Celui qui construit sur sa propre propriété quelque chose qui nuit à son prochain Sunan Ibn Majah 2341
Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ يَحْيَى، حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، أَنْبَأَنَا مَعْمَرٌ، عَنْ جَابِرٍ الْجُعْفِيِّ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " لاَ ضَرَرَ وَلاَ ضِرَارَ "
Traduction
D’après Ibn 'Abbas, le Messager d’Allah (ﷺ) a dit
« Il ne devrait y avoir ni préjudice ni préjudice réciproque. »
Aperçu & Thème central
Ce hadith fondamental, rapporté par l'imam Ibn Majah dans "Les chapitres sur les jugements" (Sunan Ibn Majah 2341), établit une maxime juridique cardinale dans la jurisprudence islamique : lā ḍarar wa lā ḍirār — "Ni préjudice ni préjudice en retour." Le Prophète ﷺ énonce un principe global qui interdit d'initier un préjudice (ḍarar) et interdit également de répondre au préjudice par un préjudice (ḍirār), préservant ainsi l'harmonie sociale, les droits individuels et la justice communautaire. Cette déclaration concise sert de critère universel pour trancher les litiges, réglementer les transactions et guider la conduite interpersonnelle, reflétant les maqāṣid (objectifs supérieurs) de la loi islamique : protection de la vie, des biens, de la dignité et du bien-être public.
Contexte & Aperçus linguistiques
Le hadith aurait été prononcé en réponse à un litige spécifique concernant un homme qui avait planté un arbre sur la terre d'autrui, causant obstruction et préjudice. Le Prophète ﷺ a statué contre le planteur, soulignant que personne ne peut utiliser sa propriété d'une manière qui nuit aux autres. Linguistiquement, ḍarar (ضرر) désigne le fait d'infliger une blessure ou une perte à autrui sans justification, tandis que ḍirār (ضرار) signifie rendre le préjudice en représailles ou dépasser le préjudice initial. Les savants classiques distinguent les deux : ḍarar est le préjudice initial, tandis que ḍirār est le préjudice fait en réponse, souvent avec l'intention d'opprimer. La négation (lā) est comprise comme une interdiction (nahy), rendant les deux actes illicites. Ce principe ne se limite pas au préjudice physique mais englobe les dommages économiques, psychologiques et environnementaux, comme le confirme l'application plus large dans les maximes juridiques islamiques (qawāʿid fiqhiyyah).
Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques
Vie quotidienne & Application spirituelle
Dans la vie contemporaine, ce hadith appelle les musulmans à incarner l'Ihsan (excellence) dans toutes leurs relations. Il exige que nous examinions nos actions—que ce soit dans les affaires, la famille ou la communauté—pour nous assurer que nous ne causons aucun préjudice à autrui, même involontairement. Il enseigne aussi la patience : lorsqu'on est lésé, nous ne devons pas escalader ou riposter, mais faire confiance à la justice d'Allah et poursuivre un recours légal avec patience. Pratiquement, cela signifie respecter les droits des voisins, éviter la pollution environnementale, assurer un commerce équitable et utiliser les médias sociaux de manière responsable. Spirituellement, cela purifie le cœur de la rancune et cultive l'empathie, reconnaissant que la vraie foi se manifeste en préservant le bien-être des autres. Le croyant qui intériorise ce principe devient une source de sécurité et de bénédiction, incarnant le caractère prophétique de miséricorde et de justice.