Sahih Muslim
Sahih Muslim 728 c
La vertu des prières régulières de la sunna avant et après les prières obligatoires, et leur nombre
Texte arabe du hadith
وَحَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ بَشَّارٍ، حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ جَعْفَرٍ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنِ النُّعْمَانِ بْنِ سَالِمٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ أَوْسٍ، عَنْ عَنْبَسَةَ بْنِ أَبِي سُفْيَانَ، عَنْ أُمِّ حَبِيبَةَ، زَوْجِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ "مَا مِنْ عَبْدٍ مُسْلِمٍ يُصَلِّي لِلَّهِ كُلَّ يَوْمٍ ثِنْتَىْ عَشْرَةَ رَكْعَةً تَطَوُّعًا غَيْرَ فَرِيضَةٍ إِلاَّ بَنَى اللَّهُ لَهُ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ أَوْ إِلاَّ بُنِيَ لَهُ بَيْتٌ فِي الْجَنَّةِ " . قَالَتْ أُمُّ حَبِيبَةَ فَمَا بَرِحْتُ أُصَلِّيهِنَّ بَعْدُ . وَقَالَ عَمْرٌو مَا بَرِحْتُ أُصَلِّيهِنَّ بَعْدُ . وَقَالَ النُّعْمَانُ مِثْلَ ذَلِكَ .
Traduction
Umm Habiba, l’épouse du Messager d’Allah (ﷺ), a rapporté que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit
Si un serviteur musulman (d’Allah) prie pour Allah douze rak’ahs (de Sunan) chaque jour, en plus des obligatoires, Allah lui construira une maison au Paradis, ou une maison sera construite pour lui au Paradis. et je n’ai pas cessé de les observer après (l’avoir entendu du Messager d’Allah). (C’est ce qu’ont dit aussi 'Amr et Nu’man.)
Aperçu et thème central
Ce hadith profond, rapporté par l'imam Muslim dans *Le Livre de la Prière – Voyageurs* (Sahih Muslim 728 c), révèle l'immense récompense spirituelle attachée aux douze rak'ahs volontaires (rawatib) accomplies quotidiennement en plus des prières obligatoires. Le thème central est la promesse divine d'une maison au Paradis pour le croyant qui maintient constamment ces prières surérogatoires, soulignant le principe qu'Allah, dans Sa miséricorde infinie, accorde des récompenses magnifiques pour des actes de dévotion apparemment minimes. Le hadith souligne la vertu de la constance (mudawamah) dans le culte volontaire, transformant des actes routiniers en un moyen de se rapprocher d'Allah et d'obtenir la félicité éternelle.
Contexte et perspectives linguistiques
La narration est attribuée à Umm Habibah (qu'Allah soit satisfait d'elle), l'épouse du Prophète ﷺ, qui rapporte qu'elle a entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Si un serviteur musulman (d'Allah) prie pour l'amour d'Allah douze rak'ahs chaque jour, en plus des prières obligatoires, Allah lui construira une maison au Paradis. » Le terme arabe utilisé est thana 'ashrata rak'ah (douze rak'ahs), que les compagnons et les savants ultérieurs ont identifié comme les sunan régulières (rawatib) associées aux cinq prières quotidiennes : deux avant le Fajr, quatre avant le Dhuhr et deux après, deux après le Maghrib, et deux après le Isha. L'expression 'abdan musliman (un serviteur musulman) indique la sincérité et la dévotion, tandis que tatawwu'an (volontairement) souligne que ces prières ne sont pas obligatoires mais offertes par amour et obéissance. Le narrateur, 'Amr et Nu'man, affirment leur constance dans l'accomplissement de ces prières après avoir entendu le hadith, démontrant l'empressement des compagnons à agir selon les promesses prophétiques. La nuance linguistique de ghufira lahu ou buniya lahu (une maison sera construite) transmet une certaine garantie divine, comme si l'acte lui-même construisait une demeure dans l'au-delà.
Aperçus savants clés et bénéfices juridiques
Vie quotidienne et application spirituelle
Dans nos vies contemporaines, ce hadith sert de feuille de route pratique pour l'élévation spirituelle. Le croyant est encouragé à établir ces douze rak'ahs comme une habitude quotidienne inébranlable, les traitant comme des rendez-vous sacrés avec Allah. Cela exige de la pleine conscience (khushu') et de la ponctualité, en veillant à ce que les prières volontaires ne soient pas précipitées ou négligées au milieu des distractions mondaines. La récompense d'une maison au Paradis nous rappelle que nos routines quotidiennes—si elles sont imprégnées d'intention et de dévotion—deviennent des investissements dans l'au-delà. De plus, le hadith nous inspire à rechercher la constance plutôt que l'intensité ; même si l'on manque occasionnellement une prière volontaire, l'effort de revenir à la pratique est lui-même aimé d'Allah. En intégrant ces rawatib dans nos vies, nous sécurisons non seulement une demeure au Paradis mais aussi cultivons un cœur qui trouve la paix et la tranquillité dans le souvenir d'Allah, transformant notre existence mondaine en un acte de culte continu.