عَن أبي طَلْحَة قَالَ: قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «لَا تَدْخُلُ الْمَلَائِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلَا تصاوير»
Traduction

'Abdallah b. Mas’ud a raconté qu’il a entendu le messager de Dieu dire : « Ceux qui recevront le châtiment le plus sévère de Dieu seront ceux qui font des représentations des choses. » (Al-musawwiruna. Il y a une divergence d’opinions quant à savoir si cela se réfère à ceux qui font des représentations snch comme des idoles à adorer, ou s’il s’agit de représentations de créatures vivantes en général.) (Bukhari et Muslim.)

Comment

Exposition du Hadith sur les Faiseurs d'Images

Cette narration du vénéré Compagnon 'Abdallah ibn Mas'ud, conservée dans les recueils authentiques de Boukhari et Mouslim, aborde la grave question de la fabrication d'images (taswir). Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a déclaré que les faiseurs d'images (al-musawwirun) subiront le châtiment le plus sévère au Jour de la Résurrection.

Interprétation Savante d'"Al-Musawwirun"

Le terme "al-musawwirun" a fait l'objet de discussions savantes. Certaines autorités, dont l'Imam Malik et l'Imam Ahmad dans une narration, soutiennent que l'interdiction s'applique spécifiquement à la création d'images d'êtres animés (dhawa al-arwah) - ceux possédant une âme, tels que les humains, les animaux et les anges. Cela est dû au fait que cette création imite le pouvoir créatif exclusif d'Allah.

D'autres savants, dont Abou Hanifah et Al-Chafi'i, distinguent entre les statues tridimensionnelles (tamathil) et les images bidimensionnelles (suwar). Ils considèrent que les statues sont plus sévèrement interdites car elles ressemblent davantage à la création d'Allah, tout en permettant les images qui sont dégradées ou servent un but nécessaire.

Fondements Théologiques de l'Interdiction

La sévérité de ce châtiment découle du défi à l'attribut exclusif d'Allah en tant qu'Al-Musawwir (Le Donneur de Formes). Comme Allah le déclare dans le Coran : "Il est Allah, le Créateur, l'Inventeur, le Donneur de Formes" (59:24). Le faiseur d'images rivalise ainsi avec la créativité divine.

De plus, l'interdiction vise à sauvegarder le monothéisme pur (tawhid) en empêchant les moyens qui pourraient mener à l'idolâtrie, car l'expérience historique montre que les images deviennent souvent des objets de vénération. Elle protège également contre la négligence du souvenir d'Allah et la distraction des cœurs des questions spirituelles.

Exceptions et Formes Permises

Les savants ont noté des exceptions incluant : les images d'objets inanimés (arbres, montagnes), les images nécessaires à des fins éducatives, les photographies requises pour les documents officiels, et les images où la tête est retirée ou la forme est suffisamment dégradée. Les poupées d'enfants sont permises selon la pratique de 'A'ichah (qu'Allah soit satisfait d'elle).

Conseils Pratiques pour les Croyants

Le croyant devrait éviter de fabriquer ou d'afficher des images d'êtres animés dans ses maisons et lieux de culte. Lorsque c'est nécessaire, il devrait opter pour les formes les moins répréhensibles et maintenir la conscience que cette interdiction protège ultimement notre relation avec le Créateur et préserve la pureté de l'adoration islamique.