fatigués. et dans nos moments difficiles et à notre aise et d’obéir au dirigeant et de lui donner son droit même s’il ne nous a pas donné le nôtre, et de ne pas le combattre à moins que nous ne remarquions qu’il a une mécréance ouverte pour laquelle nous aurions une preuve auprès d’Allah.

Comment

Afflictions et la Fin du Monde - Sahih al-Bukhari 7055, 7056

Le noble hadith transmis par 'Ubada bin As-Samit contient des principes fondamentaux régissant la relation de la communauté musulmane avec sa direction. Le Prophète (ﷺ) a établi ces conditions lors du serment d'allégeance, en soulignant l'obéissance à l'autorité même pendant les difficultés et les épreuves personnelles.

Conditions du Serment

Le serment englobe l'obéissance dans les états actifs et fatigués, dans les circonstances difficiles et faciles. Cette exigence complète démontre que l'obéissance à une autorité légitime n'est pas conditionnée par le confort ou la commodité personnelle, mais constitue une obligation religieuse.

La condition de « lui donner son droit même s'il ne nous donne pas notre droit » établit le principe que les droits du dirigeant sur les sujets restent contraignants même si le dirigeant manque à certaines obligations. Cela empêche le chaos sociétal et maintient la stabilité politique.

Limitations de l'Obéissance

La seule exception à l'obéissance est lorsque le dirigeant commet un Kufr (mécréance) manifeste avec une preuve claire d'Allah. Les érudits précisent que cela se réfère à une mécréance claire et manifeste, et non à un simple péché ou injustice. L'exigence de « preuve d'Allah » indique que la preuve doit provenir du Coran ou de la Sounna authentique.

Cette restriction empêche la rébellion arbitraire tout en maintenant les principes islamiques. La condition garantit que la suppression de l'obéissance n'intervient que pour des questions contredisant fondamentalement le credo islamique, et non pour des désaccords politiques ou des échecs administratifs.

Commentaire des Érudits

L'imam An-Nawawi explique que ce hadith établit l'obligation d'obéir aux dirigeants musulmans dans les affaires n'impliquant pas la désobéissance à Allah. Ibn Hajar al-Asqalani souligne que le « Kufr manifeste » doit être sans équivoque et établi par des preuves textuelles claires.

Cet enseignement préserve l'unité communautaire et empêche la fitnah (discorde) des conflits civils. La sagesse réside dans la priorisation de la stabilité collective tout en maintenant les limites théologiques, démontrant l'approche équilibrée de l'Islam envers l'autorité politique.