Le Prophète (ﷺ) a dit : « J’ai regardé dans le Paradis et j’ai découvert que la majorité de ses habitants étaient des pauvres, et j’ai regardé dans le Feu (de l’Enfer) et j’ai découvert que la majorité de ses habitants étaient des femmes. »
Contexte et Signification
Ce hadith profond de Sahih al-Bukhari "Pour rendre le cœur tendre (Ar-Riqaq)" (Référence : Sahih al-Bukhari 6449) a été rapporté lors du Voyage Nocturne miraculeux du Prophète (Isra' wal-Mi'raj). La vision a été accordée par Allah pour montrer des réalités au-delà de la perception ordinaire.
La mention des pauvres formant la majorité au Paradis sert à consoler les Compagnons appauvris et à souligner que la privation mondaine, lorsqu'elle est rencontrée avec patience et foi, devient un moyen d'élévation spirituelle et de récompense ultime.
Exposé : Les Pauvres au Paradis
Les savants expliquent que « pauvre » (fuqara') ici se réfère principalement à ceux qui manquent de moyens mondains tout en maintenant une foi forte. Leur prévalence au Paradis découle de plusieurs facteurs : moins de distractions de l'adoration, une plus grande dépendance envers Allah, moins de responsabilité pour la gestion des richesses et des tests fréquents qui purifient les péchés.
Cela n'implique pas l'exclusion des croyants riches, mais met en lumière comment la pauvreté - lorsqu'elle est endurée avec droiture - devient un avantage spirituel. Le Prophète lui-même a loué la pauvreté équilibrée qui ne mène pas à la mendicité.
Exposé : Les Femmes dans l'Enfer
Les commentateurs classiques clarifient que cela se réfère aux femmes désobéissantes, et non à toutes les femmes. Des savants comme Ibn Hajar identifient des raisons clés : l'ingratitude envers la gentillesse des maris, la tendance aux commérages et aux malédictions, et le fait de montrer de l'incrédulité face à un bon traitement.
La désignation de « majorité » reflète une réalité statistique plutôt qu'une nature inhérente. De nombreuses femmes seront parmi les plus hauts rangs du Paradis - y compris Khadijah, Fatimah, Maryam et Asiyah. L'avertissement vise à encourager la réforme spirituelle chez les deux genres.
Leçons Spirituelles
La richesse n'est pas intrinsèquement mauvaise, mais ses dangers nécessitent une vigilance spirituelle supplémentaire. La pauvreté n'est pas automatiquement vertueuse, mais ses avantages potentiels devraient être reconnus.
Le hadith enseigne finalement la justice divine : Allah récompense les pauvres patients et tient chacun responsable de ses choix. Il appelle les croyants à prioriser les résultats éternels par rapport aux conditions mondaines temporaires.