Parole de l'imam et des gens pendant le khuṭbah de l'Aïd, et lorsqu'on interroge l'imam sur quelque chose pendant qu'il prononce le khuṭbah. Sahih al-Bukhari 984

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا حَامِدُ بْنُ عُمَرَ، عَنْ حَمَّادِ بْنِ زَيْدٍ، عَنْ أَيُّوبَ، عَنْ مُحَمَّدٍ، أَنَّ أَنَسَ بْنَ مَالِكٍ، قَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلمصَلَّى يَوْمَ النَّحْرِ، ثُمَّ خَطَبَ فَأَمَرَ مَنْ ذَبَحَ قَبْلَ الصَّلاَةِ أَنْ يُعِيدَ ذَبْحَهُ فَقَامَ رَجُلٌ مِنَ الأَنْصَارِ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ، جِيرَانٌ لِي ـ إِمَّا قَالَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ، وَإِمَّا قَالَ بِهِمْ فَقْرٌ ـ وَإِنِّي ذَبَحْتُ قَبْلَ الصَّلاَةِ وَعِنْدِي عَنَاقٌ لِي أَحَبُّ إِلَىَّ مِنْ شَاتَىْ لَحْمٍ‏.‏ فَرَخَّصَ لَهُ فِيهَا‏.‏
Traduction
Rapporté par Al-Bara' ibn 'Azib

Nous a rapporté Musaddad, disant : nous a rapporté Abu al-Ahwas, disant : nous a rapporté Mansur ibn al-Mu'tamir, d'après al-Sha'bi, d'après al-Bara' ibn 'Azib, qui a dit :

Le Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) nous a adressé un sermon le jour du Nahr (sacrifice) après la prière, et a dit : « Quiconque prie notre prière et accomplit notre rite de sacrifice a bien accompli le rite. Quiconque a sacrifié avant la prière, cela n'est qu'une brebis de viande. »

Alors Abu Burda ibn Niyar se leva et dit : « Ô Messager d'Allah ! Par Allah, j'ai sacrifié avant de sortir pour la prière, et je savais que ce jour est un jour de manger et de boire. Je me suis donc empressé, j'ai mangé et j'ai nourri ma famille et mes voisins. »

Le Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) dit : « Cela n'est qu'une brebis de viande. »

Il dit : « J'ai une jeune chèvre (jadha'a) qui est meilleure que deux brebis de viande ; est-ce qu'elle me suffit ? » Il dit : « Oui, et elle ne suffira pour personne après toi. »

Commentaire

Les Deux Fêtes (Eids) - Sahih al-Bukhari 984

Le Messager d'Allah (ﷺ) a offert la prière le jour de Nahr puis a prononcé le Khutba et a ordonné que quiconque avait sacrifié son offrande avant la prière devait la répéter, c'est-à-dire, devait sacrifier une autre offrande. Ensuite, une personne des Ansar s'est levée et a dit : « Ô Messager d'Allah (ﷺ) ! À cause de mes voisins (il les a décrits comme étant très nécessiteux ou pauvres), j'ai sacrifié avant la prière. J'ai une jeune chèvre qui, à mon avis, est meilleure que deux moutons. » Le Prophète (ﷺ) lui a donné la permission de la sacrifier comme offrande.

Commentaire sur la Séquence des Rituels de l'Eid

Ce hadith établit la séquence appropriée pour les rituels de l'Eid al-Adha : d'abord la prière de l'Eid, puis le sacrifice. La décision initiale du Prophète exigeant la répétition pour ceux qui ont sacrifié avant la prière souligne l'importance de cet ordre dans l'adoration islamique.

La sagesse derrière cette séquence est que la prière de l'Eid est un acte d'adoration collectif qui précède l'acte individuel du sacrifice, démontrant que les obligations communautaires priment sur les dévotions personnelles dans le rituel islamique.

Comprendre l'Exception et la Flexibilité Légale

La situation de l'Ansari démontre la flexibilité pratique de l'Islam. Son sacrifice précoce était pour nourrir des voisins nécessiteux, montrant que la compassion prime sur le timing strict du rituel lorsqu'un besoin authentique existe.

L'acceptation par le Prophète de la chèvre au lieu d'exiger un autre mouton illustre le principe de faciliter la facilité pour l'ummah tout en maintenant l'esprit de la loi. Cela reflète le principe coranique : « Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté » (2:185).

Interprétation Savante de la Décision

Les savants classiques comme l'Imam Nawawi ont expliqué que l'interdiction initiale visait à établir la sunnah, tandis que la permission ultérieure montre que sacrifier avant la prière n'invalide pas entièrement l'acte mais est makruh (désapprouvé) sans raison valable.

L'incident établit que des excuses valables (comme nourrir les pauvres) peuvent atténuer ce qui serait autrement un acte impropre. Cela s'aligne sur le principe que les nécessités rendent les choses interdites permises dans la mesure de la nécessité.