Mishkat al-Masabih
Mishkat al-Masabih 5894
وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ قَالَ بَيْنَمَا نَحْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يَقْسِمُ قَسْمًا أَتَاهُ ذُو الْخوَيْصِرَة وَهُوَ رجلٌ من بني تَمِيم فَقَالَ يَا رسولَ الله اعْدِلْ فَقَالَ وَيلك وَمن يَعْدِلُ إِذَا لَمْ أَعْدِلْ قَدْ خِبْتَ وَخَسِرْتَ إِن لم أكن أعدل فَقَالَ عمر لَهُ ائْذَنْ لي أضْرب عُنُقه فَقَالَ دَعْهُ فَإِنَّ لَهُ أَصْحَابًا يَحْقِرُ أَحَدُكُمْ صَلَاتَهُ مَعَ صَلَاتِهِمْ وَصِيَامَهُ مَعَ صِيَامِهِمْ يَقْرَءُونَ الْقُرْآنَ لَا يُجَاوِزُ تَرَاقِيَهُمْ يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ كَمَا يَمْرُقُ السَّهْمُ مِنَ الرَّمِيَّةِ يُنْظَرُ إِلَى نَصْلِهِ إِلَى رُصَافِهِ إِلَى نَضِيِّهِ وَهُوَ قِدْحُهُ إِلَى قُذَذِهِ فَلَا يُوجَدُ فِيهِ شَيْءٌ قَدْ سَبَقَ الْفَرْثَ وَالدَّمَ آيَتُهُمْ رَجُلٌ أَسْوَدُ إِحْدَى عَضُدَيْهِ مِثْلُ ثَدْيِ الْمَرْأَةِ أَوْ مِثْلُ الْبَضْعَةِ تَدَرْدَرُ وَيخرجُونَ على حِين فِرْقَةٍ مِنَ النَّاسِ قَالَ أَبُو سَعِيدٍ أَشْهَدُ أَنِّي سَمِعْتُ هَذَا الْحَدِيثَ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَشْهَدُ أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ قَاتَلَهُمْ وَأَنَا مَعَهُ فَأَمَرَ بذلك الرجل فالْتُمِسَ فَأُتِيَ بِهِ حَتَّى نَظَرْتُ إِلَيْهِ عَلَى نَعْتِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الَّذِي نَعَتَهُ وَفِي رِوَايَةٍ: أَقْبَلَ رَجُلٌ غَائِرُ الْعَيْنَيْنِ نَاتِئُ الجبين كَثُّ اللِّحْيَةِ مُشْرِفُ الْوَجْنَتَيْنِ مَحْلُوقُ الرَّأْسِ فَقَالَ يَا مُحَمَّد اتَّقِ الله فَقَالَ: «فَمن يُطِيع اللَّهَ إِذَا عَصَيْتُهُ فَيَأْمَنُنِي اللَّهُ عَلَى أَهْلِ الْأَرْضِ وَلَا تَأْمَنُونِي» فَسَأَلَ رَجُلٌ قَتْلَهُ فَمَنَعَهُ فَلَمَّا وَلَّى قَالَ: «إِنَّ مِنْ ضِئْضِئِ هَذَا قَوْمًا يَقْرَءُونَ الْقُرْآنَ لَا يُجَاوِزُ حَنَاجِرَهُمْ يَمْرُقُونَ من الإِسلام مروق السهْم من الرَّمية يقتلُون أَهْلَ الْإِسْلَامِ وَيَدَعُونَ أَهْلَ الْأَوْثَانِ لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لأقتلنهم قتل عَاد» . مُتَّفق عَلَيْهِ
Abū Saʿīd al-Khudrī rapporte : « Alors que nous étions auprès du Messager d’Allah ﷺ, qui distribuait un butin, Ḏu al-Khuwayṣira, un homme de Banū Tamīm, vint lui dire : “Ô Messager d’Allah, sois juste !” Il répondit : “Malheur à toi ! Qui serait juste si je ne l’étais pas ? Tu serais perdu si je n’étais pas juste.” ʿUmar dit : “Permets-moi de lui trancher le cou.” Il répondit : “Laisse-le. Il aura des compagnons dont chacun jugera sa propre prière et son jeûne supérieurs aux leurs. Ils réciteront le Coran sans qu’il ne dépasse leurs clavicules. Ils sortiront de la religion comme une flèche traverse sa proie : on regarde sa pointe, l’endroit où elle s’emmanche, sa hampe et son empennage, sans y trouver la moindre trace [de la proie] ; la flèche a traversé avant que les excréments et le sang n’y adhèrent. Leur signe sera un homme noir dont l’un des bras ressemblera au sein d’une femme ou à un morceau de chair qui oscille. Ils apparaîtront au moment d’une division parmi les gens.” » Abū Saʿīd dit : « J’atteste avoir entendu ce récit du Messager d’Allah ﷺ et j’atteste que ʿAlī ibn Abī Ṭālib les combattit ; j’étais avec lui. Il ordonna qu’on recherche l’homme décrit. On l’amena, et je le vis conforme à la description du Prophète ﷺ. » Dans une autre version, un homme aux yeux enfoncés, au front proéminent, à la barbe épaisse, aux pommettes saillantes et au crâne rasé s’approcha et dit : « Muḥammad, crains Allah ! » Il répondit : « Qui obéirait à Allah si je Lui désobéissais ? Allah m’a confié les habitants de la terre, et vous ne me faites pas confiance ? » Un homme demanda à le tuer, mais le Prophète ﷺ l’en empêcha. Lorsque l’homme s’en alla, il dit : « De la descendance de celui-ci viendra un peuple qui récitera le Coran sans qu’il ne dépasse leur gorge. Ils sortiront de l’islam comme une flèche traverse sa proie. Ils tueront les musulmans et laisseront les idolâtres. Si je les atteins, je les tuerai comme le peuple de ʿĀd. » Rapporté par al-Bukhari et Muslim.