Celui qui construit sur sa propre propriété quelque chose qui nuit à son prochain Sunan Ibn Majah 2340

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا عَبْدُ رَبِّهِ بْنُ خَالِدٍ النُّمَيْرِيُّ أَبُو الْمُغَلِّسِ، حَدَّثَنَا فُضَيْلُ بْنُ سُلَيْمَانَ، حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ عُقْبَةَ، حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ يَحْيَى بْنِ الْوَلِيدِ، عَنْ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَضَى أَنْ ‏"‏ لاَ ضَرَرَ وَلاَ ضِرَارَ ‏"
Traduction
Il a été rapporté d’après 'Ubadah bin Samit que le Messager d’Allah (ﷺ) a régné

« Il ne devrait y avoir ni préjudice ni préjudice réciproque. »

Commentaire

Aperçu et thème central

Cette maxime juridique fondamentale, « Lā ḍarar wa lā ḍirār » (لا ضرر ولا ضرار), établit l'interdiction absolue de causer du tort à soi-même ou à autrui, que ce soit initialement ou en représailles. Elle sert de principe global dans la jurisprudence islamique (fiqh) qui sous-tend les règles relatives à la propriété, aux contrats, à la famille et au bien-être public. Le hadith, transmis dans Sunan Ibn Majah 2340 dans « Les chapitres sur les jugements », résume l'objectif global de la charia de préserver le bien-être individuel et collectif, en garantissant qu'aucune action, qu'elle soit délibérée ou négligente, n'inflige de préjudice, et que le préjudice réciproque est également interdit. Ce principe est une pierre angulaire de la justice sociale islamique, équilibrant les droits et les responsabilités et promouvant l'harmonie plutôt que la vengeance.

Contexte et aperçus linguistiques

Le hadith aurait été prononcé par le Prophète ﷺ dans le cadre d'un différend sur l'irrigation des terres, où un homme cherchait à bloquer le flux d'eau, nuisant à son voisin. Le Prophète ﷺ a statué contre le préjudice, établissant cette maxime universelle. Linguistiquement, « ḍarar » (ضرر) fait référence au préjudice initial ou à la blessure, tandis que « ḍirār » (ضرار) désigne le préjudice réciproque ou le préjudice infligé en représailles. Des savants comme Ibn al-Athir notent que « ḍirār » implique un préjudice infligé en réponse à un préjudice, ce qui est également interdit, fermant ainsi la porte aux cycles de vengeance. La négation « lā » est comprise comme une interdiction (nahy), rendant les deux actes illicites. Cette distinction souligne que même en cas de litige, on ne peut infliger de dommage simplement parce qu'on a subi un préjudice ; au contraire, la justice doit être recherchée par des moyens légaux. La phrase est également considérée comme un principe législatif (qā‘idah fiqhiyyah), largement cité dans les manuels juridiques pour résoudre des questions nouvelles, des dommages matériels à la vie privée numérique.

Aperçus savants clés et avantages juridiques

  • Interdiction du préjudice : Ce hadith établit qu'infliger toute forme de préjudice – physique, financier, psychologique ou environnemental – est illicite, et l'État ou le pouvoir judiciaire peut intervenir pour éliminer ce préjudice.
  • Pas de représailles avec préjudice : Même si l'on est lésé, répondre par un préjudice est interdit ; la partie lésée doit demander réparation par des voies légales, préservant l'ordre social et empêchant l'escalade.
  • Fondement des maximes juridiques : Les savants ont dérivé des principes subsidiaires, tels que « Le préjudice doit être éliminé » (al-ḍarar yuzāl) et « La nécessité permet les actes interdits » (al-ḍarūrāt tubīḥ al-maḥẓūrāt), qui sont appliqués dans la jurisprudence contemporaine, y compris l'éthique médicale et le droit des contrats.
L'imam Ibn Rajab al-Hanbali a commenté : « Ce hadith est l'un des grands principes de l'islam. De nombreuses règles sont fondées sur lui, et il constitue une base globale pour prévenir l'injustice et garantir que les droits de personne ne soient violés, que ce soit dans les petites ou grandes affaires. »

Application quotidienne et spirituelle

Dans la vie quotidienne, cet enseignement exige de la pleine conscience dans chaque interaction : éviter de nuire aux voisins par le bruit, les dommages matériels ou l'empiètement ; s'abstenir de nuire financièrement dans les transactions commerciales, comme la fraude ou l'accaparement ; et se garder de nuire émotionnellement par des paroles dures ou des commérages. Spirituellement, il cultive un caractère de compassion et de retenue, reconnaissant que la vraie force réside dans le pardon plutôt que dans la représaille. Face à l'injustice, un musulman est encouragé à rechercher des recours légaux tout en maintenant la paix intérieure, en ayant confiance qu'Allah est le Juge suprême. Ce principe s'étend également à la prise en charge de soi – on ne doit pas nuire à son propre corps ou à son âme par négligence ou péché. En incarnant « pas de préjudice, pas de préjudice réciproque », les croyants contribuent à une société fondée sur le respect mutuel, la miséricorde et la justice, reflétant la mission prophétique comme une miséricorde pour tous les mondes.