J'avais une chamelle de ma part du butin le jour de Badr, et le Prophète (paix et salut sur lui) m'avait donné une autre chamelle provenant du khumus. Lorsque je voulus me marier avec Fatima, la fille du Messager d'Allah (paix et salut sur lui), je pris rendez-vous avec un orfèvre de la tribu des Banu Qaynuqa' pour qu'il parte avec moi et que nous allions chercher de l'idhkhir. Je voulais le vendre aux orfèvres et l'utiliser pour le festin de mariage.
Pendant que je préparais pour mes deux chamelles des équipements composés de bâts, de sacs et de cordes, et qu'elles étaient attachées près de la maison d'un homme des Ansars, je revins après avoir réuni ce que j'avais réuni. Voilà que les bosses de mes deux chamelles avaient été coupées, leurs flancs ouverts, et l'on avait pris des morceaux de leurs foies. Je ne pus retenir mes larmes en voyant cette scène. Je demandai : « Qui a fait cela ? » On me répondit : « Hamza ibn Abd al-Muttalib. Il est dans cette maison en train de boire avec des Ansars. »
Je partis alors et entrai chez le Prophète (paix et salut sur lui), auprès de qui se trouvait Zayd ibn Haritha. Le Prophète (paix et salut sur lui) reconnut sur mon visage ce que je venais de subir et me dit : « Qu'as-tu ? » Je dis : « Ô Messager d'Allah, je n'ai jamais vu pareille journée. Hamza s'est attaqué à mes deux chamelles, il a coupé leurs bosses et ouvert leurs flancs, et le voilà dans une maison avec des gens qui boivent. »
Le Prophète (paix et salut sur lui) demanda son manteau, le mit, puis partit en marchant. Je le suivis ainsi que Zayd ibn Haritha, jusqu'à ce qu'il arrivât à la maison où se trouvait Hamza. Il demanda la permission et on la lui accorda. Ils étaient en train de boire. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) se mit à blâmer Hamza pour ce qu'il avait fait. Hamza était ivre, les yeux rouges. Il regarda le Messager d'Allah (paix et salut sur lui), puis leva les yeux vers ses genoux, puis vers son nombril, puis vers son visage, et dit : « N'êtes-vous que des serviteurs de mon père ? » Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) comprit alors qu'il était ivre. Il recula sur ses talons, à reculons, et nous sortîmes avec lui.
Un cinquième du butin pour la cause d'Allah (Khumus)
Sahih al-Bukhari 3092, 3093
Contexte contextuel
Cette narration aborde les droits de succession concernant les biens du Prophète Muhammad (ﷺ), spécifiquement les propriétés Fai' acquises sans engagement militaire, y compris Fadak et Khaibar.
Règlement juridique sur l'héritage prophétique
La déclaration du Prophète "Nos biens ne sont pas hérités" établit que les prophètes laissent derrière eux non pas des richesses personnelles pour les héritiers, mais des dotations caritatives (Sadaqa) pour le bien-être de la communauté.
L'adhésion d'Abu Bakr à ce principe démontre l'importance de préserver le précédent prophétique (Sunnah) sans altération, même face à des difficultés personnelles.
Gestion des dotations prophétiques
Les propriétés étaient désignées comme Sadaqa, gérées par l'autorité dirigeante pour le bénéfice public, maintenant le modèle établi durant la vie du Prophète pour les dépenses communautaires et les besoins urgents.
La poursuite de ce système d'administration par Umar montre le consensus parmi les califes bien guidés concernant le statut caritatif perpétuel de ces propriétés.
Interprétation savante
Ce règlement s'applique exclusivement aux prophètes, pas aux lois générales de succession. L'incident souligne la distinction entre la richesse personnelle et l'héritage prophétique, qui sert les besoins continus de la communauté musulmane.
La préservation de ce système "jusqu'à aujourd'hui" (comme noté par Az-Zuhri) confirme la validité perpétuelle de ce règlement dans la gouvernance islamique.