Si une femme n'a pas de voile pour l'Aïd Sahih al-Bukhari 980
Hafsa bint Sîrîn a dit : « Nous empêchions nos jeunes filles de sortir le jour de l'Aïd. Une femme vint et s'installa au palais de Bani Khalaf, et j'allai la voir. Elle dit : “Le mari de ma sœur participa à douze expéditions avec le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui), et ma sœur l'accompagna dans six d'entre elles. Elle dit : ‘Nous soignions les malades et pansions les blessés.’ Elle demanda : ‘Ô Messager d'Allah, y a-t-il un mal pour l'une d'entre nous à ne pas sortir si elle n'a pas de jilbab ?’ Il dit : ‘Que sa compagne lui fasse partager son jilbab, et qu'elles assistent au bien et à l'invocation des croyants.’” »
Hafsa dit : « Lorsque Umm 'Atiyya arriva, j'allai la voir et lui demandai : “As-tu entendu telle et telle chose ?” Elle dit : “Oui, par mon père — et elle ne mentionnait le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) que rarement sans dire : par mon père — il dit : ‘Que sortent les jeunes filles vierges et celles qui restent voilées — ou, dit-il, les jeunes filles vierges et celles qui restent voilées, Aiyub douta — et les femmes en période de menstrues ; que celles qui ont leurs menstrues s'écartent du lieu de prière, et qu'elles assistent au bien et à l'invocation des croyants.’” »
Hafsa dit : « Je lui dis : “Même celles qui ont leurs menstrues ?” Elle répondit : “Oui. La femme en période de menstrues n'assiste-t-elle pas à 'Arafât et à telle et telle chose ?” »
Les Deux Fêtes (Eids) - Sahih al-Bukhari 980
Cette narration de Hafsa bint Seereen, transmise par la compilation autoritative de Sahih al-Bukhari, établit plusieurs règles juridiques importantes concernant la présence des femmes aux prières de l'Eid. La pratique initiale d'empêcher les jeunes femmes d'assister démontre une prudence culturelle qui a été corrigée plus tard par les conseils prophétiques.
Règles Juridiques sur la Présence des Femmes
Le Prophète (ﷺ) a explicitement ordonné que toutes les femmes—y compris les vierges matures, les femmes menstruées et celles en réclusion—devraient assister à la congrégation de l'Eid. Cela démontre la nature communautaire de l'adoration islamique et l'importance de la participation des femmes aux rassemblements religieux.
Les femmes menstruées sont instruites de rester séparées de la zone de prière (Musalla) tout en bénéficiant de l'atmosphère spirituelle, des supplications et des rappels religieux. Cette règle reconnaît leur impureté rituelle tout en affirmant leur droit de participer à la vie communautaire religieuse.
Le Principe de Partage et de Modestie
Lorsqu'une femme manque de vêtements appropriés, sa compagne devrait partager son voile, assurant que la modestie est maintenue tout en facilitant la participation. Cela illustre l'approche pratique de l'Islam pour résoudre les problèmes sans créer de difficultés inutiles.
L'accent répété que « les femmes devraient participer aux bonnes actions et aux rassemblements religieux des croyants » établit un principe fondamental : l'implication active des femmes dans la vie religieuse communautaire n'est pas seulement permise mais encouragée.
Interprétation Savante
Les savants classiques déduisent de ce hadith que la prière de l'Eid est recommandée pour les femmes, même celles qui sont menstruées, bien qu'elles n'accomplissent pas la prière elle-même. La sagesse réside dans le fait qu'elles assistent au rassemblement des musulmans, écoutent le khutbah et font des du'a.
La question rhétorique d'Um-'Atiya—« Ne se présentent-elles pas à 'Arafat et ailleurs ? »—établit une analogie avec le Hajj, où les femmes menstruées participent à tous les rituels sauf le tawaf, démontrant que l'impureté rituelle n'exclut pas toute participation religieuse.