Ce que l’on dit des marchés Sahih al-Bukhari 2119

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا جَرِيرٌ، عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏صَلاَةُ أَحَدِكُمْ فِي جَمَاعَةٍ تَزِيدُ عَلَى صَلاَتِهِ فِي سُوقِهِ وَبَيْتِهِ بِضْعًا وَعِشْرِينَ دَرَجَةً، وَذَلِكَ بِأَنَّهُ إِذَا تَوَضَّأَ فَأَحْسَنَ الْوُضُوءَ، ثُمَّ أَتَى الْمَسْجِدَ، لاَ يُرِيدُ إِلاَّ الصَّلاَةَ، لاَ يَنْهَزُهُ إِلاَّ الصَّلاَةُ، لَمْ يَخْطُ خَطْوَةً إِلاَّ رُفِعَ بِهَا دَرَجَةً، أَوْ حُطَّتْ عَنْهُ بِهَا خَطِيئَةٌ، وَالْمَلاَئِكَةُ تُصَلِّي عَلَى أَحَدِكُمْ مَا دَامَ فِي مُصَلاَّهُ الَّذِي يُصَلِّي فِيهِ اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَيْهِ، اللَّهُمَّ ارْحَمْهُ، مَا لَمْ يُحْدِثْ فِيهِ، مَا لَمْ يُؤْذِ فِيهِ ‏"‏‏.‏ وَقَالَ ‏"‏ أَحَدُكُمْ فِي صَلاَةٍ مَا كَانَتِ الصَّلاَةُ تَحْبِسُهُ ‏"
Traduction
Rapporté par Abu Huraira

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « La prière de l’un d’entre vous est plus de vingt (cinq ou vingt-sept) fois en récompense de sa prière au marché ou dans sa maison, car s’il fait ses ablutions complètement et qu’il se rend ensuite à la mosquée avec la seule intention d’accomplir la prière, et que rien ne l’incite à se rendre à la mosquée sauf la prière, Alors, à chaque pas qu’il fait vers la mosquée, il sera élevé d’un degré ou l’un de ses péchés sera pardonné. Les anges continueront à demander le pardon et les bénédictions d’Allah pour chacun d’entre vous tant qu’il continuera à s’asseoir à son lieu de prière. Les anges diront : « Ô Allah, bénis-le ! Ô Allah, aie pitié de lui ! tant qu’il ne fait pas de hadath ou de chose qui cause des ennuis à l’autre. Le Prophète (ﷺa ajouté : « On est considéré dans la prière tant qu’on attend la prière. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith, rapporté par l'imam al-Bukhari dans son chapitre sur les ventes et le commerce (Kitab al-Buyu'), souligne la vertu suprême de la prière en congrégation dans la mosquée et les immenses dividendes spirituels attachés au voyage, à la préparation et à l'attente qui y sont associés. Le Prophète ﷺ élève la récompense de la prière en congrégation à vingt-cinq ou vingt-sept fois celle d'une prière individuelle effectuée à la maison ou au marché, établissant ainsi la mosquée comme le centre spirituel de la vie du croyant. Le thème central est la transformation des actions banales - marcher, faire ses ablutions, s'asseoir et attendre - en actes d'adoration par une intention sincère (niyyah) et la pleine conscience, illustrant comment la miséricorde d'Allah magnifie même les plus petits pas accomplis dans l'obéissance.

Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith a probablement été prononcé à Médine, où le Prophète ﷺ a observé la forte attraction du commerce et du confort domestique qui pouvaient distraire les croyants de la mosquée. Le terme arabe "Hadath" (حدث) fait spécifiquement référence au passage de vent ou à tout état d'impureté rituelle qui invalide les ablutions, tandis que "al-Imam" (الإمام) dans certaines narrations signifie le chef de prière, mais ici il est compris comme l'état d'attente. La phrase "vingt-cinq ou vingt-sept" reflète une variance savante dans la transmission, l'imam Muslim enregistrant vingt-sept et al-Bukhari notant les deux. Le mot "Yamshi" (يمشي) pour marcher implique des pas délibérés et intentionnels, pas un simple mouvement. La nuance linguistique de "La yahmizuhu" (لا يحمزه) dans certaines versions signifie "rien ne le pousse", soulignant que la seule motivation doit être la prière - pas la socialisation ou d'autres gains mondains. Cela met en évidence la pureté d'intention requise pour débloquer la pleine récompense.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • Règle jurisprudentielle sur la congrégation : Bien que les savants diffèrent sur le point de savoir si la prière en congrégation est obligatoire (fard 'ayn, comme le soutiennent Ibn Hazm et certains Hanbalites) ou une Sunna hautement recommandée (comme le soutiennent la majorité des Hanafites, Malikites et Shafi'ites), tous conviennent qu'elle est supérieure à la prière individuelle. L'imam Ibn Hajar al-Asqalani note que la récompense de vingt-cinq à vingt-sept fois s'applique spécifiquement à la prière à la mosquée, pas simplement à la prière en congrégation ailleurs, bien que cette dernière ait aussi du mérite.
  • Principe éthique des ablutions complètes : L'ordre de "faire ses ablutions complètement" (yusbigh al-wudu) enseigne l'excellence (ihsan) dans la préparation rituelle. L'imam al-Nawawi explique que cela inclut laver toutes les parties requises soigneusement et avec soin, reflétant un principe plus large de faire tous les actes d'adoration avec perfection, non avec hâte ou négligence.
  • Intercession angélique et état spirituel : Les anges prient continuellement pour le croyant qui reste assis dans la mosquée après la prière, tant qu'il n'annule pas ses ablutions ou ne nuit pas aux autres. Cela établit que la mosquée est un lieu de miséricorde divine, et que la présence physique dans un état de pureté invite à la supplication angélique. La condition de "ne pas causer de trouble" (la yu'dhi) s'étend à la parole, au mouvement, et même au fait de s'attarder d'une manière qui dérange les autres, soulignant l'adab communautaire.
"Celui qui quitte sa maison pour la mosquée, chaque pas qu'il fait est une charité (sadaqah), et les anges prient pour lui tant qu'il reste dans son lieu de prière, disant : 'Ô Allah, pardonne-lui, Ô Allah, aie pitié de lui.'" — Ibn Hajar al-Asqalani, résumant le consensus des Salaf sur la vertu de marcher vers la mosquée et la récompense continue pour l'attente.

Vie quotidienne et application spirituelle

Dans notre contexte contemporain, ce hadith invite le croyant à réévaluer sa relation avec la mosquée. Il encourage à quitter les distractions du marché - symbolique des engagements mondains, du commerce et du bruit numérique - pour prioriser la tranquillité de la maison d'Allah. Les applications pratiques incluent : (1) Faire ses ablutions à la maison en pleine conscience, les transformant en un rituel préparatoire de purification spirituelle ; (2) Marcher vers la mosquée avec intention, même si c'est court, comptant chaque pas comme une élévation de rang et un pardon des péchés ; (3) Arriver tôt et rester assis après la prière, s'engageant dans le dhikr ou une réflexion silencieuse, plutôt que de se précipiter dehors ; (4) S'assurer que sa présence ne dérange pas les autres - s'abstenir de conversations bruyantes, d'enjamber les fidèles ou d'utiliser des téléphones ; et (5) Cultiver l'état d'"attente de la prière" comme un acte continu d'adoration, qui entraîne l'âme à la patience et à la présence. En intériorisant ces enseignements, le croyant transforme un acte de routine en un voyage profond d'ascension spirituelle, alignant son rythme quotidien sur le souvenir d'Allah et la fraternité des fidèles.