Bulugh al-Maram 1401

Texte arabe du hadith
وَعَنْ أَبِي بَكْرَةَ ‏- رضى الله عنه ‏- قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اَللَّهِ ‏- صلى الله عليه وسلم ‏-يَقُولُ: {" لَا يَحْكُمُ أَحَدٌ بَيْنَ اِثْنَيْنِ, وَهُوَ غَضْبَانُ"} مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ 1‏ .‏‏1 ‏- صحيح.‏ رواه البخاري ( 7158 )‏، ومسلم ( 1717 )‏ عن عبد الرحمن بن أبي بكرة قال: كتب أبي ‏- وكتبت له ‏- إلى عبيد الله بن أبي بكرة، وهو قاض بسجستان: أن لا تحكم ( بخاري: لا تقضي )‏ بين اثنين وأنت غضبان، فإني سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: فذكره.‏ والسياق لمسلم، وللبخاري: " لا يقضين حكم" والباقي مثله سواء.‏
Traduction
Rapporté par Abou Bakrah (RA)

J’ai entendu le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) dire : « Aucun juge ne doit rendre un jugement entre deux personnes alors qu’il est en colère. » [D’accord].

Commentaire

Jugements - Bulugh al-Maram 1401

Ce noble hadith de la collection de Bulugh al-Maram aborde les conditions essentielles pour la conduite judiciaire en Islam. L'interdiction de juger en colère établit un principe fondamental de la jurisprudence islamique.

L'Interdiction et Sa Sagesse

Le Messager d'Allah (ﷺ) a explicitement interdit aux juges de rendre des verdicts en état de colère. La colère obscurcit l'intellect, déforme la perception et altère la capacité à peser les preuves objectivement.

Les savants expliquent que la colère empêche la délibération calme nécessaire pour un jugement juste. Le juge doit posséder une sérénité mentale complète pour analyser correctement les témoignages, évaluer la crédibilité et appliquer les principes juridiques de manière appropriée.

Interprétation Savante

L'imam al-Nawawi affirme que cette interdiction s'applique à toutes les formes de colère qui pourraient affecter le raisonnement judiciaire, qu'elles proviennent de l'affaire elle-même ou de facteurs externes.

Ibn Hajar al-Asqalani précise que l'interdiction va au-delà de la rage manifeste pour inclure tout état d'agitation émotionnelle qui pourrait compromettre l'impartialité. Le juge doit reporter le jugement jusqu'à ce que la tranquillité revienne.

Implications Juridiques

La plupart des savants considèrent que les jugements rendus en colère sont invalides et nécessitent une réexamen. La préservation de la justice prime sur l'expédience procédurale.

Cette décision illustre l'approche globale de l'Islam en matière de justice, abordant non seulement le droit substantiel mais aussi l'état psychologique de ceux qui sont investis de l'autorité judiciaire.