Comment la révélation divine a commencé à être révélée au Messager d'Allah Sahih al-Bukhari 1

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا الْحُمَيْدِيُّ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الزُّبَيْرِ، قَالَ حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، قَالَ حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ الأَنْصَارِيُّ، قَالَ أَخْبَرَنِي مُحَمَّدُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ التَّيْمِيُّ، أَنَّهُ سَمِعَ عَلْقَمَةَ بْنَ وَقَّاصٍ اللَّيْثِيَّ، يَقُولُ سَمِعْتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ ـ رضى الله عنه ـ عَلَى الْمِنْبَرِ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏"‏إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ، وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى، فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى دُنْيَا يُصِيبُهَا أَوْ إِلَى امْرَأَةٍ يَنْكِحُهَا فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْهِ ‏"
Traduction
Raconté par 'Umar bin Al-Khattab

J'ai entendu le Messager d'Allah (ﷺ) dire : « La récompense des actes dépend des intentions et chaque personne obtiendra la récompense selon ses intentions. Ainsi, quiconque émigrait pour obtenir des avantages matériels ou pour épouser une femme, il émigrait pour ce pour quoi il avait émigré. »

Commentaire

Aperçu & Thème Central

Ce hadith fondamental, souvent qualifié par les savants de "moitié de la science" (nisf al-‘ilm), établit le principe primordial selon lequel la valeur et la validité de toutes les actions en Islam dépendent de l'intention (niyyah). C'est le critère par lequel les œuvres sont pesées devant Allah, distinguant les actes d'adoration de la simple habitude, et la dévotion sincère du rituel vide. Le Prophète ﷺ résume succinctement l'essence de la spiritualité islamique : l'orientation du cœur détermine la valeur des actions du corps. Cette narration, rapportée par ‘Umar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agrée), est une pierre angulaire de la religion, comme l'ont noté l'imam Ahmad et d'autres, et sert de boussole morale pour le voyage de chaque croyant, en particulier dans le contexte de la hijrah (émigration) mentionnée dans la narration.

Contexte & Aperçus Linguistiques

L'occasion de ce hadith (sabab al-wurud) est célèbre pour être liée à un homme qui a émigré de La Mecque à Médine non pour Allah, mais pour épouser une femme nommée Umm Qays, ce qui lui a valu d'être connu sous le nom de "Muhajir Umm Qays." Le Prophète ﷺ, ayant appris cela, a prononcé cette déclaration profonde. Linguistiquement, le terme clé "innamā" (إِنَّمَا) est une particule restrictive (aṣ-ṣarf wa al-ḥaṣr) signifiant "seulement" ou "en effet", indiquant que le jugement est confiné à ce qui suit. "Al-a‘māl" (الأعمال) fait référence à toutes les actions, intérieures et extérieures. "An-niyyāt" (النِّيَّات) est le pluriel de niyyah, dérivé de la racine n-w-y, signifiant intention, but ou résolution. La phrase "fa-man kānat hijratuhu" utilise le conditionnel "quiconque", indiquant un principe général. Le mot "hijrah" (هِجْرَة) vient de h-j-r, signifiant abandonner ou émigrer, et ici il sert d'exemple paradigmatique d'une action dont la récompense dépend entièrement de la sincérité de son but, que ce soit pour Allah, pour un gain mondain (dunyā), ou pour une femme (imra’ah).

Aperçus Savants Clés & Bénéfices Juridiques

  • L'intention comme critère de validité : Les juristes (fuqahā’) déduisent qu'aucun acte d'adoration (ʿibādah) n'est valide sans une intention spécifique, qu'il soit obligatoire (farḍ) ou surérogatoire (nafl), car l'intention distingue les actes rituels des simples actions (par exemple, les ablutions du lavage).
  • Sincérité éthique (Ikhlāṣ) : Le hadith souligne que la sincérité est l'âme de chaque action ; une action faite pour se faire voir (riyā’) ou pour un gain mondain est vide de récompense dans l'au-delà, même si elle semble vertueuse, en accord avec le verset : "Que celui, donc, qui espère rencontrer son Seigneur, fasse de bonnes actions et n'associe dans son adoration aucun associé à son Seigneur" (Coran 18:110).
  • Consensus jurisprudentiel (Ijmāʿ) : Les savants sont unanimes pour dire que ce hadith est une maxime juridique fondamentale (qaʿidah fiqhiyyah) sur laquelle de nombreuses règles sont construites, y compris la validité des contrats, des serments et des actes de dévotion. L'imam al-Shafi‘i a déclaré que ce hadith constitue un tiers de toute la connaissance, car il entre dans soixante-dix chapitres de jurisprudence.
"Les actions des serviteurs sont jugées par leurs intentions, et la récompense est proportionnelle à ce qui est intentionné. Celui qui a l'intention de faire le bien, il sera récompensé pour cela, et celui qui a l'intention de faire le mal, il sera tenu responsable de cela." — Imam Ibn Hajar al-‘Asqalani, dans son commentaire de ce hadith dans *Fatḥ al-Bārī*.

Vie Quotidienne & Application Spirituelle

Dans nos vies contemporaines, ce hadith sert de boussole spirituelle quotidienne. Avant toute action—qu'il s'agisse de manger, de travailler, d'étudier ou même de dormir—un croyant devrait faire une pause et renouveler son intention, transformant les actes banals en actes d'adoration. Par exemple, manger devient un moyen de renforcer le corps pour la prière et le service à la création ; chercher la connaissance devient un chemin pour plaire à Allah et bénéficier à la Oumma ; et le travail professionnel devient une forme de fiabilité (amānah) et de subsistance pour sa famille, le tout récompensé par Allah. De plus, ce hadith purifie le cœur du shirk caché (associer des partenaires à Allah) en vérifiant constamment les motivations : "Est-ce que je fais cela pour Allah seul, ou pour la louange, le statut ou le gain matériel ?" Cette auto-responsabilité (muḥāsabah) est l'essence de la taqwā (conscience de Dieu) et de l'Iḥsān (excellence), permettant au musulman de vivre avec une sincérité profonde, transformant chaque moment en une opportunité de récompense divine et d'élévation spirituelle, tout comme les premiers musulmans ont perfectionné leurs intentions dans chaque entreprise.