Le Prophète (ﷺ) a dit : « Périsse l’esclave du Dinar, du Dirham, du Qatifa (tissu doux et épais) et du Khamisa (un vêtement), car si on lui donne, il est satisfait ; sinon, il n’est pas satisfait.
Texte et Contexte du Hadith
Le Prophète (ﷺ) a dit : "Périsse l'esclave du Dinar, du Dirham, du Qatifa (tissu épais et doux) et du Khamisa (un vêtement), car s'il reçoit, il est satisfait ; sinon, il est mécontent." (Sahih al-Bukhari 6435)
Ce hadith profond du livre "Pour attendrir le cœur (Ar-Riqaq)" dans Sahih al-Bukhari aborde la maladie spirituelle du matérialisme et de l'attachement mondain.
Signification des Termes Clés
Dinar et Dirham : C'étaient les monnaies d'or et d'argent de l'époque, représentant la richesse et les biens matériels.
Qatifa et Khamisa : Types de vêtements luxueux, symbolisant l'attachement aux vêtements fins, aux symboles de statut et aux conforts mondains.
"Périsse l'esclave" : Une expression forte indiquant la ruine et la destruction spirituelles, non pas une malédiction mais un avertissement sur la conséquence inévitable d'une telle servitude.
Commentaire des Savants
Ibn Hajar al-Asqalani explique que ce hadith met en garde contre l'asservissement par les choses mondaines, où le bonheur et la tristesse sont déterminés par l'acquisition ou la perte de biens matériels.
Al-Qurtubi note que le Prophète a spécifiquement mentionné ces objets parce qu'ils étaient les plus courants de désir à son époque, mais le principe s'applique à tous les attachements mondains.
Ibn Rajab al-Hanbali souligne que le véritable esclave est celui dont le cœur est lié à ce qu'il désire - s'il l'obtient, il est satisfait ; s'il en est privé, il devient en colère et mécontent du décret d'Allah.
Implications Spirituelles
Ce hadith enseigne que le véritable culte nécessite de libérer le cœur de la servitude à tout autre qu'Allah. Lorsque les biens matériels contrôlent l'état émotionnel, ils sont effectivement devenus son dieu.
Le savant Ibn al-Qayyim affirme que cet esclavage spirituel se manifeste par une anxiété constante, un mécontentement et une ingratitude - l'opposé de la satisfaction (qana'ah) et de la confiance en Allah qui caractérisent le croyant.
Le hadith n'interdit pas de posséder des richesses, mais met en garde contre l'attachement du cœur à celles-ci. Le test est de savoir si l'on reste satisfait et reconnaissant envers Allah, quels que soient les biens que l'on possède.
Application Pratique
Les savants conseillent un examen de soi régulier : Mon bonheur dépend-il de l'acquisition de nouvelles choses ? La déception dans les affaires mondaines affecte-t-elle mon adoration et ma relation avec Allah ?
Le remède inclut : augmenter le rappel de la mort et de l'au-delà, pratiquer la charité volontaire, réfléchir à la nature temporaire de la vie mondaine et cultiver la gratitude pour ce que l'on possède déjà.
Comme l'Imam al-Ghazali le note, la personne véritablement libre est celle qui utilise les moyens mondains comme des outils pour des fins supérieures, et non comme des fins en soi qui asservissent le cœur.