(Section III) - Section 1 Mishkat al-Masabih 3818

Texte arabe du hadith
وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَوْم الْفَتْح: ( «اهجرة بَعْدَ الْفَتْحِ وَلَكِنْ جِهَادٌ وَنِيَّةٌ وَإِذَا اسْتُنْفِرْتُمْ فانفروا»
Traduction

Ibn 'Abbas a rapporté que le Prophète a dit le jour de la conquête de La Mecque : « Il n’y a pas d’émigration après la conquête, mais seulement le jihad et une bonne intention ; Alors, quand tu seras appelé à combattre, sors. (Bukhari et Muslim.)

Commentaire

Aperçu & Thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam al-Bukhari et l'imam Muslim dans leurs recueils de Sahih, marque une transition cruciale dans l'histoire islamique. Le jour mémorable de la conquête de la Mecque (8 AH), le Prophète ﷺ a déclaré la cessation de la règle spécifique de l'émigration (hijrah) de la Mecque vers Médine, qui était obligatoire pour les musulmans afin de préserver leur foi. Le thème central est l'évolution de la dévotion islamique : la porte de la migration physique pour la liberté religieuse s'est fermée, mais les portes du jihad perpétuel—à la fois le grand combat contre soi-même et le petit combat pour défendre la vérité—et de l'intention sincère (niyyah) restent éternellement ouvertes. Cet enseignement redirige l'énergie du croyant d'un acte limité dans le temps vers un culte intemporel et continu par l'action et l'intention.

Contexte & Aperçus linguistiques

Le contexte historique (sabab al-wurud) est crucial : après la conquête pacifique de la Mecque, la ville est revenue à la gouvernance islamique, et la nécessité d'émigrer pour la sécurité et la pratique religieuse a cessé. Le terme arabe hijrah (هجرة) dérive de la racine h-j-r, signifiant « abandonner » ou « rompre les liens », indiquant l'acte de quitter sa patrie pour l'amour d'Allah. Le Prophète ﷺ a utilisé la négation emphatique lā hijrata baʿda al-fatḥ (لا هجرة بعد الفتح), clarifiant que l'obligation spécifique pour les Mecquois de migrer vers Médine était abrogée. Cependant, il qualifie immédiatement avec wa lākin jihādun wa niyyah (ولكن جهادٌ ونية) — « mais seulement le jihad et l'intention » — utilisant la forme indéfinie pour souligner sa nature continue et universelle. Le commandement fa-idhā nufirtum fa-nfirū (فإذا نُفرتم فانفروا) emploie l'impératif de nafara (aller de l'avant, marcher rapidement), soulignant l'obligation de répondre promptement lorsqu'on est appelé à défendre la communauté musulmane ou à s'engager dans une lutte juste.

Aperçus savants clés & Bénéfices juridiques

  • Abrogation de la règle de la hijrah : L'obligation d'émigrer de la Mecque vers Médine a pris fin avec la conquête, car la ville est devenue une terre d'islam. Cependant, des savants comme l'imam al-Nawawi clarifient que la hijrah dans le sens de quitter les terres de mécréance ou de péché reste valable jusqu'au Jour du Jugement, comme le Prophète ﷺ l'a dit : « La hijrah ne cessera pas jusqu'à ce que le repentir cesse » (Musnad Ahmad).
  • Le jihad comme obligation perpétuelle : Le hadith établit que le jihad—qu'il soit défense militaire, lutte intellectuelle ou purification spirituelle de soi—reste un devoir collectif (fard kifayah) et parfois individuel (fard 'ayn). L'imam Ibn Hajar al-Asqalani note que cela inclut la lutte contre ses propres désirs inférieurs (jihad al-nafs), qui est le plus grand jihad selon de nombreux savants.
  • La suprématie de l'intention sincère (niyyah) : L'association du jihad avec la niyyah indique que la valeur de toute action, y compris la guerre, est déterminée par son motif intérieur. Une personne qui se bat pour la gloire ou le butin n'obtient aucune récompense, tandis que celui qui se bat pour élever la Parole d'Allah atteint le martyre. Cela s'aligne avec le célèbre hadith : « Les actions ne valent que par les intentions » (Bukhari et Muslim).
« Le Prophète ﷺ n'a pas annulé la hijrah entièrement, mais plutôt la hijrah vers le Prophète ﷺ spécifiquement après sa résidence à Médine. La hijrah vers Allah et Son Messager—en abandonnant les péchés et en migrant des terres de mécréance—reste obligatoire pour chaque croyant jusqu'à ce que l'Heure soit établie. » — Imam Ibn Rajab al-Hanbali, Jami' al-'Ulum wa al-Hikam

Vie quotidienne & Application spirituelle

Dans notre contexte contemporain, ce hadith libère le croyant d'un attachement nostalgique à une époque passée et ancre la foi dans une action présente et continue. Premièrement, il nous appelle à reconnaître que notre « Mecque » est là où nous sommes : nos maisons, nos lieux de travail et nos communautés sont des arènes pour le jihad—s'efforcer d'établir la justice, dire la vérité et résister à l'oppression avec sagesse et courage. Deuxièmement, il élève le rôle de l'intention : avant chaque action—que ce soit étudier, travailler, élever une famille ou faire du bénévolat—nous devons purifier notre niyyah pour rechercher le plaisir d'Allah, transformant les actes banals en actes d'adoration. Troisièmement, il nous rappelle l'urgence de répondre aux appels au bien : lorsque nous sommes appelés à aider les opprimés, à soutenir une cause noble ou à défendre notre foi, nous devons « aller de l'avant » avec hâte et sincérité, sans procrastiner. Enfin, il enseigne que la plus grande migration aujourd'hui est la hijrah du cœur—abandonner les péchés, les environnements toxiques et la complaisance spirituelle—pour se rapprocher d'Allah. En incarnant cela, nous vivons l'esprit des paroles du Prophète ﷺ, faisant de chaque moment une opportunité pour le jihad et l'intention sincère.