عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: حَمَلْتُ عَلَى فَرَسٍ فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَأَضَاعَهُ الَّذِي كَانَ عِنْدَهُ فَأَرَدْتُ أَنْ أَشْتَرِيَهُ وَظَنَنْتُ أَنَّهُ يَبِيعُهُ بِرُخْصٍ فَسَأَلْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: «لَا تَشْتَرِهِ وَلَا تَعُدْ فِي صَدَقَتِكَ وَإِنْ أَعْطَاكَهُ بِدِرْهَمٍ فَإِنَّ الْعَائِدَ فِي صَدَقَتِهِ كَالْكَلْبِ يَعُودُ فِي قَيْئِهِ» . وَفِي رِوَايَةٍ: «لَا تَعُدْ فِي صَدَقَتِكَ فَإِنَّ الْعَائِدَ فِي صَدَقَتِهِ كالعائد فِي قيئه»
Traduction
'Umar b. al-Rhattab a dit

J’ai fourni à un homme un cheval pour qu’il puisse marcher dans le sentier de Dieu, mais comme celui qui l’avait ne s’en occupait pas bien, j’ai voulu l’acheter et j’ai pensé qu’il le vendrait à bas prix. J’ai donc demandé au Prophète, mais il a dit : « Ne l’achète pas, et ne reprends pas ce que tu as donné comme sadaqa, même s’il te le donne pour un dirham, car celui qui reprend ce qu’il a donné comme sadaqa est comme un chien qui retourne à son vomi. » Une version dit : « Ne reprends pas ce que tu as donné en sadaqa, car celui qui le fait est comme celui qui reprend ce qu’il a vomi. » (Bukhari et Mouslim.)

Comment

Zakat : Mishkat al-Masabih 1954

Ce récit du Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) établit un principe juridique et spirituel profond concernant l'aumône (sadaqa). L'interdiction de reprendre son aumône est absolue, quelles que soient les circonstances ou le prix offert. Le Messager d'Allah a utilisé l'analogie puissante d'un chien retournant à son vomi pour illustrer la dégradation spirituelle d'une telle action.

Commentaire des Savants

Les savants expliquent qu'une fois qu'un don charitable est donné avec l'intention de rechercher le plaisir d'Allah, il quitte définitivement la propriété de la personne. La transaction est complète aux yeux d'Allah. Chercher à le récupérer, même pour une raison légitime comme la mauvaise gestion du don par le bénéficiaire, annule la récompense spirituelle et reflète la cupidité et le regret d'un acte destiné à l'Au-delà.

Les deux versions du hadith soulignent la même règle à travers des métaphores légèrement différentes. Tant le "chien retournant à son vomi" que "celui qui reprend ce qu'il a vomi" transmettent une extrême répugnance. Cela indique la gravité du péché dans le cadre éthique islamique. L'acte est considéré comme un renversement d'une action pieuse, le transformant en une source de contamination spirituelle.

Cette règle s'applique largement à toutes les formes de sadaqa et s'étend au contexte moderne. Par exemple, si quelqu'un fait un don à une mosquée ou à une œuvre de bienfaisance, il ne peut pas ensuite exiger un remboursement, même s'il est en désaccord avec l'utilisation des fonds. La leçon est de donner sincèrement puis de se détacher complètement, en faisant confiance que la récompense est auprès d'Allah seul.