Mishkat al-Masabih
Mishkat al-Masabih 5661
وَعَن الشّعبِيّ قَالَ: لَقِيَ ابْنُ عَبَّاسٍ كَعْبًا بِعَرَفَةَ فَسَأَلَهُ عَنْ شَيْءٍ فَكَبَّرَ حَتَّى جَاوَبَتْهُ الْجِبَالُ. فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّا بَنُو هَاشِمٍ. فَقَالَ كَعْبٌ: إِنَّ اللَّهَ قَسَّمَ رُؤْيَتَهُ وَكَلَامَهُ بَيْنَ مُحَمَّدٍ وَمُوسَى فَكَلَّمَ مُوسَى مَرَّتَيْنِ وَرَآهُ مُحَمَّدٌ مَرَّتَيْنِ. قَالَ مسروقٌ: فَدخلت على عَائِشَة فَقلت: هَل رَأَى مُحَمَّدٌ رَبَّهُ؟ فَقَالَتْ: لَقَدْ تَكَلَّمْتَ بِشَيْءٍ قَفَّ لَهُ شَعَرِي قُلْتُ: رُوَيْدًا ثُمَّ قَرَأْتُ (لقد رأى من آيَات ربّه الْكُبْرَى) فَقَالَتْ: أَيْنَ تَذْهَبُ بِكَ؟ إِنَّمَا هُوَ جِبْرِيلُ. مَنْ أَخْبَرَكَ أَنَّ مُحَمَّدًا رَأَى رَبَّهُ أَوْ كَتَمَ شَيْئًا مِمَّا أُمِرَ بِهِ أَوْ يَعْلَمُ الْخَمْسَ الَّتِي قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: (إِنَّ اللَّهَ عِنْدَهُ عِلْمُ السَّاعَةِ وَيُنَزِّلُ الْغَيْثَ) فَقَدْ أَعْظَمَ الْفِرْيَةَ وَلَكِنَّهُ رَأَى جِبْرِيلَ لَمْ يَرَهُ فِي صُورَتِهِ إِلَّا مَرَّتَيْنِ: مَرَّةً عِنْدَ سِدْرَةِ الْمُنْتَهَى وَمَرَّةً فِي أَجْيَادٍ لَهُ سِتُّمِائَةِ جَنَاحٍ قَدْ سَدَّ الْأُفُقَ " رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَرَوَى الشَّيْخَانِ مَعَ زِيَادَةٍ وَاخْتِلَافٍ وَفِي رِوَايَتِهِمَا: قَالَ: قُلْتُ لِعَائِشَةَ: فَأَيْنَ قَوْلُهُ (ثُمَّ دَنَا فَتَدَلَّى فَكَانَ قَابَ قَوْسَيْنِ أَوْ أَدْنَى) ؟ قَالَتْ: ذَاكَ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلَامُ كَانَ يَأْتِيهِ فِي صُورَةِ الرَّجُلِ وَإِنَّهُ أَتَاهُ هَذِهِ الْمَرَّةَ فِي صُورَتِهِ الَّتِي هِيَ صُورَتُهُ فَسَدَّ الْأُفُقَ
Al-Shaʿbī rapporte qu’Ibn ʿAbbās rencontra Kaʿb à ʿArafa et l’interrogea sur une question. Kaʿb proclama la grandeur d’Allah au point que les montagnes lui répondirent. Ibn ʿAbbās dit : « Nous sommes des Banū Hāshim. » Kaʿb répondit : « Allah a réparti la vision et la parole entre Muḥammad et Mūsā : Il a parlé à Mūsā deux fois, et Muḥammad L’a vu deux fois. » Masrūq dit : « J’entrai chez ʿĀʾisha et lui demandai : “Muḥammad a-t-il vu son Seigneur ?” Elle répondit : “Tu viens de prononcer une parole qui fait se dresser mes cheveux.” Je lui dis d’attendre, puis je récitai : “Il a certes vu certains des plus grands signes de son Seigneur.” Elle demanda : “Où ton raisonnement t’entraîne-t-il ? Il s’agissait de Jibrīl. Quiconque t’affirme que Muḥammad a vu son Seigneur, qu’il a dissimulé quoi que ce soit de ce qui lui a été ordonné, ou qu’il connaît les cinq choses qu’Allah a mentionnées — Allah seul détient la connaissance de l’Heure et fait descendre la pluie… — a proféré une immense calomnie. Il a vu Jibrīl : il ne l’a vu dans sa forme véritable que deux fois, une fois près du Lotus de la limite ultime et une fois à Ajyād ; il avait six cents ailes et remplissait l’horizon.” » Les deux Ṣaḥīḥ rapportent ce récit avec des ajouts et variantes. Dans leur version, Masrūq demande : « Qu’en est-il des paroles : “Puis il s’approcha, descendit, et fut à deux portées d’arc, ou plus près encore” ? » ʿĀʾisha répond : « C’était Jibrīl, qui venait à lui sous forme humaine. Cette fois, il vint sous sa véritable forme, qui remplit l’horizon. » Rapporté par al-Tirmidhī, al-Bukhārī et Muslim.