Clarifier les propos du prophète (saws) : « Insulter un musulman est une mauvaise action et le combattre est de l'incrédulité (Kufr) » Sahih Muslim 64 a

Texte arabe du hadith
حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ بَكَّارِ بْنِ الرَّيَّانِ، وَعَوْنُ بْنُ سَلاَّمٍ، قَالاَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ طَلْحَةَ، ح وَحَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ الْمُثَنَّى، حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ مَهْدِيٍّ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، ح وَحَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ الْمُثَنَّى، حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ جَعْفَرٍ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، كُلُّهُمْ عَنْ زُبَيْدٍ، عَنْ أَبِي وَائِلٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏سِبَابُ الْمُسْلِمِ فُسُوقٌ وَقِتَالُهُ كُفْرٌ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ زُبَيْدٌ فَقُلْتُ لأَبِي وَائِلٍ أَنْتَ سَمِعْتَهُ مِنْ عَبْدِ اللَّهِ يَرْوِيهِ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ نَعَمْ ‏.‏ وَلَيْسَ فِي حَدِيثِ شُعْبَةَ قَوْلُ زُبَيْدٍ لأَبِي وَائِلٍ ‏.‏
Traduction
Il est rapporté sous l'autorité de 'Abdullah b. Mas'ud que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a observé

Abuser un musulman est un outrage et se battre contre lui, c'est de l'incrédulité. Zubaid a dit : J'ai demandé à Abu Wa'il : L'avez-vous entendu de la part d'Abdullah qui l'a raconté du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ? Il a répondu : Oui. Mais il est fait mention de l'entretien entre Zubaid et Abu Wa'il dans le hadith rapporté par Shu'ba.

Commentaire

Aperçu et thème central

Ce hadith profond, rapporté par l'imam Muslim dans Le Livre de la Foi (Sahih Muslim 64 a), établit une frontière critique dans l'éthique et la théologie islamiques concernant le caractère sacré de l'honneur et de la vie d'un musulman. Le Prophète ﷺ déclare que l'insulte verbale d'un croyant constitue un acte de transgression (fusuq), tandis que le combat physique contre un croyant équivaut à de la mécréance (kufr). Le thème central est l'inviolabilité absolue de la personne et de la dignité d'un musulman, servant de principe fondamental pour l'harmonie communautaire et la préservation spirituelle. Le hadith distingue entre les péchés majeurs qui corrompent l'état moral et les actes qui placent une personne hors du giron de la foi, soulignant la gravité de la violence et de l'agression verbale entre musulmans.

Contexte et perspectives linguistiques

Le hadith a été rapporté par Abdullah ibn Mas'ud (qu'Allah l'agrée), qui l'a directement entendu du Messager d'Allah ﷺ. Le sous-rapporteur Zubaid a demandé à Abu Wa'il de confirmer la chaîne de transmission, soulignant la méticulosité de la transmission du hadith. Linguistiquement, le terme sibb (سب) fait référence à l'insulte, à la diffamation ou à la calomnie d'une autre personne, tandis que qital (قتال) désigne le combat ou la lutte. Le mot fusuq (فسوق) signifie une désobéissance grave qui dévie de l'obéissance à Allah, et kufr (كفر) dans ce contexte est interprété par les savants soit comme une mécréance littérale (si l'on considère le combat comme permis), soit comme un acte qui ressemble fortement aux caractéristiques des mécréants, sans nécessairement expulser de l'Islam. Le Prophète utilise les formes nominales verbales pour indiquer la sévérité et la nature catégorique de ces interdictions.

Aperçus savants clés et bénéfices juridiques

  • L'insulte verbale d'un musulman est un péché majeur (fusuq) qui corrompt l'intégrité morale et religieuse, nécessitant le repentir et la réparation de l'honneur de la victime.
  • L'agression physique contre un croyant est assimilée à la mécréance (kufr) dans sa gravité ; les savants précisent que cela fait référence à celui qui considère ce combat comme licite, ou comme une hyperbole pour dissuader les croyants de la violence mutuelle.
  • Le hadith établit le principe juridique de l'inviolabilité de la vie, des biens et de l'honneur d'un musulman, formant la base de la jurisprudence pénale et éthique islamique concernant les voies de fait et la diffamation.
"L'imam An-Nawawi explique : 'L'interprétation correcte de kufr ici est le kufr de l'ingratitude et du péché majeur, non le kufr qui retire de la religion, tant que le combattant ne le considère pas licite. C'est le consensus d'Ahl al-Sunnah.'"

Application quotidienne et spirituelle

Dans la vie quotidienne, ce hadith appelle chaque musulman à garder sa langue et ses mains contre les autres croyants. Il exige un profond respect de la dignité d'autrui, que ce soit dans les disputes animées, les échanges sur les réseaux sociaux ou les conflits communautaires. Le croyant doit cultiver la retenue, chercher une résolution pacifique et offrir des excuses sincères lorsqu'il a été lésé ou a lésé autrui. Spirituellement, cet enseignement purifie le cœur de la malice et de l'arrogance, favorisant une communauté bâtie sur l'honneur mutuel et la compassion. En intériorisant la gravité d'insulter ou de combattre un musulman, on élève sa pratique de l'Ihsan—agir avec excellence dans chaque interaction—et on protège sa propre foi de l'érosion causée par l'inimitié et la discorde.